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La scène se déroule vers le 8e siècle av. J.-C. dans la capitale assyrienne de Ninive. Cette ville s’étendait sur plus de 11 km de circonférence et abritait environ 120 000 personnes dans son enceinte. L’Empire assyrien, connu pour sa violence et sa brutalité, régnait d’une main de fer. Au cœur de cet Empire marchait un prophète israélite solitaire. « La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une seconde fois, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et proclames-y la publication que je t’ordonne ! Et Jonas se leva, et alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Or Ninive était une très grande ville, de trois jours de marche. Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche ; il criait et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite ! Les gens de Ninive crurent à Dieu, ils publièrent un jeûne, et se revêtirent de sacs, depuis les plus grands jusqu’aux plus petits. La chose parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre. Et il fit faire dans Ninive cette publication, par ordre du roi et de ses grands : Que les hommes et les bêtes, les bœufs et les brebis, ne goûtent de rien, ne paissent point, et ne boivent point d’eau ! Que les hommes et les bêtes soient couverts de sacs, qu’ils crient à Dieu avec force, et qu’ils reviennent tous de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains sont coupables ! Qui sait si Dieu ne reviendra pas et ne se repentira pas, et s’il ne renoncera pas à son ardente colère, en sorte que nous ne périssions point ? Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu se repentit du mal qu’il avait résolu de leur faire, et il ne le fit pas » (Jonas 3 :1-10). L’Assyrie était une nation brutale, connue pour son oppression impitoyable à l’encontre des tribus du nord d’Israël et de nombreux autres peuples. La culture ninivite était païenne, violente et barbare. Vous semble-t-il exagéré qu’ils aient écouté un prophète israélite apparemment impuissant ? Pourquoi ne l’ont-ils pas simplement tué et continué à mener leur vie habituelle ? S’agit-il simplement d’une histoire fantaisiste, d’une légende qui s’est retrouvée d’une manière ou d’une autre dans le canon biblique ? Jésus-Christ a désigné le signe, ou le miracle, du prophète Jonas comme la seule preuve qu’Il était le Messie (Matthieu 12 :39-40). Notre foi en Christ est-elle fondée sur un mythe ? Lorsque nous examinons d’autres passages bibliques et le contexte historique de l’époque de Jonas, nous n’avons aucune raison de douter que les événements décrits dans le livre de Jonas se sont déroulés exactement comme ils sont rapportés. Il est essentiel de comprendre pourquoi le Christ a qualifié ces événements de signe de Sa messianité. Même les païens craignaient le Dieu d’IsraëlExaminons premièrement l’histoire des Assyriens et de leur capitale Ninive. L’Empire assyrien est largement considéré comme un des plus violents de l’Histoire. Des reliefs sculptés dans la pierre, mis au jour dans les ruines de Ninive, dépeignent de manière vivante les pratiques brutales employées par les Assyriens pour soumettre leurs ennemis. Ces sculptures étaient un message adressé aux peuples conquis : soumettez-vous ou mourez. Par la terreur et la cruauté, les Assyriens contrôlaient et asservissaient ceux qu’ils avaient conquis, leur imposant des tributs et des travaux forcés comme prix à payer pour leur survie. Lorsque les dix tribus du nord d’Israël se séparèrent de Juda et de Benjamin sous le règne de Roboam, fils de Salomon, Israël tomba rapidement dans l’idolâtrie sous Jéroboam, leur nouveau roi. Cela les conduisit finalement à la défaite et à la captivité d’Israël par l’Assyrie, comme Dieu l’avait prophétisé (Amos 5 :27 ; 7 :17). Le rejet du sabbat par les Israélites leur fit perdre leur identité nationale, tandis que Juda conserva la sienne, car il continua d’observer le sabbat (Exode 31 :12-17). Dieu qualifia l’Assyrie de « verge de [Sa] colère » pour punir Israël (Ésaïe 10 :5). Lorsque l’Assyrie devint l’instrument du jugement de Dieu, ce fut en effet un instrument terrible. Bien que les Assyriens et les autres nations païennes préféraient leurs propres idoles, la Bible rapporte qu’ils connaissaient souvent l’existence du Dieu d’Israël. De génération en génération, ils savaient qu’Il était un Être vivant doté d’une puissance extraordinaire, en particulier lorsqu’Il punissait ceux qui s’opposaient à Lui ou à Son peuple. Ils résistaient toujours à Ses lois, mais de nombreux exemples bibliques montrent que les nations païennes craignaient le Dieu d’Israël (voir 1 Samuel 4 :7-8 ; 5 :10-11 ; 6 :20 ; Daniel 3 :26 ; Esdras 1 :2 ; 7 :15 ; 7 :23 ; Néhémie 9 :10 ; 2 Chroniques 2 :12). Bien qu’elles aient eu peur du Dieu d’Israël, ces nations païennes ne L’adoraient pas pour autant, car elles ne voulaient pas vivre selon les normes morales qu’Il avait établies. Cette tendance persiste à notre époque, car la plupart des gens vivent selon les voies du royaume de Satan plutôt que selon la vérité de Dieu. Comme l’a expliqué notre Sauveur, bien que « la lumière [soit] venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3 :19). La Bible montre à de nombreuses reprises que les peuples païens qui entouraient Israël, y compris les Assyriens, connaissaient et craignaient le Dieu d’Israël. Jonas est mentionné ailleurs dans la Bible comme un prophète respecté en Israël. Le livre éponyme commence à l’identifier au travers de sa famille : « La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa méchanceté est montée jusqu’à moi » (Jonas 1 :1-2). Nous voyons également Jonas faire une prophétie cruciale à Jéroboam le second d’Israël. Israël avait été sévèrement opprimé, peut-être même au point d’être presque exterminé. Dieu envoya Jonas au roi pour lui dire de se rebeller contre les oppresseurs d’Israël. Jéroboam suivit les instructions de Jonas et les terres d’Israël furent entièrement restaurées dans leurs frontières d’origine, redonnant vie à Israël en tant que nation. Ce fut une catastrophe pour l’Assyrie, qui s’en souvint assurément. « La quinzième année d’Amatsia, fils de Joas, roi de Juda, Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël, régna à Samarie. Il régna quarante et un ans. Il fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel ; il ne se détourna d’aucun des péchés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël. Il rétablit les limites d’Israël depuis l’entrée de Hamath jusqu’à la mer de la plaine, selon la parole que l’Éternel, le Dieu d’Israël, avait prononcée par son serviteur Jonas, le prophète, fils d’Amitthaï, de Gath-Hépher. Car l’Éternel vit l’affliction d’Israël à son comble et l’extrémité à laquelle se trouvaient réduits esclaves et hommes libres, sans qu’il y ait personne pour venir au secours d’Israël. Or l’Éternel n’avait point résolu d’effacer le nom d’Israël de dessous les cieux, et il les délivra par Jéroboam, fils de Joas » (2 Rois 14 :23-27). Bien que Jéroboam le second se soit adonné à l’idolâtrie, il était toujours disposé à faire ce qu’un prophète de l’Éternel lui ordonnait ; Jonas devait être reconnu comme un prophète crédible. Les Assyriens se souvinrent certainement plus tard de ce qui s’était passé et pourquoi. La rébellion d’Israël devait sembler impensable à l’époque, mais, sur la parole de ce prophète particulier, Israël avait réussi à se rebeller et à regagner son territoire. Les Ninivites avaient donc de bonnes raisons de croire que les déclarations de Jonas, aussi invraisemblables fussent-elles, pouvaient être de mauvais augure pour Ninive. Comme nous l’avons vu, les événements du livre de Jonas ne sont pas farfelus lorsqu’on les replace dans leur contexte historique. Nous lisons que lorsque l’équipage comprit l’identité de Jonas, il fut saisi d’une grande crainte (Jonas 1 :9-10). Le navire sur lequel il avait voyagé dut retourner à son port d’attache après la disparition du prophète, car son équipage avait jeté toute la cargaison par-dessus bord. Une fois arrivé au port, l’équipage a sans aucun doute raconté aux gens les événements extraordinaires qui s’étaient produits. Puis Jonas, bien vivant, apparut sur une plage, accompagné de son moyen de transport : un poisson gigantesque unique en son genre. Cela dut faire beaucoup de bruit. La nouvelle d’un tel événement impliquant un prophète bien connu a peut-être même atteint la lointaine ville de Ninive avant Jonas lui-même. Le roi et les nobles de Ninive prirent la décision éclairée de se repentir après avoir entendu la prédication de Jonas. Après tout, une des prophéties antérieures de Jonas leur avait valu un désastre. Ils avaient de bonnes raisons de croire que leur vie était en jeu. Terrifiés par la puissance du Dieu que Jonas représentait, ils savaient que ce Dieu ferait ce qu’Il avait dit par l’intermédiaire de Son prophète. Les Ninivites avaient beau être impitoyables et brutaux, ils n’étaient pas stupides. Lorsque nous examinons la repentance de Ninive dans le contexte de l’époque, il est clair que le roi de Ninive prit une décision rationnelle. Une prophétie importanteDieu demandait parfois à Ses prophètes de mettre en scène des prophéties pour les souligner, comme lorsqu’Il demanda à Ézéchiel de faire une maquette du siège imminent de Jérusalem (Ézéchiel 4 :1-3). De même, Dieu demanda à Jonas de mettre en scène une prophétie. L’Éternel Lui-même, qui devint Jésus de Nazareth, allait accomplir le signe de Jonas et accomplir ainsi cette prophétie. Le signe de Jonas est une des prophéties les plus importantes de la Bible, car c’est le seul signe donné par Jésus de Nazareth pour prouver qu’Il est le Messie. « Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas » (Matthieu 12 :39-41). Après avoir été baptisé par Jean-Baptiste, Jésus a dit : « Il est un baptême dont je dois être baptisé » (Luc 12 :50). Jésus demanda également à Ses disciples : « Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? » (Matthieu 20 :22, Ostervald). De quel autre « baptême » s’agissait-il ? Le Christ faisait référence à Sa mort et à Sa résurrection, accomplissant ainsi le signe de Jonas. Jésus assura à Ses disciples : « Vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé » (Marc 10 : 39). Ils avaient déjà reçu le baptême de Jean et, en tant que fidèles disciples du Christ, eux aussi mourraient et attendraient la résurrection. L’accomplissement par le Christ du signe de Jonas nous indique également une obligation qui nous incombe. Lorsque la foule demanda aux apôtres : « Hommes frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2 :37-38). Le mot grec traduit par « baptisé » est baptizo, qui signifie « immerger » (voir Matthieu 3 :13-17 ; 28 :19). Le Christ nous a dit de nous repentir de nos péchés (Marc 1 :15) et l’apôtre Paul a dit que « c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains 3 :20). Mais si la repentance change ce que nous ferons, elle ne peut changer ce que nous avons fait. Nous sommes coupables et souillés par nos péchés passés. Un seul remède peut nous purifier de cette culpabilité : le sacrifice du Christ. Il enlève la culpabilité de nos transgressions passées : « Vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé » (1 Corinthiens 5 :7). Même si nous menons une vie repentante, que nous obéissons à Dieu et respectons Ses commandements – ce qui est rendu possible par le Saint-Esprit divin qui habite en nous et nous transforme intérieurement (Romains 12 :2) – nous continuons à pécher et avons besoin d’un pardon constant (1 Jean 1 :8 à 2 :4). Le repentir et l’obéissance aux commandements que nous pourrions effectuer, aussi importants soient-ils, ne pourront effacer la culpabilité de nos péchés passés. Seul le sang versé par le Christ nous purifie de la culpabilité de nos péchés et nous justifie. Au cours de notre baptême, nous sommes ensevelis à l’image de la mort du Christ – cette mort qu’Il a connue en accomplissant le signe de Jonas. Dans sa lettre aux frères et sœurs de Rome, Paul expliqua que « nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection » (voir Romains 6 :1-5 ; Colossiens 2 :11-12). Au cours du baptême, nous nous joignons symboliquement à Lui dans la tombe, dans une image de Sa propre mort, suivie d’une image de Sa résurrection lorsque nous sortons de l’eau. Le choix par le Christ du signe de Jonas est intimement lié au fait qu’Il est le Sauveur, le seul moyen par lequel nous pouvons avoir la vie éternelle. En accomplissant le signe de Jonas, Il nous a montré le chemin par Son exemple. Il n’y a pas de vie si nous ne Le suivons pas dans cette tombe. La raison pour laquelle Jésus devait mourirNous avons tous péché et sommes privés de la gloire de Dieu (Romains 3 :23). Sans le Christ, tous portent la culpabilité de leurs péchés. Pour être libérés de cette culpabilité, nous devons être purifiés, sanctifiés et réconciliés avec le Père – et Jésus nous a ouvert la voie. Même la personne la plus juste ne peut y parvenir par elle-même. Dieu est saint et nous ne pouvons entrer dans Sa famille divine que si nous aussi sommes saints. Rien de pécheur ne peut s’approcher de Dieu (voir Ésaïe 59 :2). Si nous ne sommes pas purifiés de nos péchés et rendus saints, nous ne pourrons pas ressusciter à l’immortalité lors de la première résurrection, « car le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6 :23). Heureusement, grâce au Fils de Dieu, nous avons reçu la rédemption. Notre Père a rendu possible, par Jésus-Christ, que nous soyons complètement pardonnés et réconciliés avec Lui. Grâce au Christ, nous ne sommes plus responsables de la culpabilité de nos péchés passés. Pourquoi Jésus a-t-Il dû mourir ? Les péchés du monde devaient être placés sur un Être sans péché et infini afin d’être effacés. Seul le Christ, étant saint et sans péché, pouvait être ressuscité dans un corps glorifié et immortel. Pour que nous puissions ressusciter dans la gloire, nous devons être purifiés, saints et réconciliés, ce que le Christ a rendu possible. « Il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux [accomplissant le signe de Jonas] […] Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5 :15, 21). Qu’est-ce qui fut cloué au poteau ? Pas les commandements de Dieu, mais Dieu dans la chair, sur Lequel avaient été placés les péchés de l’humanité. Nos péchés ont été placés sur l’Agneau pascal de Dieu et ils ont été effacés par Sa mort. La mort du Christ a permis à ceux qui acceptent Son sacrifice d’être débarrassés de leur culpabilité : « Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions » (Psaume 103 :12). Nous commémorons cela chaque année lorsque nous célébrons la Pâque. Nous avons reçu l’instruction d’être « [baptisés] au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de [nos] péchés » (Actes 2 :38). Au travers de ce baptême, nous imitons la mort de Jésus. Jonas dut rester sous l’eau pendant trois jours et trois nuits, car c’était une prophétie. Et le signe de Jonas était le seul signe que Jésus donnerait comme preuve officielle qu’Il était bien le Sauveur. D’autres individus ont accompli des miracles, certains sont ressuscités d’entre les morts, mais la mort et la résurrection de Jésus, accomplissant le signe de Jonas, sont uniques. L’aventure de Jonas s’est produite en raison de ce que Jésus allait faire plus tard et non l’inverse. Nous entrons dans une « tombe liquide » et nous en ressortons à l’image de la mort et de la résurrection du Christ, attendant notre propre résurrection, dans une vie nouvelle, avec des corps immortels comme le Sien. La Pâque illustre la rédemption qui nous est accordée par Jésus-Christ. Sans cette rédemption de l’amende de nos péchés, il n’y a pas de vie éternelle. Alors que nous célébrons la Pâque cette année, gardons à l’esprit la grande prophétie de Jonas.
Article a399 – www.eglisedieuvivant.org
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