La parabole de Lazare et de l’homme riche

par John Robinson

Comment pouvons-nous dépasser les malentendus habituels concernant cette parabole afin de bien comprendre les leçons qu’elle renferme ?

Ne trouvez-vous pas extraordinaire que l’intégralité du plan de Dieu, révélé dans les Écritures inspirées, puisse littéralement tenir sur vos genoux ? La Bible regorge d’une signification plus profonde et plus riche que n’importe quel autre document, mais ses nombreux récits, enseignements, leçons et prophéties nous sont présentés de manière remarquablement concise. Les paraboles de Jésus-Christ en sont un excellent exemple : les vérités essentielles de Dieu sont présentées sous forme de petites leçons concises qui, bien que difficiles à comprendre pour la plupart, recèlent un sens profond pour ceux à qui Dieu a ouvert les yeux.

L’histoire de Lazare et de l’homme riche est peut-être une des paraboles du Christ les plus mal comprises. Elle a été utilisée pour tenter de « prouver » certains faux enseignements fondés sur des conclusions et des hypothèses erronées. Beaucoup supposent qu’il s’agit de l’histoire d’un homme, un mendiant souffrant, qui meurt et qui monte au ciel, tandis qu’un autre homme, ayant mené une vie égoïste, est condamné au tourment éternel en enfer. Voici ce que nous lisons dans Luc 16 :19-31 :

« Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un des morts ressuscitait. »

Sans la compréhension dont nous disposons au sein de l’Église, il serait facile d’imaginer que Lazare monta au ciel et que l’homme riche fut en proie aux tourments éternels du feu de l’enfer. Comment pouvons-nous dépasser les malentendus habituels concernant cette parabole afin de bien comprendre les leçons qu’elle renferme ?

Analyser les paraboles

Quelques règles de base peuvent nous aider dans nos efforts pour saisir la profondeur des paraboles. Dans son article « Les leçons des paraboles du Royaume », M. John Ogwyn nous rappelait ce que nous devons garder à l’esprit lorsque nous cherchons à comprendre les paraboles du Christ :

« Qu’est-ce qu’une parabole au juste ? Le mot hébreu traduit par “parabole” dans Ézéchiel 17 :2 est traduit par “proverbe” dans le livre des Proverbes. Ce mot désigne une comparaison utilisée pour enseigner une leçon. Dans le Nouveau Testament, le mot grec parabole désigne un symbole ou une comparaison – et il est désormais utilisé tel quel dans la langue française. Dans Hébreux 9 :9, Paul utilisa le mot grec parabole – traduit ici par “symbole” – après avoir décrit la configuration et l’ameublement du tabernacle (puis du temple) qui symbolisait le plan de salut divin. »[1]

Les paraboles étant symboliques, une des règles pour les comprendre est que chaque personne, chaque chose ou chaque groupe présent dans une parabole représente un aspect différent de la compréhension. Nous le verrons avec la parabole de Lazare et de l’homme riche.

Une autre règle est que le public visé a son importance : à qui le Christ s’adresse-t-Il avec telle ou telle parabole ? S’agit-il des publicains (c.-à-d. des collecteurs d’impôts) ? De Ses disciples ? Des pharisiens ? De la population en général ? Connaître le public visé par la parabole apporte une compréhension essentielle.

Ensuite, nous devons comprendre quel est l’élément déclencheur de la parabole. Que se passe-t-il en toile de fond lorsque le Christ la présente ? Quel aspect de la discussion permet au Christ de savoir que c’est le moment idéal de parler en parabole ?

Enfin, quel est le thème central ? Les paraboles sont souvent reliées entre elles. L’Évangile selon Luc, qui rapporte la parabole de Lazare et de l’homme riche, est celui qui en contient le plus grand nombre. Celles-ci sont regroupées selon leurs thèmes centraux. Parfois, ces thèmes ne sont pas évidents au premier regard, mais rechercher le fil conducteur entre les paraboles peut vous aider à en comprendre le sens. Celle de Lazare et de l’homme riche se trouve dans Luc 16 qui contient plusieurs paraboles reliées entre elles par un thème central.

Le public : les pharisiens

Après avoir répertorié quelques principes de base, examinons le public auquel le Christ s’adressait lorsqu’Il présenta la parabole de Lazare et de l’homme riche. En réalité, ce discours commence un chapitre plus tôt lorsque le Christ donna les paraboles de la brebis égarée, de la drachme perdue, puis du fils prodigue. L’auditoire du Christ est clairement identifié : « Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s’approchaient de Jésus pour l’entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux » (Luc 15 :1-2).

Nous constatons immédiatement que l’auditoire du Christ était composé de publicains et de pécheurs, ainsi que de pharisiens qui entendaient la conversation. Les publicains et les pécheurs représentent souvent des individus comprenant qu’ils ne mènent pas une vie vertueuse ; le Christ pouvait attendre de ces personnes qu’elles soient disposées à L’écouter et à tirer des enseignements de Ses paroles. En revanche, ce n’était pas le cas des pharisiens.

Après avoir donné ces trois récits, Jésus enchaîna immédiatement sur une autre parabole, disant à Ses disciples : « Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens… » (Luc 16 :1). À ce stade, l’auditoire était composé de publicains, de pécheurs, de pharisiens et de scribes, ainsi que des disciples du Christ.

À la fin de cette quatrième parabole, nous lisons que « les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui » (verset 14). Au milieu du chapitre 16, le Christ s’adressa directement aux pharisiens, et Luc les qualifie de ce qu’ils étaient vraiment : des avares ou comme le traduit la version Semeur, des gens « très attachés à l’argent ». Cet amour de l’argent était un de leurs problèmes fondamentaux. Les pharisiens constituaient le public principal de la parabole de Lazare et de l’homme riche.

Le déclencheur : le défaut d’être très attaché à l’argent

Comme nous venons de le lire, les pharisiens étaient avares et « très attachés à l’argent ». Il s’agit de l’élément déclencheur de la parabole. En s’adressant aux pharisiens, « Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16 :15). Ce sont les thèmes clés du chapitre tout entier : les pharisiens ne servaient pas le bon Maître car ils étaient très attachés à l’argent.

« La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère » (Luc 16 :16-18).

Lorsque Jean-Baptiste débuta son ministère, le message du Royaume de Dieu commença à être prêché. Pourtant, beaucoup de ceux qui désiraient faire partie de ce Royaume résistèrent à ce qui est exigé de ceux qui y entreront. Le Christ qualifiait constamment la génération de Son époque de mauvaise et d’adultère.

Le thème central : servir le bon Maître

Quel est le thème central du chapitre où figure la parabole de Lazare et de l’homme riche ? Chaque section de l’Évangile selon Luc possède un thème. Le chapitre 15, où cette discussion a commencé, a pour thème la recherche des choses perdues. Le chapitre 16 aborde la manière dont nous gérons nos ressources, comme le temps et nos biens matériels, en mettant particulièrement l’accent sur la gestion de l’argent. Comment gérons-nous les richesses matérielles dont nous disposons ?

Avant de mentionner Lazare ou son riche voisin, le Christ présenta la parabole de l’économe infidèle. Que savons-nous de cette parabole ? Pris en flagrant délit d’activité délictueuse, cet économe fut néanmoins loué car il comprenait qu’il devait se construire un avenir et l’argent était un outil pour y parvenir. Un des thèmes de Luc 16 est que « vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ». Nous devrions utiliser l’essentiel de nos ressources pour nous assurer un avenir éternel.

Nous lisons à ce propos : « Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer » (Luc 16 :9). Ce thème revient tout au long de la Bible : nous devons réfléchir à ce que l’avenir nous réserve et prendre des dispositions en conséquence. Notez que ce que le Christ dit ensuite s’inscrit toujours dans ce thème central :

« Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Luc 16 :10-13).

La leçon principale est que nous avons tous le choix de décider qui nous allons servir. Serons-nous esclaves du Christ ou esclaves du péché ? Nous devons forcément servir soit l’un soit l’autre. Nous pouvons utiliser nos ressources pour assurer notre avenir en versant nos dîmes, en aidant les membres de nos congrégations, en accomplissant l’Œuvre et faisant du Christ notre Maître. Il n’y a aucune condamnation contre le fait de posséder des richesses ; l’accent est mis sur nos priorités dans l’utilisation de ces richesses.

Nous devons utiliser nos ressources, notre argent en l’occurrence, pour assurer notre avenir éternel. Nous ne devons pas donner la priorité à l’accumulation de richesses, comme le faisaient les pharisiens. Leurs tentatives pour amasser des richesses allaient souvent à l’encontre de la volonté divine, car beaucoup se servaient de leurs fonctions religieuses pour manipuler les gens. Ils allaient même jusqu’à utiliser le temple comme une source de revenus.

Lorsque nous arrivons enfin à la parabole de Lazare et de l’homme riche, le Christ dit aux pharisiens qu’ils se justifiaient eux-mêmes plutôt que d’accepter la correction, mais que Dieu connaissait leurs cœurs.

Le péché de l’homme riche

Le Royaume de Dieu est un sujet si vaste qu’aucune métaphore ne peut lui rendre pleinement justice. Les exemples utilisés par Jésus nous aident à comprendre différents aspects du Royaume et chacune de Ses paraboles illustre une leçon spécifique.

Quels sont les symboles clés auxquels nous devons prêter attention en parcourant cette parabole ? L’homme riche représente ceux qui aiment l’argent et qui, par conséquent, ne se sont pas assuré un avenir éternel. Lazare représente ceux qui ont fait des sacrifices dans cette vie afin de pouvoir s’assurer cet avenir éternel.

Dans son épître aux frères de Rome, l’apôtre Paul rappela qu’Abraham « reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi quand il était incirconcis, afin d’être le père de tous les incirconcis qui croient, pour que la justice leur soit aussi imputée » (Romains 4 :11). Abraham était et restera le père des croyants.

Si nous avançons dans la bonne direction – si nous avons répondu à notre appel, puis avons été baptisés, reçu l’imposition des mains et le Saint-Esprit divin – alors nous serons comptés parmi ceux qui possèdent « la foi d’Abraham, notre père à tous » (Romains 4 :16). Jésus déclara que les enfants d’Abraham accomplissent « les œuvres d’Abraham » (Jean 8 :39).

En gardant ces Écritures à l’esprit, nous pouvons comprendre l’époque à laquelle se déroule cette parabole. Quand Lazare sera-t-il emmené par les anges pour rencontrer Abraham ? Après sa résurrection, c’est-à-dire la première résurrection. Le fait que Lazare soit porté dans le sein d’Abraham revêt une signification particulière : cela indique une proximité similaire à celle éprouvée par Jean lorsqu’il se pencha en arrière et posa sa tête sur la poitrine du Christ lors de Son dernier repas avec les disciples.

Notez également la situation générale de Lazare et de son voisin riche. L’attitude de l’homme riche était tellement indifférente et méprisante que même les chiens faisaient preuve de plus de compassion envers Lazare que cet homme riche – ils venaient vers lui et lui apportaient un certain réconfort en léchant ses plaies. Cet homme très riche aurait facilement pu aider Lazare, mais il ne s’en est jamais soucié. En réalité, Lazare reçut plus de compassion et d’attention de la part des chiens errants que de ses semblables.

Le jugement ardent

Pour en revenir au récit, l’homme riche est décrit comme souffrant des tourments « dans le séjour des morts ». Nous devons garder à l’esprit que cette expression signifie simplement être dans la tombe. Pendant les trois jours et les trois nuits qui s’écoulèrent entre la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Il fut Lui aussi « dans le séjour des morts » (Actes 2 :27, 31). Par ailleurs, nous savons que « l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra » (Ézéchiel 18 :4) et Jésus Lui-même déclara que quiconque croit en Lui ne périra point, mais aura la vie éternelle (Jean 3 :16). Enfin, nous savons que la mort est comparée au sommeil, car « les morts ne savent rien » et « il n’y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts » (Ecclésiaste 9 :5, 10)

Bien que la parabole décrive l’homme riche subissant des tourments dans le séjour des morts, nous voyons bien qu’il ne s’agit pas d’un enfer qui serait un lieu de tourments, il s’agit simplement de l’état de mort. En revanche, après avoir été réveillé, c’est-à-dire ressuscité à la vie physique, il fut en proie aux tourments. Il aperçut de loin le Royaume de Dieu où Lazare se trouvait avec Abraham. L’homme riche ne le savait pas, mais il fut réveillé lors de la troisième résurrection. Lorsqu’il était dans la tombe, il n’avait aucune perception du temps. Il n’avait aucune idée des siècles qui s’étaient écoulés.

Pourquoi fut-il en proie aux tourments ? Le mot grec utilisé pour « tourment » est basanos, qui signifie métaphoriquement un « instrument de torture par lequel on est contraint de révéler la vérité ».[2] L’homme riche se torturait donc lui-même en endurant cette épreuve du jugement. D’une certaine manière il devait avoir le sentiment de ne pas avoir été jugé digne. Il se trouvait en dehors du Royaume de Dieu. Il était en proie aux tourments car il voyait le jugement approcher ; c’est pourquoi il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme » (Luc 16 :24). Il reconnut Lazare, peut-être seulement comme l’homme qu’il enjambait pour sortir de chez lui, quelqu’un qu’il ignorait la plupart du temps. Il pouvait voir la flamme, mais il n’était pas encore dans les flammes, bien que cela allait être la prochaine étape. Comme M. Ogwyn le faisait parfois remarquer, si vous étiez en proie aux flammes, vous ne voudriez pas quelques gouttes d’eau dans la bouche, vous voudriez une lance à incendie.

Il s’agit ici d’une description de la peur à l’état pur, le genre de peur si accablante que la bouche devient aussi sèche que du coton. L’homme riche est terrifié et il semble comprendre qu’un événement effroyable s’est produit. Il semble aussi comprendre que c’est irréversible et qu’il se trouve face au danger inévitable de ce jugement. Alors Abraham répondit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire » (Luc 16 :25-26).

La situation de l’homme riche ne peut plus changer. Il a déjà pris sa décision durant sa vie et l’heure du jugement a désormais sonné. À ce stade de l’histoire, tous ont eu une occasion équitable et certains ont pris la bonne décision. En revanche, ceux qui ont pris la mauvaise décision se réveillent lors de la troisième résurrection, voyant au loin le Royaume de Dieu, mais ils ne peuvent pas l’atteindre car il est séparé d’eux par un grand gouffre. Ils voient approcher le jugement éternel du feu. L’homme riche répondit à Abraham : « Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments » (Luc 16 :27-28). Une fois encore, il n’avait pas conscience du temps qui s’était écoulé ni du fait qu’il se trouvait désormais à la troisième résurrection.

« Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un des morts ressuscitait » (Luc 16 :31). Il s’agit d’une description des individus incorrigibles. Ceux-ci ne peuvent être ni corrigés, ni améliorés, ni changés. Cette parabole nous rappelle qu’en fin de compte il y aura des personnes qui refuseront d’accepter le mode de vie divin. Cela peut sembler inconcevable, mais il existe un état d’esprit qui refuse de renoncer à sa propre façon de faire les choses. Peu importe la manière dont Dieu essaie d’atteindre ces personnes : elles n’accepteront jamais Son mode de vie. Elles continueront à résister et si elles ne se repentent pas, elles se retrouveront à la troisième résurrection, confrontées à ce jugement.

Comment utilisons-nous nos ressources ?

Cette parabole s’adressait tout particulièrement aux pharisiens. Avant de rapporter les paroles du Christ, Luc rappela que les pharisiens étaient avares et très attachés à l’argent, puis Jésus déclara qu’ils cherchaient « à paraître justes devant les hommes ». Il est intéressant de noter la formulation employée (“… même si quelqu’un des morts ressuscitait”), car les pharisiens de l’époque du Christ allaient être confrontés à la résurrection d’entre les morts de deux personnes : un certain Lazare de Béthanie (le frère de Marthe et Marie) et, bien sûr, Jésus Lui-même.

Les pharisiens de l’époque du Christ allaient avoir connaissance de ces résurrections. Comment réagirent-ils ? Ils essayèrent de les dissimuler, de faire comme si cela ne s’était jamais produit. Ils tentèrent de soudoyer les soldats et toutes les personnes qui auraient pu parler. Ils continuèrent de refuser l’enseignement du Christ, même après qu’Il fut ressuscité d’entre les morts. Le récit ne précise jamais si l’homme riche était un pharisien, mais nous sommes en droit de nous le demander. Les principaux sacrificateurs (qui étaient sadducéens) voulurent aussi tuer Lazare de Béthanie après qu’il fut ressuscité (voir Jean 12 :9-11).

Matthieu rapporta une autre parabole du Christ sur un thème similaire :

« Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Lorsque le temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le produit de sa vigne. Les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, et lapidèrent le troisième. Il envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers ; et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage. Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? Ils lui répondirent : Il fera périr misérablement ces misérables, et il affermera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en donneront le produit au temps de la récolte » (Matthieu 21 :33-41).

Quel conseil avait donné le souverain sacrificateur lorsque les dirigeants juifs désiraient faire tuer le Christ ? Qu’il valait mieux qu’un homme meure plutôt que de perdre leurs positions. Voici un avertissement qui donne à réfléchir : « Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles […] C’est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Hébreux 10 :26-27, 31).

Bien qu’elle soit souvent mal comprise, la parabole de Lazare et de l’homme riche renferme une leçon simple, mais profonde, que nous pouvons saisir car Dieu nous l’a révélée par Son Esprit : nous devons employer le temps et les richesses matérielles dont nous disposons afin de montrer que l’Œuvre de Dieu est importante à nos yeux. Les pharisiens représentaient ceux qui ne pensent qu’à court terme, à l’instar d’Ésaü qui vendit son droit d’aînesse pour un bol de soupe. Ils utilisaient leurs ressources pour acquérir davantage de richesse, de pouvoir et de prestige pour eux-mêmes, sans se soucier de la réalité du Royaume de Dieu à venir.

L’homme riche représente ceux qui le sont du point de vue humain, tandis que Lazare était riche du point de vue divin, or c’est ce qui compte vraiment. Faites le bon choix !


1 Le Journal, septembre-octobre 2016, p. 6

2 Lexique grec de Thayer