Des leçons du veau d’or

par Rod McNair

Faisons-nous des choses qui pourraient amener Dieu à ne plus habiter parmi nous et Le conduire à nous détruire au lieu de nous délivrer ?

Y a-t-il des choses qui pourraient empêcher le Christ de vivre Sa vie en nous ? Comment pouvons-nous nous assurer qu’II vit effectivement Sa vie en vous et moi ? Pour répondre à ces questions, examinons quelques leçons tirées du bref et tragique épisode de l’adoration du veau d’or par les Israélites.

Rappelez-vous que ces derniers avaient été épargnés de la mort de leurs premiers-nés au cours de la Pâque. Ils avaient quitté l’Égypte la main levée alors que l’Éternel les guidait à travers le désert. Ils avaient traversé la mer Rouge de manière miraculeuse. Au mont Sinaï, ils avaient entendu la voix de Dieu tonner depuis la montagne. L’Éternel leur parla et se montra aux 70 anciens. Puis Moïse monta sur la montagne pour recevoir la loi de Dieu. Que se passa-t-il ensuite ?

Les Israélites, mécontents du retard de Moïse à descendre de la montagne, demandèrent à Aaron de leur fabriquer un dieu de substitution. Aaron fondit les boucles d’oreilles en or des Israélites pour fabriquer une statue en forme de veau. Il construisit ensuite un autel devant la nouvelle idole et proclama une fête. Les Israélites se levèrent tôt le lendemain et, en signe de célébration, sacrifièrent des offrandes en holocauste à l’idole (Exode 32 :1-6). Après cela, les Israélites commencèrent à suivre l’exemple des cultes de la fertilité pratiqués par les nations voisines. En moins d’un mois et demi, ils étaient passés d’une alliance avec Dieu à des danses autour d’un veau d’or.

Cela mit l’Éternel en colère et les Israélites frôlèrent l’anéantissement. Celui qui allait devenir Jésus-Christ déclara à Moïse : « Dis aux enfants d’Israël : Vous êtes un peuple au cou raide ; si je montais un seul instant au milieu de toi, je te consumerais. Ôte maintenant tes ornements de dessus toi, et je verrai ce que je te ferai » (Exode 33 :5).

Quelle tragédie ! Bien que la Parole ait été avec eux et qu’Elle leur ait même parlé, ils suivirent un faux dieu, un dieu de métal fondu, un dieu créé par l’homme, au lieu de suivre le vrai Dieu qui les avait délivrés.

Qu’en est-il de nous ? Nous tournons-nous vers de faux dieux, vers des idoles ? Faisons-nous des choses qui pourraient amener Dieu à ne plus habiter parmi nous, des choses qui pourraient Le conduire à nous détruire au lieu de nous délivrer ? Étudions les leçons à tirer du veau d’or.

L’idolâtrie commence dans le cœur

Certains pourraient essayer de rejeter l’exemple des Israélites, car nous savons que nous ne nous prosternerions jamais devant une grosse pièce de métal inerte. Mais l’idolâtrie commence dans le cœur. Songez un instant : d’où venait l’idole des Israélites ? Ce n’était pas quelque chose de physique qu’ils avaient apporté avec eux d’Égypte. Elle était venue avec eux dans leur esprit. Leur idolâtrie a commencé par une pensée – dans leur esprit ou dans leur cœur. Si nous voulons éviter l’erreur des Israélites, nous devons donc examiner notre propre cœur. Quelles idoles résident dans notre esprit ?

En tant que disciples du Christ, nous comprenons que nous sortons de notre propre Égypte. Nous sortons du monde. Mais quelles idoles portons-nous encore dans nos cœurs ? Une autre façon de poser la question serait : « Qu’est-ce qui est au centre de ma vie ? Quelle est ma priorité absolue dans la vie ? » La plupart d’entre nous répondraient que Dieu et Ses voies sont au centre de notre vie, constituant notre priorité absolue. Mais nous arrive-t-il parfois de nous en éloigner un peu et d’avoir une autre priorité qui passerait avant Dieu ? Tout ce qui passe avant Dieu est une idole et nous sommes des idolâtres lorsque nous laissons cela se produire.

Des centaines d’années après l’incident du veau d’or, Dieu s’adressa au prophète Ézéchiel. Les Israélites avaient déjà été réduits à la captivité pour leur désobéissance à Dieu et Celui-ci leur adressa un avertissement sévère :

« Quelques-uns des anciens d’Israël vinrent auprès de moi et s’assirent devant moi. Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Fils de l’homme, ces gens-là portent leurs idoles dans leur cœur, et ils attachent les regards sur ce qui les a fait tomber dans l’iniquité. Me laisserai-je consulter par eux ? C’est pourquoi parle-leur, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Tout homme de la maison d’Israël qui porte ses idoles dans son cœur, et qui attache les regards sur ce qui l’a fait tomber dans son iniquité, s’il vient s’adresser au prophète, moi, l’Éternel, je lui répondrai, malgré la multitude de ses idoles, afin de saisir dans leur propre cœur ceux de la maison d’Israël qui se sont éloignés de moi avec toutes leurs idoles » (Ézéchiel 14 :1-5).

Lorsque nous lisons cela, nous pouvons pratiquement imaginer Dieu nous saisissant par le col et nous disant d’une voix forte : « Réveillez-vous ! » C’est comme s’Il pointait du doigt notre cœur et disait : « Je veux vivre ici, mais quelque chose d’autre prend ma place ! » Alors, que devons-nous faire ? « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Revenez, et détournez-vous de vos idoles, détournez les regards de toutes vos abominations ! » (verset 6).

Nous ne sommes pas exonérés simplement parce que nos idoles ne sont pas de grosses pièces de métal hideuses et repoussantes. Les idoles viennent du cœur.

L’idolâtrie se répand

Dans quelle mesure devons-nous prendre cet avertissement au sérieux ? Devrions-nous être indulgents envers nous-mêmes car nos idoles paraissent bien moindres que celles des Israélites ? Notez ce que l’apôtre Paul a dit aux frères de Galatie : « Vous couriez bien : qui vous a arrêtés pour vous empêcher d’obéir à la vérité ? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle. Un peu de levain fait lever toute la pâte. J’ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu’il soit, en portera la peine » (Galates 5 :7-10).

Avons-nous un seul Esprit, celui de Dieu ? Ou « pensons-nous autrement » en permettant à « un peu de levain » de rester, car nous croyons qu’il est trop difficile à éliminer de notre vie ou trop insignifiant pour avoir de l’importance ? C’est une leçon que nous devons tirer des Jours des Pains sans Levain. Le levain se propage. Une quantité minuscule dans une grande boule de pâte se répandra rapidement et fera lever toute la pâte. Dans ce contexte, le levain symbolise le péché. L’idolâtrie, comme tout péché, se propage rapidement. Elle finit par atteindre notre être tout entier : notre cœur, notre esprit et notre caractère. Nous devons être vigilants pour identifier l’idolâtrie dans notre cœur et pour l’éliminer afin de l’empêcher de se propager.

Notez également que les Israélites ont attendu Moïse pendant un certain temps. Ils n’ont pas fabriqué et adoré le veau d’or immédiatement. Ils sont devenus impatients. Adorer leur nouvelle idole leur sembla finalement être la bonne chose à faire, même si cela revenait à placer un objet à une place qui n’appartient qu’à Dieu. Cela nous rappelle la déclaration de Paul aux Corinthiens à l’époque des Jours des Pains sans Levain : « C’est bien à tort que vous vous glorifiez. Ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte ? Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité » (1 Corinthiens 5 :6-8).

Nous devons demeurer sans levain spirituel, sans être « levés » par de vieilles idolâtries. Mais que pourrions-nous bien transformer en idoles de notre cœur ?

Les biens matériels comme idoles

Les attitudes pécheresses peuvent nous prendre par surprise. Elles commencent par une pensée et se propagent si nous ne les éradiquons pas. « Faites donc mourir ce qui, dans vos membres, est terrestre, la débauche, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion ; c’est ainsi que vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés » (Colossiens 3 :5-7). D’autres versions traduisent la « cupidité » par la convoitise ou l’avarice.

Oui, nos possessions peuvent devenir une idole. La convoitise est une idolâtrie. Nous vivons à une époque très matérialiste. Ne nous leurrons pas en pensant que nous ne pouvons pas être affectés par l’idolâtrie des biens matériels. Nous pourrions dire : « J’ai beaucoup de biens et j’aime les belles choses, mais je ne m’y attache pas excessivement. Je ne convoite pas ! » Mais ce n’est pas toujours aussi simple. L’idolâtrie s’insinue en nous et peut transformer quelque chose qui n’est pas intrinsèquement mauvais en quelque chose qui devient mauvais pour nous.

D’un point de vue intellectuel, nous savons que Christ avait raison lorsqu’Il adressa cette réponse à la foule : « Quelqu’un dit à Jésus, du milieu de la foule : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, serait-il dans l’abondance » (Luc 12 :13, 15). Nous inquiétons-nous de ne pas avoir assez ? Cela peut sembler responsable, voire sage, mais ce n’est pas ce que le Christ a enseigné. « Jésus dit ensuite à ses disciples : C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement » (versets 22-23).

Que nous ayons beaucoup ou peu de possessions, nous ouvrons la voie à l’idolâtrie si ce que nous possédons devient le centre de nos pensées et de nos projets – notre priorité absolue dans la vie. Quelle devrait être notre attitude ? « Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas inquiets. Car toutes ces choses, ce sont les païens du monde qui les recherchent. Votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt le royaume de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Luc 12 :29-31).

Lorsque nous mettons Dieu au premier plan, Il nous dit : « Je prendrai soin de toi ! » Voyez plutôt : « Ne crains point, petit troupeau ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites-vous des bourses qui ne s’usent point, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n’approche point, et où la teigne ne détruit point. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (versets 32-34).

Nous comprenons que les temps deviennent de plus en plus difficiles et qu’ils le deviendront encore davantage. Que ferons-nous lorsqu’il y aura des pénuries alimentaires généralisées ? Que ferons-nous lorsqu’il y aura des rationnements ? Que ferons-nous lorsqu’il y aura du chômage à grande échelle et des salaires revus à la baisse pour ceux qui ont un emploi ? Le stress lié à ces préoccupations ne fera qu’augmenter avant le retour du Christ, mais Il nous dit : « Placez-moi au centre de votre vie et je prendrai soin de toutes ces choses. »

Le plaisir comme idole

Le plaisir n’est pas un gros mot. Après tout, Dieu a trouvé bon de nous donner le Royaume, « selon le bon plaisir de sa volonté » (Luc 12 :32 ; Éphésiens 1 :5). Beaucoup de choses peuvent nous procurer du plaisir et il n’y a rien de mal à s’amuser, à se détendre, à avoir des loisirs et à faire des choses qui nous plaisent. Cela devient un problème lorsque ce plaisir est au centre de notre vie et devient notre priorité absolue.

Le plaisir peut également devenir addictif. Boire de l’alcool avec modération peut être agréable et approprié, mais nous connaissons tous les désastres qui découlent de la dépendance à l’alcool. Avoir des relations sexuelles au bon moment et au bon endroit, dans le cadre du mariage, est une bénédiction et un don de Dieu, mais des mariages et des familles sont détruites lorsque cela devient une dépendance – la principale force motrice dans la vie d’une personne, menant à toutes sortes de perversions. À l’ère du numérique, la pornographie a été qualifiée de « crise de santé publique »[1] à juste titre, car elle affecte le cerveau exactement de la même manière que la drogue. Lorsqu’une personne regarde du contenu pornographique, son cerveau est surexposé à des substances chimiques procurant du plaisir, telles que la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine et l’épinéphrine. Le cerveau se reconfigure pour s’adapter à ces substances supplémentaires, développant d’abord une tolérance, puis une dépendance, passant du désir de ces substances chimiques du plaisir à leur « besoin ». La pornographie est une épidémie de drogue qui a silencieusement envahi le monde. Pour en savoir plus sur ce sujet important, lisez l’article de M. Adam West « Le problème de la pornographie », publié dans Le Journal de mai-juin 2025.

Même des activités plus simples et apparemment innocentes, telles que consulter ses e-mails, envoyer des SMS ou des messages instantanés, peuvent créer une dépendance. De plus en plus de rapports indiquent que lorsque les gens sont séparés de leur téléphone, ils présentent des symptômes de sevrage. « Lorsqu’une personne craint spécifiquement de perdre l’accès à son téléphone portable, le terme utilisé pour désigner cette peur est “nomophobie” […] La définition précise de la nomophobie est “la peur d’être déconnecté de son téléphone portable”. Autrement dit, une personne souffrant de nomophobie peut avoir son téléphone portable à la main, mais se sentir anxieuse si elle ne peut pas se connecter à Internet. »[2]

Je vous mets au défi de passer une journée entière sans Internet et de voir comment vous vous sentez. Si vous vous sentez perdu, nerveux et mal à l’aise, peut-être avez-vous commencé à faire d’Internet une idole. Bien sûr, la plupart d’entre nous ne peuvent pas mettre leur téléphone à la poubelle, mais il peut être judicieux de l’éteindre de temps à autre. Peut-être n’avons-nous pas besoin de le consulter à chaque fois que nous y pensons. Peut-être n’avons-nous pas besoin de répondre immédiatement à chaque SMS. Peut-être pouvons-nous laisser nos amis attendre une heure ou deux. Ils paniqueront peut-être au début, mais je vous assure qu’ils survivront à l’attente « interminable » d’obtenir une réponse une heure plus tard plutôt qu’une seconde plus tard.

La nature même de la dépendance est telle que les personnes qui en sont affectées ne peuvent plus contrôler leur volonté ou leur esprit. Souvenez-vous des paroles puissantes de Paul : « Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? » (Romains 6 :16). Sommes-nous esclaves de notre téléphone ou d’autres choses qui nous procurent du plaisir ? Nous devons nous examiner nous-mêmes.

Une façon essentielle de nous examiner nous-mêmes est de regarder les exemples que Dieu nous a donnés dans les Écritures. Paul rappela aux Corinthiens que nous ne devons pas nous considérer comme au-dessus de la tentation, mais aussi que nous devons comprendre que nous sommes en mesure de surmonter toute tentation à laquelle nous sommes confrontés. « Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie » (1 Corinthiens 10 :12-14).

L’idolâtrie commence généralement de manière subtile. Elle peut même naître de choses qui semblent bonnes et bénéfiques, mais qui peuvent détruire notre vie lorsqu’elles prennent la place de Dieu. Nous devons donc nous demander si la recherche du plaisir occupe de plus en plus nos pensées. Remercions-nous Dieu pour les bénédictions qu’Il nous accorde, ou poursuivons-nous toujours plus de « bonnes choses » au lieu de nous rapprocher de Celui qui nous accorde ces bénédictions ?

Notre conjoint comme idole

Nous devrions ne faire qu’un avec notre conjoint, n’est-ce pas ? Cependant, même notre relation la plus proche et la plus intime ne fonctionnera pas si nous faisons de l’autre personne le centre de notre vie, notre priorité absolue, car Dieu seul peut occuper cette place.

Le monde qui nous entoure nous pousse à rechercher quelqu’un qui, selon nous, nous complétera. Certains interprètent mal la déclaration de Dieu dans Genèse 2 :18, « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », pensant qu’ils doivent trouver quelqu’un pour compenser leurs lacunes. Dans un couple marié, l’homme et la femme se complètent mutuellement. Cependant, si Dieu n’est pas au centre de leur vie, à l’un et à l’autre, ils s’uniront avec des attentes irréalistes qui conduiront à la frustration. Aucun être humain ne peut nous donner ce que Dieu seul peut nous accorder. L’homme et la femme se donnent mutuellement, apprennent l’un de l’autre et accomplissent ensemble le plan de Dieu pour leur famille. Mais si Dieu n’est pas au centre de cette union, il y aura inévitablement une déception lorsque nous réaliserons que notre conjoint n’est pas notre sauveur !

Il y a de nombreuses années, un de mes professeurs à l’Ambassador College fit une déclaration mémorable, disant que seules deux personnes entières, mûres et complètes peuvent former une unité matrimoniale. Il la décrivit ainsi : Vous commencez avec une personne entière et complète, c’est-à-dire une personne qui a une relation solide avec Dieu, qui est stable et en paix dans la vie. Ensuite, vous avez une autre personne entière comme celle-là. Mais ce n’est pas comme une addition, où deux personnes à moitié complètes formeraient une personne entière. Il s’agit plutôt d’une multiplication : un fois un, donnant une unité complète. Lorsque vous multipliez deux moitiés, vous obtenez un quart, soit deux personnes malheureuses, qui sont diminuées parce qu’elles ont mis un être humain sur un piédestal à la place de Dieu. Oui, l’idolâtrie peut même s’étendre à notre mariage.

La famille et les amis comme idoles

Pour certains parents, ce sont les enfants qui occupent la place centrale, la priorité absolue, qui devrait revenir à Dieu. Oui, nous devons aimer nos enfants, mais s’ils deviennent le centre de notre vie, si nous structurons notre existence autour d’eux, nous nous retrouverons soit à satisfaire tous leurs caprices, soit à être constamment frustrés lorsqu’ils ne répondent pas à nos attentes – voire les deux. Nous vivons dans un monde où les enfants dominent souvent leurs parents. Cela avait été prophétisé. En tant que parents, il est bon et juste que nous mettions de côté nos propres désirs afin d’aider nos enfants, mais ceux-ci ne doivent pas devenir un veau d’or qui nous détournerait de ce que Dieu attend de nous.

Pour d’autres, ce sont les amis, voire les ennemis, qui deviennent une source d’idolâtrie. Pourquoi est-il si important de pardonner aux autres ? Parce que Dieu sait que si nous nourrissons des blessures et des offenses en nous, elles deviennent la motivation principale de nos pensées et de nos actions. Nous pouvons nous retrouver à vouloir justice, vengeance, ou même simplement être reconnus comme victimes. Lorsque ces pensées deviennent notre priorité et que Dieu n’est plus au centre de notre vie, nous sommes devenus des idolâtres.

Nous pouvons en dire autant des amitiés. Nous devrions avoir, et être, de bons amis. Mais lorsque nous recherchons l’amitié humaine plus que la justice de Dieu, nous cédons à l’idolâtrie. Seuls Dieu et Ses voies peuvent occuper cette place centrale, cette priorité absolue dans notre vie.

Rendre service comme idole

Il est facile de comprendre que notre métier ou notre activité peut devenir une idole, en étant le cœur de notre identité et le centre de notre vie. Qu’en est-il de notre service dans l’Église ? Eh oui, nous pourrions mettre notre service dans l’Église de Dieu à la place où nous devrions placer Dieu Lui-même.

Vous vous souvenez du récit de Marie et Marthe dans Luc 10 ? La première fois que je l’ai lu, je me suis dit : « Oh, mais c’est horrible ! Je plains Marthe. Pourquoi Jésus-Christ a-t-Il réprimandé Marthe alors qu’elle travaillait si dur ? » Puis j’ai fini par comprendre. Le Christ montrait à Marthe que Marie avait compris quelque chose d’important : elle avait compris que le Fils de Dieu était présent dans la pièce, enseignant et conversant avec les personnes présentes. Le Christ n’a pas enseigné que nous ne devrions pas accomplir les tâches ménagères ; Il révéla que nous devons avant tout être proches de Lui.

Si nous sacrifions notre relation personnelle avec Dieu afin de « faire ce qu’il y a à faire », nous avons placé ces choses au centre de notre vie, comme nos priorités absolues, au lieu de Dieu. Si nous sommes « trop occupés » pour prier, étudier la Bible, méditer et jeûner occasionnellement, c’est un signe évident que nous avons placé notre travail, voire notre service dans l’Église, avant notre relation avec Dieu, ce qui est une forme d’idolâtrie.

Méfiez-vous des idoles

Comme nous l’avons vu, nous pouvons tomber dans l’idolâtrie en l’absence d’un veau d’or ou d’une représentation physique qui serait l’objet de notre adoration. Nous devons nous méfier des idoles du cœur, car même des choses normalement bonnes peuvent nous conduire à l’idolâtrie lorsqu’elles remplacent Dieu au centre de notre vie.

Notez ce que le Christ a dit : « Si quelqu’un vient à moi, sans me préférer à son père, à sa mère, à sa femme, à ses enfants, à ses frères, et à ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14 :26). Il ne nous enseigna pas à délaisser notre famille. Il déclara que rien ne devrait être plus important que Dieu dans notre vie. Il doit être au centre de notre existence. Il doit être notre priorité absolue. Nous pouvons avoir toutes sortes de relations, de bénédictions et de devoirs, mais Dieu doit rester au centre de tout ce que nous faisons, même lorsque c’est parfois difficile.

« Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple » (Luc 14 :27). Nous devons placer notre Sauveur avant tout le reste, avant même notre propre vie. Pourquoi le Christ a-t-Il dit cela ? Il n’essayait pas de nous blesser ou de nous punir, mais en tant que notre Créateur, Il sait comment nous fonctionnons. Il le sait mieux que nous ! Il sait que nous serons infiniment frustrés si nous attendons qu’autre chose que Lui nous apporte la véritable plénitude dans notre existence.

En revanche, lorsque nous demandons au Christ de vivre Sa vie en nous, progressant et grandissant dans ce désir au fil des années, nous nous sentons plus heureux et nos relations fonctionnent mieux. Lorsque nous nous repentons, acceptons le baptême, recevons l’Esprit de Dieu et continuons à croître, tout fonctionne mieux car nous plaçons Dieu au premier plan. Nous ne courons pas après du vent, nous ne nous accrochons pas à des choses qui ne fonctionnent pas.

L’idolâtrie n’est pas seulement une grande idole métallique, hideuse et repoussante. C’est un péché contre lequel nous devons tous lutter quotidiennement. Les Jours des Pains sans Levain devraient nous aider à mieux apprécier ce que le Christ est prêt à faire pour nous. Par le Saint-Esprit, seuls Dieu le Père et Son Fils, Jésus-Christ, peuvent combler ce vide au centre de notre vie. C’est une leçon à tirer du veau d’or.


1. “Une question de santé publique”, La Presse, 11 juin 2023

2. “Help for Phone Separation Anxiety and Fear of Being Offline”, FHERehab.com, 19 mai 2022