Année 2020   Septembre-Octobre Afficher en grands caractères

Le chant, les masques, les assemblées en ligne et la foi

par Wallace Smith

La Bible enseigne-t-elle que nous devrions tous chanter des cantiques, en tant que congrégation, au cours de chaque assemblée de sabbat ?

Il est assurément étrange de ne pas chanter et il ne fait aucun doute que nous voudrions tous le faire. Mais est-ce un péché de ne pas le faire ? Existe-t-il un commandement disant que chaque personne présente doit chanter pendant les assemblées de sabbat ?

Bible ouverte

La question se pose lorsque nous lisons certains passages de la Bible qui pourraient suggérer que chanter pendant les assemblées est un commandement. Psaume 100 :2 déclare : « Servez l’Éternel avec joie, venez avec allégresse en sa présence ! » Puis le verset 4 nous dit d’entrer « dans ses parvis avec des cantiques ». Nous lisons encore dans Psaume 149 :1 : « Louez l’Éternel ! Chantez à l’Éternel un cantique nouveau ! Chantez ses louanges dans l’assemblée des fidèles ! » Puis au début du psaume suivant : « Louez l’Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! » Ces versets, et beaucoup d’autres similaires, sont une des raisons pour lesquelles nous chantons des cantiques au cours de chaque assemblée de sabbat – un aspect que beaucoup d’entre nous apprécions !

Mais la question est de savoir si ces versets représentent un commandement ordonnant à toute la congrégation de chanter au cours de chaque assemblée de sabbat. Si c’est le cas, alors nous devons chanter quoi qu’il arrive ! Si ce n’est pas le cas, alors l’Église dispose d’une certaine flexibilité pour s’adapter aux circonstances, telle que la pandémie actuelle.

Comme pour beaucoup d’autres sujets, nous devons faire très attention à « [dispenser] droitement la parole de la vérité » (2 Timothée 2 :15). En faisant cela, nous découvrons que ces versets ne sont en aucun cas des commandements ; et ceux qui les considèrent comme tels ajoutent alors des « commandements » additionnels que l’Église de Dieu n’a jamais considérés comme étant des commandements. Par exemple, Psaume 149 :3 dit au peuple de Dieu : « Qu’ils louent son nom avec des danses, qu’ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe ! » Quant au Psaume 150, après nous avoir « enjoint » à « louer Dieu dans son sanctuaire », il nous « enjoint » de la même manière : « Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe ! Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau ! Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes ! » (versets 3-5).

Peut-on dire d’une part que ces déclarations bibliques représentent un « commandement » personnel et individuel de chanter des cantiques au sein de la congrégation pendant le sabbat, et d’autre part que les déclarations bibliques identiques de danser, de jouer du tambourin, etc. ne représentent pas un « commandement » personnel ? Cela constituerait un échec à dispenser droitement la parole de la vérité – ce serait au mieux inconsistant, au pire une erreur flagrante. En fait, si ces déclarations étaient des « commandements », alors nous ignorerions beaucoup de « commandements » similaires dans la Bible. Par exemple, Paul écrivit à quatre reprises aux frères et sœurs de se saluer avec « un saint baiser » – s’agit-il pour autant d’un commandement ?

Dieu ne nous permet pas de décider ce qui est un « commandement » et ce qui n’est « pas un commandement » en nous basant sur nos sentiments et nos désirs personnels. Vouloir chanter avec le peuple de Dieu est un désir noble, mais nous ne pouvons pas ajouter des commandements à Sa parole – une action qu’Il condamne fermement (Deutéronome 12 :32 ; Proverbes 30 :6 ; Ézéchiel 13 :7 ; Apocalypse 22 :18-19). Si ces passages sont des commandements nous obligeant à chanter individuellement des cantiques pendant chaque assemblée de sabbat, alors les versets nous disant de danser, ou de jouer du tambourin et d’autres instruments, pendant le sabbat sont aussi des commandements. Si nous déclarons nous baser entièrement sur la parole de Dieu, alors il est impossible d’affirmer qu’un verset est un commandement, mais pas l’autre.

Essayons plutôt de bien comprendre ces passages. Les psaumes sont des exhortations pour nous encourager à avoir un bon état d’esprit, mais ils ne dictent pas forcément les détails de l’application de la loi. Ainsi, Psaume 148 n’ordonne pas littéralement au feu, à la grêle, à la neige, au brouillard, aux cèdres, aux animaux et à tout le bétail de louer Dieu (versets 8-10). Ce serait un non-sens. Ce psaume est une formidable exhortation en l’honneur de Celui qui est digne de louange au-dessus de toute la création. Et nous comprenons bien cela à chaque fois que nous chantons « Louez notre Dieu » dans notre livre de cantiques – dont les paroles sont basées sur ce psaume.

Ces exhortations ne peuvent pas être interprétées comme étant des commandements nous ordonnant spécifiquement de chanter des cantiques pendant chaque assemblée de sabbat, à moins d’en faire de même pour les exhortations de danser, de jouer du tambourin et des cymbales, ainsi que beaucoup d’autres nouveaux « commandements ». En fait, si ces exhortations étaient interprétées comme étant des « commandements », alors elles ne se limiteraient pas au sabbat. Comme M. Peter Nathan l’a noté dans son article « Les masques et les cantiques », les psaumes étaient destinés à couvrir toutes les réunions du peuple de Dieu, pas seulement les saintes convocations – et s’ils étaient véritablement des « commandements », ils devraient aussi s’appliquer à nos études bibliques mensuelles et hebdomadaires, ainsi qu’à d’autres circonstances.

Certes, Psaume 81 :5 déclare : « Car c’est une loi pour Israël, une ordonnance du Dieu de Jacob », mais nous devons lire cela dans le contexte du verset 4 : « Sonnez de la trompette à la nouvelle lune, à la pleine lune, au jour de notre fête », ce qui était littéralement une loi du livre de la loi (Nombres 10 :10). Psaume 81 :2-3 mentionne également des détails qui ne sont pas abordés ailleurs dans les lois de Dieu – et une fois encore, cela impliquerait d’imposer non seulement de chanter des cantiques, mais aussi de jouer du tambourin et des autres instruments. Tout cela montre bien que Dieu explique clairement quels sont Ses commandements et qu’Il ne veut pas que nous fassions des spéculations ou des jugements individuels basés sur nos sentiments ou nos désirs personnels. Dans son article au sujet du Psaume 81, M. Dexter Wakefield montre très clairement le lien entre de tels passages et les instructions de David de nommer des chanteurs et des musiciens parmi les Lévites, pour servir au cours des occasions spéciales dans le tabernacle, puis dans le temple (voir 1 Chroniques 15 :16).

Enfin, il y a aussi des passages qui décrivent l’adoration rendue à Dieu et les saintes convocations, sans faire aucune mention du chant au sein de la congrégation. Néhémie 8, que l’Église de Dieu a utilisé depuis longtemps pour établir le format des assemblées, ne fait aucune allusion au chant. Plusieurs chanteurs professionnels pour le temple, au sein des classes établies par le roi David, faisaient assurément partie des captifs revenus d’exil et listés dans Néhémie 7 avec les autres serviteurs du temple – aux côtés des portiers et les Néthiniens. Néhémie 7 :44 mentionne spécifiquement la présence de 148 chantres, ou chanteurs de la famille d’Asaph, un des auteurs des Psaumes. Cela correspondrait à nos musiciens et à nos chorales pour les musiques spéciales. Cependant, Néhémie 8 ne fait aucune mention au chant ou à la musique. Ainsi, lorsque nous diffusons de la musique enregistrée, que nous avons des cantiques ou des musiques spéciales, nous incluons davantage de musique que dans la description du service d’Esdras et des assemblées du peuple dans Néhémie 8.

Nous sommes impatients de reprendre le chant pendant les assemblées. Et beaucoup d’entre nous chantent des louanges à Dieu dans d’autres circonstances – que ce soit à la maison, en famille ou dans la voiture – et plus souvent qu’à l’accoutumée. La Bible montre clairement que Dieu aime la musique ! Mais nous ne pouvons pas affirmer que la Bible impose aux congrégations de chanter des cantiques au cours de chaque assemblée de sabbat et prétendre interpréter correctement la parole de Dieu avec honnêteté, consistance et crédibilité.


Est-ce un péché de couvrir son visage devant Dieu avec un masque jetable ou en tissu ?

Bien entendu, personne ne dit que c’est agréable ! Mais bibliquement parlant, porter de tels masques pour protéger vos frères et sœurs en Christ pendant l’assemblée n’est clairement pas un péché.

En lisant l’épisode du « visage rayonnant » de Moïse, certains se sont demandés si cela pouvait s’appliquer au port des masques de protection. Après avoir parlé face à face avec Dieu au mont Sinaï et dans la tente d’assignation, le visage de Moïse rayonnait d’une lumière particulière pendant quelque temps, et cela rendait le peuple nerveux. Moïse portait alors un voile lorsqu’il parlait au peuple afin de leur transmettre les ordres de l’Éternel, mais lorsqu’il était seul avec Dieu, il ôtait ce voile (Exode 34 :29-35). Certains se sont demandés si cela signifie que ce serait un péché de porter un masque de protection pendant les assemblées.

Bien que le récit d’Exode 34 soit fascinant, il ne peut en aucun cas être utilisé pour définir un commandement interdisant de porter un masque de protection pendant les assemblées de sabbat. Tout d’abord, rien dans cet exemple n’indique qu’il s’agisse d’un commandement. Lorsque Moïse passait du temps avec Dieu, provoquant le rayonnement de son visage, il portait uniquement un voile car cette lumière surnaturelle mettait le peuple mal à l’aise – mais certainement pas Dieu qui était à l’origine de ce rayonnement ! Ainsi, lorsque Moïse parlait face à face avec Dieu, à l’écart du peuple, il n’avait pas besoin de se couvrir le visage (versets 34-35).

La lecture de ce passage ne révèle aucune indication au sujet d’un commandement empêchant quiconque de porter un masque pour des raisons de santé afin de protéger les plus vulnérables. En fait, si Moïse parlait avec Dieu au cours d’un samedi matin, puis que le peuple s’assemblait pour les instructions et les louanges de sabbat, ce passage indiquerait même qu’il aurait porté un voile pendant une telle assemblée avec le peuple, puisqu’il l’enlevait seulement lorsqu’il parlait face à face avec Dieu dans la tente d’assignation.

Le Nouveau Testament n’ajoute pas non plus un tel ordre en mentionnant ce récit. Dans 2 Corinthiens 3 et 4, l’apôtre Paul utilisa le voile de Moïse comme une métaphore pour décrire l’aveuglement des Juifs qui ne pouvaient pas voir l’Évangile dans les Écritures « quand on lit Moïse » (3 :15) car « le même voile demeure quand ils font la lecture de l’Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît » (3 :14). Sans Christ, « notre évangile est encore voilé » pour « ceux qui périssent » (4 :3). Cependant, « lorsque les cœurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté » (3 :16) et « nous tous qui, le visage découvert », pouvons voir clairement cet Évangile et « contemplons la gloire du Seigneur, nous sommes transformés » pour refléter aussi cette gloire – afin que l’Évangile nous montre notre objectif « comme dans un miroir » (3 :18, Ostervald). L’utilisation de ce récit par Paul pour clarifier un point spirituel est importante et révélatrice ! Même en ne lisant que l’Ancien Testament avec la pensée ouverte par l’Esprit de Dieu, Son peuple peut voir dans ses pages ce que les Juifs ne peuvent pas voir « encore aujourd’hui » (3 :15) : notre incroyable potentiel en tant que membres glorifiés de la famille de Dieu.

Mais ce passage ne contient aucun ordre. Les paroles de Paul ne font aucune allusion au fait de porter un masque pour protéger les personnes vulnérables. Et ce passage n’indique nulle part qu’agir de la sorte constituerait un péché. Si le point spirituel était de communiquer un « ordre » physique, alors le point spirituel que Dieu enseigna à Pierre dans la vision des animaux impurs, lorsque Dieu lui dit : « Lève-toi, Pierre, tue et mange » (Actes 10 :13), voudrait-il dire que nous devrions faire cela physiquement ? Ou lorsque Paul utilisa le symbole de la circoncision comme une représentation de la repentance spirituelle – qu’il applique au cœur et à la pensée, comme il le fit pour le voile (Romains 2 :28-29 ; Colossiens 2 :11 ; 2 Corinthiens 3 :14-15) – cela signifie-t-il que nous devrions aussi être physiquement circoncis, en contradiction avec Actes 15 ? Non, bien entendu. Encore une fois, il est dangereux et présomptueux de créer des « ordres » que Dieu n’a jamais donnés et d’attribuer notre propre interprétation et signification aux Écritures, en s’opposant à la signification que Dieu Lui-même transmet dans les textes inspirés (2 Pierre 1 :20).

En fait, des preuves bibliques contredisent une telle interprétation. Nous trouvons ainsi l’exemple direct et explicite d’Élie montrant que ce n’est pas un péché de se couvrir la face en présence de Dieu. Lorsque Dieu l’appela au milieu d’un « murmure doux et léger », Élie entendit Sa voix et « il s’enveloppa le visage de son manteau » pour s’adresser à l’Éternel (1 Rois 19 :12-13) – autrement dit, il se couvrit littéralement le visage avec une pièce de tissu. Dieu ne qualifia nulle part cette action de péché. En réalité, de nombreux serviteurs de Dieu, dont Abraham et Moïse, se couvrirent humblement la face en Sa présence, ils se cachèrent ou détournèrent leur regard de la présence même de Dieu. En général, lorsque nous prions, nous nous agenouillons et nous baissons la tête en signe de respect, mais d’autres fois nous levons notre visage vers le ciel. Ces deux postures sont rapportées à de nombreuses reprises dans la Bible et ni l’une ni l’autre n’est défendue ou interdite. Parfois les saints anges se couvrent également le visage en présence de Dieu, même lorsqu’ils Lui adressent des louanges (Ésaïe 6 :2-3), et à d’autres moments, ils sont décrits comme voyant continuellement Sa face (Matthieu 18 :10).

Tout cela n’indique en rien que Dieu impose le fait de se couvrir le visage. Bien au contraire, aucun de ces passages ne contient des ordres ni des commandements, quels qu’ils soient. Ils illustrent simplement le fait que la Bible ne peut pas être utilisée pour affirmer que se couvrir le visage en présence de Dieu serait un péché. En allant dans cette direction, il serait facile d’inventer un « commandement » imposant d’enlever ses chaussures en présence de Dieu pendant les assemblées de sabbat, comme cela fut explicitement et littéralement ordonné à Moïse et Josué (Exode 3 :5 ; Josué 5 :15). Cependant, personne ne semble affirmer que nous devrions commencer à enlever nos chaussures pendant les assemblées – même si certains ne seraient pas contre le fait d’avoir un peu plus de confort ! À plus forte raison, en quoi un seul exemple d’une action de Moïse concernant le rayonnement miraculeux de son visage devrait-il être utilisé pour en faire un commandement contre le fait de porter un masque de protection en se souciant du bien-être des autres ?

Loin d’interdire le fait de se couvrir le visage, les Écritures contiennent des passages recommandant de prendre de telles mesures. Nous étudierons cela en répondant à une autre question un peu plus tard.


La direction de l’Église a-t-elle tort de décider que les congrégations ne peuvent pas s’assembler physiquement en personne pendant quelque temps, mais plutôt utiliser une diffusion en direct ou d’autres moyens ?

Assurément, aucun d’entre nous ne considère que les assemblées en ligne soient une alternative convenable aux réunions en personne. Les membres qui ne peuvent pas se réunir physiquement avec leur congrégation locale – à cause de leur santé, d’une blessure ou de l’éloignement – pourront vous confirmer ce fait : le contact face à face et personnel leur manque énormément. Reconnaissons aussi que lorsque nous pouvons nous réunir en personne, nous devrions le faire. Les diffusions en direct et les autres moyens de transmission comme les sermons sur CD ou DVD sont de formidables outils pour lesquels nous devrions être reconnaissants lorsque les circonstances l’imposent et c’est une bénédiction pour de nombreux membres isolés. Nous devrions louer Dieu de permettre à Son Église du 21ème siècle d’utiliser des technologies que l’Église du 1er siècle n’aurait même pas imaginé en rêve. Cependant, Dieu veut clairement que nous nous réunissions en personne – face à face et côte à côte – lorsque nous sommes en mesure de le faire.

Mais existe-t-il des conditions lorsque le gouvernement de l’Église a la responsabilité devant Dieu de suspendre les assemblées en personne ? Pendant des décennies, cette question n’avait pas fait l’objet de controverse et les pasteurs ont régulièrement pris de telles décisions lorsque les conditions l’imposaient, par exemple en raison du climat. De temps en temps, en cas de tempête de neige ou de verglas, des pasteurs locaux ont annulé des assemblées pour les congrégations des régions affectées et pour la sécurité des membres. Cela a eu lieu sous M. Armstrong, sous M. Meredith et désormais sous M. Weston. Imposer à son troupeau de voyager dans des conditions aussi dangereuses serait un signe de dureté de la part d’un tel pasteur.

Lorsque des « temps difficiles » apparaissent à plus grande échelle – nationalement ou mondialement – le gouvernement de l’Église a toujours la responsabilité d’agir pour le bien des congrégations. Cela inclut le fait de prendre en compte les normes sanitaires et les circonstances en période de pandémie. Il est possible de se demander si de telles actions sont vraiment nécessaires et la même question se pose lorsque des assemblées locales sont annulées à cause des intempéries. Même les pasteurs locaux qui prennent ces décisions se posent ces questions. Ils ne veulent pas agir inutilement à titre préventif, mais ils veulent aussi protéger le bien-être du troupeau. Le même questionnement s’applique lorsque des décisions sont prises à grande échelle. Quoi qu’il en soit, de telles décisions ne sont pas un péché. Ce sont des jugements, basés sur une situation temporaire, effectués par ceux que Dieu a chargé de prendre soin de Son troupeau. Ces décisions s’accompagnent souvent de mesures destinées à rendre la situation la plus normale possible – comme avec les diffusions en direct – jusqu’à ce que les circonstances adverses prennent fin.

Encore une fois, il est possible de se demander si une telle décision est la plus sage à prendre ou non, mais d’un point de vue biblique, il est impossible de dire qu’une telle décision soit un péché. Les Écritures contiennent de nombreux jugements effectués par les individus en charge et elles montrent que Dieu était d’accord avec ces décisions – par exemple les ajustements pour l’observation de la Pâque à l’époque d’Ézéchias pour ceux qui ne s’étaient pas sanctifiés (2 Chroniques 30 :17-20) ; Achimélec qui donna du pain consacré aux hommes de David (1 Samuel 21 :1-6) ; le Christ qui ne se rendit pas au culte hebdomadaire cinq ou six sabbats d’affilée alors qu’Il était dans le désert (Matthieu 4 :1-2) ; Son enseignement concernant le bœuf tombé dans le puits (Luc 14 :5-6) ; l’apôtre Paul qui conseilla aux gens de ne pas se marier pendant les « temps difficiles » (1 Corinthiens 7 :25-40) qui avaient lieu à son époque, etc.

Dans ces circonstances, nous pouvons voir des similarités clés :

  1. Ces décisions ne furent pas prises individuellement par des membres, mais par des dirigeants ordonnés et des juges à qui Dieu avait donné l’autorité d’exercer des jugements (Deutéronome 17 :8-13).
  2. Ils devaient gérer des circonstances rares et des conditions temporaires.
  3. Ils ne rejetaient ni ne déshonoraient la loi divine, mais ils tentaient d’être consistants avec l’esprit derrière la loi, tout en gérant ces circonstances temporaires.

Il ne s’agissait nullement « d’abandonner notre assemblée » comme Paul le mentionne dans Hébreux 10 :25. Ces décisions représentaient les mêmes sortes de jugements que les ministres dans l’Église de Dieu ont pris depuis des décennies lorsqu’ils étaient confrontés à des circonstances difficiles et dangereuses. Parmi ces jugements, il y a les décisions concernant le fait de nous assembler dans les meilleures conditions possibles pendant les temps difficiles – autrement, nous pourrions ne pas pouvoir nous assembler du tout. Mais ce ne sont que des mesures temporaires prises pendant les temps difficiles et il ne faut pas en abuser. Dire que nous devrions être présents physiquement en tout temps, sans tenir compte des risques sanitaires qui pourraient exister, serait contraire aux décisions prises par les dirigeants de l’Église de Dieu au cours des dernières décennies, depuis que M. Armstrong a ravivé l’Œuvre au siècle dernier. Cependant, laisser de telles décisions dans d’autres mains que celles du gouvernement désigné par Dieu apporterait le chaos et la confusion dans « les Églises des saints » (1 Corinthiens 14 :33 ; voir aussi verset 40), et serait en contradiction avec tout ce que la Bible dit sur la façon dont Dieu communique de tels jugements (par ex. Deutéronome 17 :8-13 ; Matthieu 16 :18-19).


Si nous avons la foi, pouvons-nous ignorer ces précautions ? Dieu ne nous protège-t-Il pas ?

Nous savons que « tout est possible » pour Dieu (Matthieu 19 :26). Et franchement, peu d’entre nous voulons faire ces choses. Les masques sont inconfortables. Il est triste de ne pas chanter pendant les assemblées. Nos frères et sœurs nous manquent lorsque nous ne pouvons pas les voir en personne. Et nous aimerions bien croire qu’à travers la puissance de la foi nous pourrions ignorer toute précaution et vivre comme si nous n’avions aucune responsabilité concernant ces choses. Mais ce serait une mauvaise compréhension flagrante de la foi biblique. Bien que la foi soit un sujet profond qui requiert bien davantage de place que cet article ne le permet, la question en cours est suffisamment précise pour y répondre facilement. Dans un passage encourageant adressé aux fidèles, nous lisons : « Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable » (1 Jean 3 :22). Avant de revendiquer quoi que ce soit dans la foi, nous devons d’abord nous assurer que nous obéissons à la volonté et aux commandements de Dieu, en cherchant à Lui plaire en examinant dans Sa parole comment nous devrions nous comporter devant Lui et devant notre prochain.

La foi réelle n’est pas de réclamer les promesses de Dieu tout en ignorant explicitement Sa volonté révélée dans Sa parole. Il s’agirait d’une foi morte, comme Jacques la décrit, car la foi doit être accompagnée par les œuvres fidèles de l’obéissance (Jacques 2 :20-22). Ignorer les précautions que nous pouvons prendre pour le bien de nos frères et sœurs en Christ n’est pas un acte d’obéissance à Jésus-Christ. C’est une transgression du deuxième grand commandement de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22 :39). Lorsque nous comprenons cela, comment est-il possible de dire à Dieu avec un cœur sincère : « Père, je ne veux pas prendre ces précautions pour aider à protéger la vie de mon frère en Christ et j’attends de Toi que Tu honores mon manque de bonne volonté en le protégeant miraculeusement » ? Une telle déclaration serait une caricature de la foi – comme le font de nombreux évangéliques, protestants et pentecôtistes qui ont séparé la foi de l’obéissance à la loi et aux statuts de Dieu.

Et la loi de Dieu parle très spécifiquement de ces circonstances. Dans les décisions prises à ces sujets, le Conseil des Anciens a considéré les statuts de Dieu qui sont applicables et qu’Il a inspirés à nous transmettre pour révéler Son propre jugement à l’égard de ceux qui, par négligence, mettent leur prochain en danger. Nous voyons par exemple dans Deutéronome 22 :8 : « Quand tu bâtiras une maison neuve, tu feras un parapet à ton toit, de peur que tu ne rendes ta maison responsable du sang, si quelqu’un tombait de là » (Ostervald). À travers cet exemple, Dieu nous apprend que c’est un péché de négligence si nous mettons notre prochain en danger alors que nous aurions pu prendre les mesures préventives nécessaires – cela nous rend même « responsable du sang » versé.

Considérez également Exode 21 :28-29, où nous lisons que si un bœuf blesse quelqu’un à mort, l’animal doit être tué, pas le propriétaire. Mais ce passage dit aussi que si le propriétaire est au courant du danger que son bœuf représente et qu’il ne fait rien pour empêcher les accidents, alors à la fois le bœuf et son propriétaire devaient être punis de mort. Encore une fois, nous voyons le même principe biblique : lorsque nous pouvons prendre des mesures pour protéger notre prochain et que nous ne le faisons pas, Dieu considère que nous sommes responsables, au même titre que si nous lui causions directement du tort. Notre manque de volonté pour réduire le risque de causer du tort à notre prochain lorsque nous sommes en mesure de le faire est un péché selon la pensée de Dieu – et l’Église comprend depuis longtemps que cela a été révélé à travers Ses commandements et Ses statuts.

Certains pourraient prétendre qu’avec la foi, il ne serait pas nécessaire de construire un parapet sur le toit ou d’enfermer un bœuf agressif, puisque Dieu pourrait sauver l’individu qui fait une chute ou la prochaine victime du bœuf. Là encore, ce serait une parodie de la foi. Quiconque ignore les lois de Dieu, et Sa pensée qu’Il révèle à travers ces lois, n’a pas le droit de s’attendre à ce que Dieu empêche miraculeusement les conséquences de ses choix ou de ses actions.

Finalement, l’idée que nous n’avons pas besoin de prendre des précautions pendant les assemblées car nous avons la foi – l’idée que rien de mal ne puisse nous arriver « en présence de Dieu », que nous prenions des précautions ou non – contredit directement les actions que nous prenons habituellement pour protéger les personnes vulnérables dans nos congrégations. Nous honorons les « cheveux blancs » et la « personne du vieillard » dans le cadre de notre crainte de Dieu (Lévitique 19 :32, Ostervald). Nous empêchons nos enfants de courir dans les endroits où ils pourraient faire chuter des personnes âgées afin qu’elles ne se blessent pas en tombant. Chaque année, pour la Fête des Tabernacles, nous demandons aux membres de ne pas utiliser des parfums trop forts car cela peut représenter un danger léthal pour ceux qui sont allergiques à certains composés chimiques. Les douleurs des personnes infirmes et vulnérables – par exemple celles atteintes de neuropathie ou d’autres maladies – ne disparaissent pas soudainement en franchissant la porte de la salle d’assemblée et nous prenons soin de ces individus. Nous avons des responsables à l’accueil pour assurer la sécurité en interceptant des personnes étrangères à l’assemblée ou qui n’ont pas été invitées. Nous n’avons jamais considéré la « foi » comme une excuse pour éviter de prendre des précautions pour le bien de nos frères et sœurs en Christ. Si nous appliquons la « foi » seulement aux précautions que nous n’aimons pas personnellement, nous ne mettons pas la véritable foi en pratique. Nous faisons les choses à notre tête et nous qualifions cela « d’acte de foi ».

Il est impossible de considérer la foi comme une excuse pour faire quelque chose d’imprudent – ni comme une façon de juger ceux qui agissent avec prudence. Il est vrai qu’avec Dieu les lois de la nature ne s’appliquent pas forcément ! Le Sauveur qui a personnellement guéri des boiteux, rendu la vue aux aveugles, purifié des lépreux et ressuscité des morts, est toujours vivant, Il règne toujours sur Son Église et Il aime toujours Son peuple !

Mais cela signifie-t-il que nous devrions juger, et accuser de « manquer de foi », ceux qui se soucient du bien-être des personnes vulnérables et qui prennent des précautions pour les protéger ? Cela signifie-t-il que nous devrions juger un frère ou une sœur en Christ qui a été diagnostiqué(e) avec un cancer et qui décide de subir une chirurgie ou de suivre une chimiothérapie – voire les deux – de manquer de foi ? Lorsqu’un adolescent fait extrêmement attention à ne pas tomber malade car il vit sous le même toit que sa grand-mère de 80 ans, devrions-nous juger les sacrifices qu’il fait par amour et par compassion pour elle, en le qualifiant de peureux en raison de son manque de foi en Dieu pour la garder en bonne santé ? Devrions-nous qualifier sa sollicitude comme un exemple de « vivre dans la peur et non dans la foi » ? Les réponses à ces questions devraient être évidentes. « Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir » (Romains 14 :4).

Oui, Jésus-Christ est tout aussi capable d’accomplir des miracles aujourd’hui que dans le passé ! Mais Il s’attend aussi à ce que nous aimions nos frères et sœurs à la fois en paroles et en actions. Il déclara même clairement, par l’intermédiaire de Jean, que si nous n’aimons pas notre prochain, l’amour que nous prétendons avoir pour Dieu n’est pas véritable (1 Jean 4 :21 ; 3 :10). Et lorsqu’Il nous ordonne de montrer notre amour envers notre frère dans nos actions mais que nous refusons de le faire, Il nous rejettera même si nous avons la « foi » (Matthieu 7 :22-23). Jésus-Christ nous dit : « Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir » (Marc 11 :22-23). Oui, la foi peut déplacer des montagnes.

Mais Celui-là même qui a prononcé ces paroles a aussi inspiré un de Ses apôtres à mettre la foi en perspective, en écrivant : « Quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1 Corinthiens 13 :2). Le Dieu de la Bible – le Créateur qui est l’objet de notre foi – explique très clairement Son point de vue : si vous faites preuve de mauvaise volonté pour montrer votre amour envers votre prochain, même la foi pour déplacer des montagnes n’a pas de valeur.

Jacques 2 :14-17 parle de l’hypocrisie liée au fait d’utiliser la foi comme une excuse pour ne pas agir par rapport aux besoins de nos frères et sœurs. Quant aux œuvres de l’amour, nous devrions répondre au défi lancé par Jacques au verset 18 : « Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. »

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