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Se nourrir du pain de vie

par John Ogwyn
(1949-2005)
Pain sans levain

Jésus-Christ déclara à la foule nombreuse qui L’écoutait : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jean 6 :35). Ces paroles furent prononcées au cours d’une des premières saisons de la Pâque pendant Son ministère (verset 4). Ceux qui L’écoutaient furent surpris et beaucoup de gens s’en sont étonnés depuis lors.

Le Christ poursuivit Son discours en ordonnant à Ses disciples : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde » (verset 51). À l’approche de la Pâque et des Jours des Pains sans Levain, il est très important que nous comprenions le sens profond du message du Christ.

Dans Exode 12, Dieu ordonna aux Israélites d’observer la Pâque et les Jours des Pains sans Levain comme une loi perpétuelle. Le levain et les produits levés devaient être ôtés de leurs maisons (versets 15 et 19) avant le début de la Fête des Pains sans Levain. Ils devaient ensuite s’abstenir de manger des produits levés (verset 15) pendant les sept jours de cette Fête.

Cependant, il ne s’agissait pas de la « Fête sans Pain », mais bien de la Fête des Pains sans Levain ! Les Israélites devaient remplacer leur consommation habituelle de pain levé par autre chose (verset 20) : du pain ne contenant pas de levure. Dans le processus de fabrication du pain, la levure provoque un dégagement de dioxyde de carbone qui fait gonfler ou lever la pâte. Les anciens Israélites utilisaient du levain pour faire lever la pâte. De nos jours, nous utilisons plutôt de la levure boulangère. Nous obtenons le même résultat avec de la levure chimique ou du bicarbonate de soude.

La Pâque s’observe le quatorzième jour du premier mois, pas au cours de l’un des sept jours de la Fête des Pains sans Levain (Lévitique 23 :5-6 ; Nombres 28 :16-17). Pourtant la Pâque a toujours été célébrée avec du pain sans levain, depuis son origine jusqu’à nos jours (Exode 12 :8). Il y a une raison importante à cela. Lors de Sa dernière Pâque avec les disciples, Jésus-Christ leur expliqua que le pain sans levain, qu’Il venait de bénir et de rompre, symbolisait Son propre corps (Matthieu 26 :26). La Pâque (jadis célébrée avec un agneau, mais désormais avec le pain et le vin), se focalise sur Jésus-Christ et Son sacrifice.

Dans 1 Corinthiens 5 :7-8, l’apôtre Paul nous explique que cette Fête doit être observée dans sa véritable dimension spirituelle, depuis que Jésus-Christ, notre Pâque, a été immolé pour nous. Le pain sans levain illustre la pureté et la vérité, qui nous renvoient une fois de plus à Jésus-Christ. Après tout, n’a-t-Il pas dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean 14 :6) ?

À l’approche de la saison pascale, nous ne devrions pas nous concentrer seulement à éliminer le levain de notre vie, mais aussi sur la nécessité de nous nourrir et d’apprécier le pain de vie, Jésus-Christ. Lors de la cérémonie de la Pâque et pendant les sept jours consécutifs de la Fête de Pains sans Levain, nous devons nous souvenir du Christ lorsque nous consommons du pain sans levain.

Nous ne devons pas nous contenter de manger des pains ou des gâteaux préparés sans agent levant. Nous devons nous apprécier spirituellement de ce qu’ils représentent : Jésus-Christ Lui-même. Le chiffre sept représente la perfection et l’achèvement pour Dieu. Une fête de sept jours nous rappelle que notre communion avec Jésus-Christ doit être complète. Cette pratique physique a pour but de nous rappeler les choses que nous devons intégrer dans notre vie, aujourd’hui et pour l’éternité.

La métaphore du pain de vie montre que nous devons être rassasiés en nous nourrissant du Christ. Comment cela est-il possible ? Examinons tout d’abord les explications de Jésus-Christ sur les objectifs de Sa venue.

Le début de Son ministère

Jésus-Christ, âgé d’environ trente ans, se rendit en automne au lieu où Jean-Baptiste prêchait et baptisait des gens (Luc 3 :23), dans une région du Jourdain située à environ 40 km de Jérusalem. Quelques semaines après avoir été baptisé, Jésus se retira dans le désert où Il jeûna pendant 40 jours avant de commencer Son ministère. À la fin de cette période, Satan est venu pour Le tenter, mais le Christ résista à ses tentations.

Ensuite, Jésus alla choisir Ses disciples. Il commença Son ministère public à Jérusalem à l’époque de la Pâque suivant Son baptême. Il enseigna dans le temple, Il y accomplit des miracles et Il « nettoya » ce lieu de façon spectaculaire. « Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple […] et il dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic » (Jean 2 :14-16).

Les dirigeants religieux furent abasourdis. Cependant, Jésus continua à accomplir des miracles qu’ils ne pouvaient réfuter.

Un de ces dirigeants, Nicodème, avoua en privé à Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3 :2). Après l’emprisonnement de Jean-Baptiste, vers la fin du printemps, Jésus retourna en Galilée avec Ses disciples. Il y débuta Son ministère le Jour de la Pentecôte, dans la synagogue de Sa ville, Nazareth.

S’étant levé pour lire, Il ouvrit le rouleau d’Ésaïe à la section qu’Il avait choisie et Il lut les paroles suivantes : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur » (Luc 4 :18-19). Puis Il annonça à l’audience que ces Écritures venaient de s’accomplir ce jour-là (verset 21).

Le ton était donné pour la suite de Son ministère, mais aussi pour notre époque car Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Hébreux 13 :8). Se nourrir de Jésus-Christ signifie se nourrir du même message qu’Il proclama au cours de Son ministère. En consommant le pain de vie, nous sommes nourris par Jésus-Christ et par toutes ces choses qu’Il a offertes à ceux qui L’écoutaient. Examinons brièvement ce que le Christ annonça au début de Son ministère, dans la synagogue de Nazareth.

Annoncer l’Évangile aux pauvres

Jésus-Christ était venu apporter un message : la bonne nouvelle [l’Évangile] du Royaume de Dieu à venir (cf. Marc 1 :14). C’était un message d’espoir dans un monde où tout semblait désespéré. Non seulement la Judée était une province du puissant Empire romain, mais elle était aussi sous la coupe de la famille despotique d’Hérode, qui agissait pour le compte de Rome. Le peuple était accablé par des dirigeants cruels et une imposition très lourde. Il n’y avait aucune éclaircie en vue.

Jésus de Nazareth arrivait avec un message d’espoir au milieu d’une communauté qui vivait dans la pauvreté et le désespoir. Il annonçait l’établissement d’un gouvernement mondial qui remplacerait celui des les Romains et de la famille d’Hérode. C’était le même Royaume annoncé par les prophètes dans les Écritures hébraïques. Le temps était venu pour ces gens de comprendre ce qu’était ce Royaume. Jésus expliqua à ceux qui L’écoutaient qu’ils pouvaient effectivement hériter le Royaume en tant qu’enfants de Dieu, en tant qu’héritiers directs de Dieu. Son message dépassait largement la compréhension des chefs religieux de l’époque.

Dans le sermon sur la montagne, Jésus expliqua la sorte de caractère que les prétendants à cet héritage doivent acquérir. Il ne cessa de développer ces mêmes principes dans des contextes différents pendant tout le restant de Son ministère.

Se nourrir de Jésus-Christ signifie s’alimenter de l’espérance qu’Il proclama. Sa vie entière fut bâtie sur la réalité du Royaume de Dieu, cette « perle de grand prix » d’une valeur inestimable. Il exhorta les gens à se préparer à tout abandonner pour obtenir un héritage dans le Royaume de Dieu (Matthieu 13 :44-45). À quel point ce Royaume est-il réel pour nous ? Avec quelle intensité le visualisons-nous dans notre esprit ?

L’apôtre Paul se nourrissait vraiment de Jésus-Christ, le pain de vie. « Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout ; je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ […] Ainsi je connaîtrai Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts » (Philippiens 3 :8-11).

Offrir la guérison

La guérison occupa une place importante dans le ministère de Jésus-Christ. C’était une preuve tangible non seulement de la puissance divine mais aussi de Sa grâce et de Sa compassion. Au cours de Sa dernière Pâque, le Christ expliqua à Ses disciples que le pain, qu’Il venait de bénir et de rompre, symbolisait Son corps brisé pour nous (1 Corinthiens 11 :24). Des années plus tard, l’apôtre Pierre expliqua que notre guérison avait été rendue possible par le sacrifice du Christ. Son corps fut brisé et battu pour nous, « lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris » (1 Pierre 2 :24).

La guérison miraculeuse de nos maladies et de nos infirmités physiques est une bénédiction merveilleuse. Il s’agit cependant d’un avantage physique temporaire, car notre corps physique est temporaire.

Dans la déclaration qu’Il fit à Nazareth, Jésus accentua un aspect de la guérison que nous oublions parfois. Il parla de guérir « ceux qui ont le cœur brisé ». Cette expression désigne littéralement ceux qui sont écrasés ou meurtris dans leur esprit. Jésus-Christ n’est pas venu seulement pour guérir les maladies visibles – comme Il l’a démontré tout au long de Son ministère – mais aussi pour guérir les infirmités intérieures du cœur et de l’esprit. Le mot traduit par guérison vient de l’hébreu shalom, qui a une connotation de paix et de plénitude.

Se nourrir de Jésus-Christ, le pain de vie, signifie aussi bénéficier de la libération qu’Il nous offre des souffrances intérieures et de l’agitation qui affaiblissent tant d’entre nous. Nous vivons dans un monde plongé dans la peur, la souffrance et la douleur. De façon significative, ces mots apparaissent pour la première fois dans la Bible au chapitre 3 de la Genèse, lorsque Dieu expliqua à Adam et Ève les conséquences de leur péché. La guérison, qu’elle soit physique, émotionnelle ou mentale, est la preuve de la puissance divine à pardonner les péchés et à en diminuer les conséquences.

De nombreux facteurs dans notre vie ont contribué aux blessures et aux souffrances internes que nous subissons tous. La bonne nouvelle est que nous pouvons en être délivrés. Une des raisons de la première venue du Christ était de guérir les gens écrasés et meurtris au fond de leur être. Consommer ce pain de vie nous comble d’une paix intérieure rendue possible grâce à la confiance en Jésus-Christ et en Son amour. La foi qu’engendre cette manifestation d’amour et de puissance du Christ nous ouvre l’accès à toutes sortes de guérisons.

La douleur et la souffrance ne seront totalement éradiquées de ce monde qu’après l’établissement d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre, dont parle Apocalypse 21 :1-4, mais nous pouvons d’ores et déjà en avoir un avant-goût. Cette paix intérieure qui surpasse toute intelligence (Philippiens 4 :7) est désormais à notre disposition. L’apôtre Paul se languissait d’être prisonnier des Romains lorsqu’il écrivit aux Philippiens, mais il était rempli de cette paix intérieure. La paix et la plénitude régnaient dans son esprit car il se nourrissait pleinement de Jésus-Christ. Sa vie était basée sur la consommation et l’appréciation du pain de vie.

Acquérir une nouvelle vision

Jean 9 rapporte un des miracles les plus remarquables du Christ : la guérison d’un aveugle de naissance. Cet événement, qui eut lieu pendant une Fête du Dernier Grand Jour (Jean 7 :37), symbolisait l’époque où toute l’humanité sera délivrée de son aveuglement spirituel.

La vue physique est très importante, mais la vision spirituelle l’est davantage. Celle-ci nous permet de voir la vérité divine. Nous vivons dans un monde plongé dans les ténèbres spirituelles, mais Jésus-Christ est venu en tant que Lumière du monde. C’est cette Lumière qui nous apporte la vision spirituelle.

Nous avons besoin de ce don de la vision pour nous voir tels que nous sommes et pour discerner correctement Dieu et Son dessein. Cela nous permet de distinguer correctement les choses et de comprendre ce qui nous entoure. Si Dieu ne nous offrait pas cette vision spirituelle, nous ne pourrions même pas entamer notre cheminement spirituel qui mène à Son Royaume. Mais si nous nous nourrissons du Christ, alors nous nous nourrissons de la source donnant la vision et la perception. L’exemple parfait de Sa vie et la clarté de Ses enseignements s’associent alors à Sa présence en nous pour nous guider à travers un monde séduit par le prince des ténèbres.

Le recouvrement de la vision spirituelle n’est possible qu’à ceux qui se nourrissent du pain de vie.

Délivrance et liberté

La liberté a toujours été attirante pour les êtres humains. Jésus-Christ a déclaré qu’Il était venu proclamer la délivrance aux captifs et libérer les opprimés. De quelle captivité devons-nous être délivrés ? Qu’est-ce qui nous opprime et nous prive de la liberté ? La réponse tient en deux mots : le péché !

Des théologiens séduits présentent souvent la loi divine comme des chaînes qui nous asservissent. Ils prétendent que le Christ serait venu nous libérer de la loi qu’ils dépeignent comme un joug de servitude. Rien n’est plus faux !

L’apôtre Paul comprenait profondément la délivrance et la liberté que Jésus-Christ était venu nous offrir. Notez ce qu’il expliqua dans Romains 6 :16-18 : « Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? Mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. »

Le péché est clairement le facteur d’asservissement qui nous rend tous captifs. Mais Jésus-Christ a vaincu le péché et Il en a payé l’amende à notre place. « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6 :23).

Il n’existe qu’une seule façon d’échapper à la peine de mort causée par le péché et la Pâque nous le rappelle chaque année, lorsque nous partageons les symboles du sacrifice de notre Sauveur. Aucune de nos bonnes actions présentes ou futures ne pourra jamais expier le péché. Seul le sang versé de Jésus-Christ en est capable.

Le monde entier est retenu captif par Satan le diable, cet esprit méchant qui agit dans les fils de la rébellion. Mais Jésus-Christ a triomphé de Satan et Il a vaincu le monde (Jean 16 :33). À travers Lui, nous pourrons connaître la liberté glorieuse réservée aux fils de Dieu.

Consommer le pain de vie permet d’accéder au pardon rendu possible par le sacrifice du Christ. Il a rendu possible le fait que nous puissions être délivrés de l’emprise du péché dans notre vie.

Si nous nous nourrissons véritablement de Jésus-Christ, nous sommes alors remplis d’espérance, de guérison intérieure, d’une vision claire, de délivrance et de liberté. Nous sommes rassasiés par ce qui nous nourrit et nous maintient en vie, maintenant et pour l’éternité.

Soyons pleinement conscients de ce que représente le pain sans levain, lorsqu’il nous sera présenté le soir de la Pâque, puis lorsque nous en mangerons pendant les sept jours de la Fête des Pains sans Levain. Jésus a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi […] Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (Jean 6 :56-58).

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