Donnez de vous-même

par Gerald Weston

La Fête des Tabernacles est un moment pour se réjouir en donnant et en partageant avec ceux qui ont moins de ressources.

Lorsque vous lirez ces lignes, la plupart d’entre vous aurez déjà commencé à vous préparer pour la Fête des Tabernacles depuis des mois. Vous savez où se situe votre site de Fête par défaut ainsi que d’autres sites dans la région, voire quelques sites à l’étranger où vous aimeriez peut-être vous rendre un jour.

Cependant, il y a quelque chose de bien plus important pour vivre pleinement cette Fête. Paul rapporta cet enseignement de Jésus : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20 :35). Cela peut sembler en contradiction avec le commandement de dépenser votre deuxième dîme épargnée pour profiter de « tout ce que votre cœur désire », comme un steak tendre et juteux, un carré d’agneau, un vin de haute qualité ou une bouteille rare. Ce commandement est même répété une seconde fois : « Tu achèteras avec l’argent tout ce que tu désireras […] tout ce qui te fera plaisir » (Deutéronome 14 :26). Lorsque j’étais encore immature au début de ma relation avec Dieu, avant mon baptême et encore quelques années après, je m’attachais surtout à faire ce qui me faisait plaisir, sans me rendre compte que Dieu avait l’intention de changer mon cœur (Hébreux 8 :10 ; Ézéchiel 11 :19-20 ; 36 :26-27).

Respecter Dieu tout en profitant des bénédictions

Ne vous méprenez pas : Dieu souhaite bel et bien que nous profitions du fruit de notre travail. Traditionnellement, au sein du judaïsme, l’Ecclésiaste est lu chaque année pendant la Fête des Tabernacles. Ce livre explique qu’il existe un temps pour travailler et un temps pour se réjouir des résultats de ce travail. Ce célèbre passage nous dit qu’il y a « un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté […] un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser » (Ecclésiaste 3 :2, 4). Le moment de danser viendra certainement lorsque Dieu rachètera et libérera Jacob au retour du Christ. Nous lisons souvent ce passage pendant la Fête :

« Ils viendront, et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion ; ils accourront vers les biens de l’Éternel, le blé, le moût, l’huile, les brebis et les bœufs ; leur âme sera comme un jardin arrosé, et ils ne seront plus dans la souffrance. Alors les jeunes filles se réjouiront à la danse, les jeunes hommes et les vieillards se réjouiront aussi ; je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai ; je leur donnerai de la joie après leurs chagrins. Je rassasierai de graisse l’âme des sacrificateurs, et mon peuple se rassasiera de mes biens, dit l’Éternel » (Jérémie 31 :12-14).

Le roi Salomon écrivit à propos de la futilité des efforts humains dans l’Ecclésiaste, mais il nous encouragea néanmoins à travailler et à profiter des fruits de notre labeur. « Il n’y a de bonheur pour l’homme qu’à manger et à boire, et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail ; mais j’ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu » (Ecclésiaste 2 :24).

Il répéta cette pensée au chapitre suivant, avec une légère nuance, affirmant que le fruit de notre travail est un don de Dieu. « J’ai reconnu qu’il n’y a de bonheur pour eux qu’à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie ; mais, si un homme mange, boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c’est là un don de Dieu (3 :12-13). Plus loin, Salomon évoqua les bienfaits de notre travail comme un héritage de Dieu. « Voici ce que j’ai vu : c’est pour l’homme une chose bonne et belle de manger et de boire, et de jouir du bien-être au milieu de tout le travail qu’il fait sous le soleil, pendant le nombre des jours de vie que Dieu lui a donnés ; car c’est là sa part » (5 :17).

Lorsque nous comprenons que la Fête des Tabernacles préfigure l’époque à venir du règne millénaire de Jésus-Christ, pendant lequel l’humanité profitera de la paix et de la prospérité, cette Fête devient également l’occasion de célébrer nos propres efforts. Cependant, pour vivre pleinement cette Fête, nous ne devons pas oublier que Dieu est en train de transformer notre cœur et notre esprit. Nous ne pouvons plus penser comme nous le faisions autrefois lorsque nous étions des nouveau-nés spirituels.

Notre nature, que Paul décrit comme « la loi du péché et de la mort » (Romains 8 :2), s’efforce constamment de remonter à la surface, à l’instar d’un ballon gonflé d’air qui aurait été plongé dans l’eau. Vous pouvez le maintenir sous l’eau, mais il remontera à la surface dès que vous relâcherez un peu votre prise. Cela peut se produire si nous nous laissons absorber par nos désirs et que nous en oublions la vue d’ensemble. Comme je le rappelle souvent, la Fête n’est pas un temps de vacances. Pour une partie de nos membres, le temps libre consacré à la Fête représente la majeure partie de leurs congés disponibles au travail ou à l’école, mais il s’agit avant tout du temps que Dieu nous a donné dans le but d’apprendre « à craindre toujours l’Éternel, [notre] Dieu » (Deutéronome 14 :23).

Que signifie la crainte de Dieu ? Certes, de la même manière qu’un enfant craint son père lorsqu’il s’est mal comporté en s’exposant aux conséquences de sa rébellion, nous devons craindre Dieu si nous nous détournons de Lui. Cependant, lorsque nous avons l’Esprit du Christ en nous, il ne n’agit pas de ce genre de crainte, mais plutôt d’un profond respect envers Dieu, en montrant une grande estime à Son égard. Individuellement et collectivement, lorsque nous étudions Sa parole et faisons preuve d’une attention bienveillante envers les autres, nous découvrons Sa voie et la sagesse qui s’en dégage. Nous apprenons à connaître Son caractère et Sa manière de penser.

Chaque bénédiction est une épreuve

Une personne non convertie pourrait assister à la Fête pour manger et boire selon ses désirs, mais Dieu attend bien davantage de notre part. Jésus a enseigné : « Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille ; car elle te sera rendue à la résurrection des justes » (Luc 14 :12-14). Ce passage reflète la manière de penser de Dieu. Or, nous devons apprendre Ses voies.

N’est-ce pas là ce qu’Il fit Lui-même en nous appelant à participer au festin des noces ? Qui d’autre appelle-t-Il, si ce n’est les faibles, les insensés, les humbles et les méprisés de ce monde, comme nous le rappelle l’apôtre Paul dans 1 Corinthiens 1 :26-29 ? Certes, Dieu a une autre motivation (le fait qu’aucune chair ne se glorifie en Sa présence), mais n’y a-t-il pas aussi un message plus large sur Sa façon de penser ?

La troisième saison des Fêtes est une époque de célébration. Pour ceux qui vivent dans l’hémisphère nord, l’été touche à sa fin et une grande partie des récoltes est effectuée. C’est le moment de profiter des fruits de nos efforts, mais pas de manière égoïste. Au cours de la Fête, Dieu nous accorde une abondance supérieure au reste de l’année, mais nous ne devons pas oublier tout ce que nous apprenons le reste du temps.

Il nous rend juste un peu plus riches pour la Fête afin de voir ce que nous ferons dans ces circonstances. Il est facile de penser à tout ce que nous désirons : découvrir de nouveaux endroits passionnants, emmener les enfants à Disneyland, profiter d’une croisière en mer ou passer du temps avec notre famille et nos amis proches. Cependant, la Fête représente bien plus que cela. C’est un moment pour se réjouir en donnant et en partageant avec ceux qui ont moins de ressources, ainsi qu’en apportant du réconfort aux personnes seules (Néhémie 8 :9-12).

Dieu souhaite que nous profitions des fruits de notre travail, comme Il nous le recommande :

« Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin ; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais. Qu’en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l’huile ne manque point sur ta tête. Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité ; car c’est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil » (Ecclésiaste 9 :7-9).

Cependant, nous ne devons jamais oublier les paroles de notre Sauveur disant qu’il y a « plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20 :35). Afin de passer la plus belle des Fêtes qui soit, profitez des bénédictions que Dieu vous accorde et donnez de vous-même sans compter !