Quarante ans après le décès de M. Herbert Armstrong

par Gerald Weston

Au cours de la vie, certains événements restent gravés à jamais dans votre mémoire. Ce fut mon cas lorsque j’appris le décès de M. Armstrong.

Au cours de la vie, certains événements restent gravés à jamais dans votre mémoire. Vous vous souvenez de l’endroit où vous étiez, ce que vous faisiez et qui était en votre compagnie. Ce fut mon cas lorsque j’appris le décès de M. Herbert Armstrong.

Sa mort était attendue, mais ce fut tout de même un choc. Dieu l’avait utilisé pour m’appeler et il avait été la personne ayant le plus influencé ma vie au cours des 25 années précédentes. Il était évident que sa mort marquerait un tournant pour l’Église, mais nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait. Le 16 janvier 2026 marque le 40e anniversaire de son décès. Ceux qui ont rejoint l’Église au cours des 40 dernières années n’ont eu aucune interaction personnelle avec l’homme que Dieu utilisa pour établir ce que beaucoup d’entre nous croient fermement être l’ère de Philadelphie de l’Église de Dieu. Avec le temps, rares sont ceux qui l’ont connu personnellement.

La puissance avec laquelle Dieu a utilisé M. Armstrong sera le sujet de la vidéo L’arrière-scène de l’Œuvre qui sera diffusée cette année pendant la Fête des Tabernacles. Dans cet éditorial, je ne tenterai donc pas de retracer ce que Dieu a accompli à travers lui. Je souhaite plutôt vous relater mes propres expériences avec lui.

Une vie abondante

J’ai rencontré M. et Mme Armstrong pour la première fois en 1965 lors d’une réception pour les étudiants à l’Ambassador College de Pasadena, en Californie. C’était une occasion officielle très excitante, montrant dès le début que M. Armstrong avait des critères élevés. La vision qu’il avait pour ce collège (établissement de niveau universitaire aux États-Unis) était remarquable : le campus était magnifiquement aménagé et entretenu ; de plus, chaque étudiant travaillait d’une manière ou d’une autre pour le collège ou l’Église.

J’ai travaillé pendant deux ans et demi dans l’équipe d’entretien où j’ai appris l’excellence et l’importance des détails. Ceux qui ont feuilleté un des albums de fin d’année du collège sont frappés par la beauté des trois campus de l’Ambassador College. M. Armstrong nous enseigna également l’excellence du caractère, même si nous n’y avons pas toujours répondu parfaitement.

Ma première année coïncidait avec la dernière fois où il enseigna intégralement le cours « Principes de vie ». Il souhaitait que nous nous distinguions des établissements d’enseignement traditionnels qui abordaient l’éducation sexuelle d’une manière radicalement différente, avec des résultats radicalement différents. Il comprenait que la sexualité était un don de Dieu et non un objet avec lequel nous pourrions jouer en dehors du mariage. Je lui suis éternellement reconnaissant pour les valeurs qu’il nous enseigna à propos des fréquentations et des relations appropriées. Carol et moi sommes mariés depuis 56 ans et nous savons que les enseignements reçus à l’Ambassador College ont contribué à cette réussite. Les valeurs que M. Armstrong inculqua aux étudiants nous furent très utiles.

Au cours de ces années-là, je l’ai entendu en personne prononcer de nombreux sermons, exposés et études bibliques. En plus d’assister à ses cours pendant un an, nous avons eu le privilège de faire partie d’une des premières classes invitées en petits groupes à des dîners officiels chez lui. Mon épouse faisait partie des étudiantes qui eurent l’occasion de servir lors de certains de ces dîners, ainsi que dans la salle à manger du corps enseignant. M. Armstrong comprenait que nous serions des rois et des dirigeants dans le Royaume de Dieu, c’est pourquoi il souhaitait que nous apprenions à savoir nous comporter lors d’occasions formelles. Après les années de collège, j’ai apprécié les visites annuelles qu’il effectuait aux sites de Fête, où il rencontrait le ministère et nous donnait des conseils, comme un grand-père s’adressant à ses petits-enfants.

C’est au cours d’une de ces visites, à Wisconsin Dells en 1974, qu’il m’ordonna ministre. Un de mes souvenirs les plus mémorables remonte à 1983, lors du programme éducatif d’été à Orr, dans le Minnesota. Six d’entre nous étaient réunis dans un chalet et il nous parla de manière spontanée, répondant à nos questions pendant environ trois heures.

La plupart des gens connaissaient M. Armstrong grâce à la radio et à ses prises de parole devant un large public, comme lors de la Fête des Tabernacles. Cependant, je le trouvais plus percutant lorsqu’il s’adressait de manière informelle à de petits groupes. Que ce soit avec des ministres pendant la Fête, chez lui lors d’un dîner privé ou dans un chalet du Minnesota, cela faisait ressortir sa personnalité. Comme Jésus l’a dit : « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Matthieu 12 :34) et M. Armstrong semblait profondément sincère, honnête et ouvert. Il se concentrait sur la vue d’ensemble de ce que Dieu accomplit ici-bas et sur l’Œuvre à laquelle il avait été appelé. C’est sans doute pour cette raison qu’il fut invité à rencontrer de nombreux dirigeants à travers le monde, comme des rois, des présidents, des Premiers ministres et des empereurs. Il devint même ami avec certains d’entre eux.

Certains ont critiqué M. Armstrong pour avoir offert des objets en cristal de Steuben à des chefs d’État, mais il comprenait le protocole approprié lorsqu’il rendait visite à ces dirigeants et ses cadeaux n’avaient rien à voir avec l’obtention d’invitations. Cependant, une porte s’ouvrit en 1968 lorsque le roi Léopold III de Belgique vit, dans des circonstances inhabituelles, l’album de fin d’année 1965 du collège. En le feuilletant, le roi déclara qu’il souhaitait rencontrer l’homme responsable de cela. Le public était non seulement impressionné par la beauté des campus de l’Ambassador College, mais aussi par les étudiants eux-mêmes, car nous étions très différents des hippies des années 1960 et 1970, tant par notre apparence que par notre comportement. Ce fut le début de nombreuses visites d’État, car le bouche-à-oreille au sujet de M. Armstrong se répandit d’un dirigeant à l’autre.

Bien que la vue d’ensemble et l’Œuvre étaient prioritaires dans son esprit, il aimait le sport et les jeux de cartes. Un soir, alors qu’il avait dû renoncer à son billet en raison de la maladie de sa femme (qui finit par entraîner son décès le 15 avril 1967), son fils attrapa le premier étudiant qu’il rencontra et m’emmena ainsi à une compétition d’athlétisme en salle à Los Angeles. M. Armstrong aimait également le basket-ball et suivait les Lakers de Los Angeles, assistant parfois aux rencontres. Son jeu de cartes préféré était la Dame de Pique, où il aimait se débarrasser de la dame de pique en la donnant à M. Dibar Apartian ou à un autre adversaire.

Un émissaire de la vérité

Au cours de sa vie, l’impact de M. Armstrong sur la religion fut considérable. Nous pourrions dire qu’il « mit en lumière » les prophéties bibliques. Il est difficile de savoir combien de ministres protestants ou évangéliques ont lu ses ouvrages et écouté ses émissions de radio, mais leur nombre doit être considérable. Dans les années 1960, il était impossible de conduire de nuit en Amérique du Nord sans entendre sa voix ou celle de son fils à la radio, généralement à plusieurs reprises au cours du même trajet.

De nos jours, nous considérons souvent comme acquises de nombreuses doctrines que Dieu révéla par l’intermédiaire de M. Armstrong. L’une d’elles est le but de la vie : le fait que nous pouvons naître dans la famille de Dieu. C’est si évident dans les Écritures que nous pourrions nous demander pourquoi tout le monde ne comprend pas cela. Mais la réponse se trouve dans une autre doctrine que Dieu révéla à Son serviteur. Carol et moi étions encore à l’Ambassador College lorsque Dieu a commencé à ouvrir l’esprit de M. Armstrong afin de redécouvrir une doctrine. Il savait que la Bible n’enseigne pas que l’homme a une âme immortelle, mais il comprit aussi que l’homme a une intelligence supérieure à n’importe quelle autre créature physique. Il lui fallut plusieurs années pour comprendre la vérité à propos de l’esprit de l’homme, mais lorsque nous lisons désormais 1 Corinthiens 2 :11 et d’autres passages sur le sujet, cette vérité nous saute aux yeux.

Il y avait aussi des choses que M. Armstrong n’appréciait pas, comme la flatterie. Il comprenait profondément que c’est Dieu qui ouvrait les portes. Il comprenait aussi qu’il n’était qu’un outil entre les mains de Dieu pour accomplir Son Œuvre. Il déclara à plusieurs reprises que Dieu aurait pu appeler des hommes plus intelligents et plus compétents que lui. Je l’entends encore s’exclamer : « Herbert Armstrong a commis des centaines d’erreurs ! » Il n’appréciait pas le statut de célébrité. Il souhaitait que les gens se souviennent de ce qu’il enseignait plutôt que de l’avoir rencontré.

Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir connu cet homme, mais surtout, je suis reconnaissant pour ce que Dieu a révélé par son intermédiaire : les vraies valeurs, le but de la vie, ainsi que le chemin vers l’éternité. Ces vérités, transmises par ce remarquable homme de Dieu, sont ce dont je me souviens le plus, 40 ans plus tard.