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Le savoureux fruit de la joie

par Gerald Weston
Gerald Weston
Gerald Weston
rédacteur en chef

Les apparences sont souvent trompeuses. Avez-vous déjà vu un couple se tenir amoureusement la main après de nombreuses années de mariage, avant de divorcer quelque temps plus tard ? Qu’en est-il des acteurs qui semblent heureux et épanouis, mais qui sombrent dans la drogue et qui mettent parfois fin prématurément à leurs jours ? D’autres personnes sont toujours souriantes, mais au fond d’elles-mêmes, elles sont envahies par de la tristesse et des déchirements extrêmes.

Nous serions surpris de découvrir le nombre de personnes qui, en apparence, semblent tout avoir pour être heureuses, mais qui intérieurement ne sont pas satisfaites de la vie. Elles ne veulent pas tromper les autres et, bien entendu, il n’est pas nécessaire d’afficher ouvertement tous nos problèmes. Cependant, beaucoup de gens souhaitent être heureux – et ils essaient de l’être – mais ils sont incapables d’atteindre cet objectif intérieurement.

Les réseaux sociaux sont souvent critiqués pour le fait de présenter les vies excitantes de ses utilisateurs, des vies centrées autour de voyages, d’amis et de divertissements – un modèle que leurs abonnés ou leurs « followers » n’arrivent pas à atteindre. La réalité est que très peu de gens vivent cette existence irréaliste présentée sur les réseaux sociaux – beaucoup s’efforcent vainement de l’atteindre et ils se lamentent que leur propre vie semble décevante en comparaison. La nature humaine nous pousse à afficher notre réussite devant nos amis et notre famille. Nous voulons que les autres sachent à quel point notre vie est merveilleuse, à quel point nous « avons réussi ». D’une certaine manière, cela a toujours été le cas, mais les plateformes comme Facebook ont exacerbé le problème de ce mode de pensée. De nos jours, nous pouvons poster instantanément en ligne des photos à l’attention de notre famille, de nos amis et d’inconnus. Il n’est plus nécessaire de dépenser de l’argent pour acheter une pellicule, puis attendre de la faire développer.

Beaucoup d’activités peuvent donner l’impression de vivre une vie agréable : une descente en tyrolienne, un saut à l’élastique du haut d’un pont ou un saut en parachute, boire un verre de vin avec ses amis dans un chalet de montagne. Mais les apparences ne sont pas la réalité. Dans le monde, de nombreux individus – particulièrement les célébrités – disposent du temps et de l’argent nécessaires pour faire tout cela, mais beaucoup d’entre eux ont des vies misérables brisées par la dépression, le divorce ou la consommation de drogues.

Il est normal de vouloir être heureux et de souhaiter le bonheur des autres. Beaucoup d’entre nous veulent sincèrement que nos amis et notre famille aient une « bonne vie » et nous faisons de notre mieux pour les aider à atteindre cet objectif – et pour en profiter à leurs côtés. Cela nous tient à cœur. Mais pourquoi le véritable épanouissement est-il si difficile à trouver ?

Chercher une joie durable

Commençons notre recherche avec le prophète Ésaïe. Il posa des questions auxquelles il répondit : « Pourquoi pesez-vous [dépensez-vous] de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? » (Ésaïe 55 :2). Le contexte montre qu’il ne parlait pas simplement d’un repas. Il faisait référence à ceux qui cherchent aux mauvais endroits ce qui rassasie véritablement. C’était un problème à son époque et c’est toujours un problème de nos jours. Notre nature est encline à poursuivre des mirages, qui semblent apporter des réponses, mais qui nous échappent en fin de compte.

Le roi Salomon écrivit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Lui aussi cherchait le bonheur et il pouvait acheter absolument tout ce qu’il désirait : du vin, des femmes, de la musique et bien plus encore. Il fit planter de magnifiques jardins, il était diverti par les meilleurs musiciens de son époque et il s’entoura d’or, d’argent et de toutes sortes de choses précieuses. Malgré tout cela, sa vie lui semblait vide et désespérée. « Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent » (Ecclésiaste 2 :17).

La question d’Ésaïe, « Pourquoi dépensez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? », est plus que jamais d’actualité. Nous ne pouvons pas nous comparer à Salomon, mais de nos jours l’individu moyen a accès à davantage d’activités de loisir et de relaxation que les générations précédentes. Cependant, une grande partie de ces divertissements passifs sont administrés « en perfusion » : la télévision, les films, les jeux vidéo et les réseaux sociaux. Au lieu de vivre dans un monde réel, certains passent leur temps à combattre des extraterrestres, braquer des voitures ou piloter un avion de combat, sans dépenser l’énergie mentale nécessaire à la lecture d’un livre – et en ne dépensant presque aucune énergie physique. Nous n’avons même plus besoin de nous lever de notre fauteuil pour changer de chaîne. Certains d’entre nous se souviennent des lampes qui étaient activées en tapant dans les mains. De nos jours, cet effort n’est même plus nécessaire, il suffit de dire à « Alexa » ce que vous désirez et elle le fait pour vous. Tous ces gadgets sont intéressants, mais aucun ne peut nous fournir une vie satisfaisante.

Une erreur courante est de confondre divertissement avec bonheur. Un tour de montagne russe peut être divertissant, mais pas le fait d’attendre dans une file d’attente en plein soleil. Il n’y a rien de mal à profiter d’un divertissement sain, mais celui-ci prend fin et la vie réelle reprend son cours en fin de journée. Le divertissement est temporaire, il repose sur des sources externes et des stimuli, mais il peut devenir ennuyeux et laisser un sentiment de vide. Le véritable bonheur est une condition interne qui perdure à la fois lorsque tout va bien et pendant les périodes difficiles.

Ésaïe blâma son auditoire pour le fait de dédier son temps et ses ressources à des choses qui n’apportent pas une satisfaction durable. Le vin, le lait et le pain n’apportent qu’une satisfaction temporaire. Il nous dirigea donc vers une nourriture et une boisson qui durent : « Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer ! […] Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, et votre âme se délectera de mets succulents » (Ésaïe 55 :1-2).

Ésaïe utilisa une métaphore avec des aliments pour comparer le physique et le spirituel. Jésus-Christ fit de même lorsqu’Il s’adressa à la Samaritaine, en lui disant qu’Il pouvait lui donner de « l’eau vive » et qu’elle n’aurait plus jamais soif. Cela semblait intéressant, mais sa compréhension limitée était que cette eau vive lui épargnerait les trajets pénibles entre sa maison et le puits. Elle ne saisissait pas que l’eau dont parlait le Christ était le Saint-Esprit, qui peut impartir une satisfaction impossible à obtenir avec des choses physiques (Jean 4 :7-15 ; 7 :37-39).

Le Christ était venu en tant que le véritable pain de vie prophétisé par Ésaïe. Jésus expliqua cela lorsqu’Il se compara à la manne : « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point » (Jean 6 :48-50). Il ajouta : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi » (versets 56-57).

M. Roderick Meredith décrivait souvent la Bible comme étant la pensée de Dieu. Jésus est le Logos, le Porte-parole, Celui qui inspira ce livre remarquable. Lorsque nous buvons et que nous mangeons les paroles de la Bible, nous nous nourrissons du Christ. Le verset préféré de M. Meredith était Galates 2 :20 où il est dit que le Christ doit vivre en nous et que nous savons que c’est le cas par la puissance du Saint-Esprit. Cet Esprit est la pensée et la puissance de Dieu. « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Romains 8 :9).

La source de ce que nous cherchons

Une des caractéristiques du fruit de l’Esprit divin est la joie (Galates 5 :22). Le mot français « joie » signifie « contentement, satisfaction » (Le Grand Robert). En lisant l’utilisation de ce mot dans le Nouveau Testament, il est possible de voir que la joie peut être temporaire ou durable. Lorsque Philippe se rendit en Samarie et que Dieu fit des miracles par son intermédiaire, nous lisons qu’il y eut « une grande joie dans cette ville » (Actes 8 :8). Il s’agissait clairement d’une joie temporaire (et compréhensible), mais la joie du fruit de l’Esprit indique un état permanent. Cela ne signifie pas qu’une personne chez qui réside l’Esprit connaîtra un état de joie permanent et constant, sans périodes difficiles. Il est également vrai que, pour diverses raisons, certaines personnes dégagent plus de contentement, de satisfaction et de joie que d’autres. Mais la joie et le contentement véritables et durables, que nous traversions des hauts et des bas, font partie du fruit de l’Esprit. Lorsque les paroles de Dieu, Son mode de pensée et Ses attitudes demeurent en nous, nous pensons de la même manière que le Christ et nous Lui ressemblons un peu plus jour après jour.

Sourire, le fruit de la joie

C’est au moyen du Saint-Esprit en nous que nous pouvons nous réjouir – posséder la joie – même lorsque nous traversons des épreuves difficiles : « C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (1 Pierre 1 :6-7).

Le fait de comprendre cette vue d’ensemble n’est pas une caractéristique de l’esprit naturel. J’ai souvent eu l’occasion de m’en rendre compte. Mon épouse et moi avons ainsi connu un homme à l’article de la mort et nous lui rendions visite à l’hôpital. Il nous avait dit qu’avoir été frappé par un cancer était la meilleure chose qui lui était arrivée. Il réalisa qu’il avait été la dérive spirituellement pendant de nombreuses années. Il considérait la situation comme un coup de semonce, une prise de conscience de la réalité du but de son existence. Comme il l’expliqua, dans sa situation, il ne cherchait pas à être guéri. Il avait les yeux tournés vers la résurrection, lorsqu’il entrerait dans le Royaume de Dieu.

À la même époque, un autre homme était également en phase terminale d’un cancer. Il était converti depuis peu et il plaçait également sa confiance en Dieu. À chaque fois que je le voyais, il avait un grand sourire et il faisait tout ce qu’il pouvait pour encourager ceux qui l’entouraient. Ces hommes, pourtant si près de la mort, avaient tous les deux une attitude de contentement. Grâce à l’Esprit de Dieu, ils pouvaient comprendre la vue d’ensemble et vivre dans l’espoir de la résurrection. Quels exemples !

L’approche à avoir dans les épreuves

L’apôtre Paul souffrait d’une affliction physique et il se tourna trois fois vers Dieu pour en être libéré. Mais la réponse de Dieu fut non : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12 :9). Paul acquit une plus grande compréhension suite à cette expérience : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (versets 9-10).

Paul écrivit aussi : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Philippiens 4 :6-7). Les prières sincères, en remerciant Dieu pour ce qu’Il nous donne et en partageant avec Lui nos besoins et nos inquiétudes, nous procurent quelque chose que le monde dans son ensemble ne possède pas. Nous pouvons être en paix, même pendant les épreuves les plus difficiles. « Tu garderas dans une paix parfaite l’esprit qui s’appuie sur toi, car il se confie en toi » (Ésaïe 26 :3, Darby).

Tout le monde ne gère pas aussi bien les épreuves, y compris dans l’Église. Tout le monde ne gère pas les petits problèmes avec aisance et ces versets devraient nous pousser à examiner sérieusement notre relation avec notre Créateur. Nous devons nous regarder dans un miroir et nous demander : « Est-ce que je possède la joie, la paix et le contentement ? » Si la réponse est négative, quelle en est la raison ?

En fonction de notre passé et de nos penchants naturels, nous comprenons que certains d’entre nous ont plus de difficultés que d’autres à développer quelques aspects du fruit de l’Esprit. Certaines personnes ont été mieux éduquées en étant enseignées à être reconnaissantes et satisfaites de ce qu’elles avaient. D’autres ont grandi dans des foyers où régnaient l’égoïsme, la colère et le mécontentement. C’est un défi supplémentaire. Même l’Esprit de Dieu ne change pas instantanément ce que nous avons appris pendant notre jeunesse.

Chacun de nous doit faire un examen de soi, afin de voir si tous les aspects du fruit de l’Esprit abondent en lui. Ensuite, nous pouvons évaluer pourquoi il nous manque telle ou telle caractéristique et commencer à implorer Dieu pour qu’Il nous aide à surmonter ce qui nous fait défaut. Nous devons faire notre part en identifiant le problème. Seulement après, nous pourrons faire des efforts, avec l’aide du Christ vivant en nous, pour développer les attributs divins de la satisfaction, du contentement, de la paix et de la joie. Dieu promet de nous donner Son Esprit, mais nous devons demander, chercher et frapper à la porte avec des prières sincères et des supplications (Luc 11 :9-13). Alors que nous méditons sur le don de l’Esprit de Dieu à l’époque de la Pentecôte, puissions-nous tous être comblés d’une joie durable !

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