Année 2003   Archives Afficher en grands caractères

Apprendre à pratiquer la voie de la paix

par John Ogwyn
(1949-2005)

A l’approche des Fêtes de l’Eternel, nos pensées sont dirigées avec raison vers l’époque que nous appelons le « Monde de Demain » – une époque au cours de laquelle les nations n’apprendront plus la façon de faire la guerre, les gens jouiront de la paix et de la sécurité à l’échelle mondiale. En cette époque de l’année, nous lisons souvent et nous entendons les commentaires sur les Ecritures qui décrivent le monde paisible, qui sera alors dirigé par le Gouvernement divin.

Bien souvent, nous nous demandons comment ce merveilleux Monde sera instauré de nos jours. Le Christ, lors de Son retour, claquera-t-Il simplement des doigts pour que l’humanité entière commence à avoir des pensées paisibles ? Ou bien, les gens auront-ils besoin d’une rééducation pour apprendre une voie différente, afin de vivre en paix les uns avec les autres ? Auront-ils besoin d’un enseignement détaillé, pour les aider à mettre en pratique la façon de s’aimer sincèrement ?

Le prophète Esaïe déclare que, dans la suite des temps, lors du Royaume de Dieu, la loi divine sortira de Sion (Esaïe 2 :3). La lecture et l’explication détaillée de la loi étaient autrefois associées à la Fête des Tabernacles (Deutéronome 31 :9-11 ; Néhémie 8 :18). Jésus amplifia et expliqua la loi dans toute sa dimension spirituelle, alors que beaucoup de prétendus chrétiens croient que Jésus remplaça la loi de l’Ancien Testament par la grâce du Nouveau Testament. Beaucoup sont prêts à reconnaître que Jésus enseigna à ceux qui L’écoutaient la façon de vivre : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 19 :19). Mais ils seraient surpris d’apprendre que cette phrase est une citation directe de la loi (Lévitique 19 :18) !

L’apôtre Jacques, le frère de Jésus, appela « la loi royale » ce principe d’aimer son prochain comme soi-même (Jacques 2 :8). Cette voie sera à la base de la voie de la paix, qui sera pratiquée dans le Monde de Demain. Cela est loin d’être une simple attitude agréable à entendre. Elle sera largement mise en œuvre dans les diverses relations humaines pour résoudre nos problèmes. La façon d’appliquer ce principe nous est apportée dans Lévitique 19 :18, où il nous est commandé d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Jésus déclara ces Ecritures comme faisant partie de la Bonne Nouvelle de l’arrivée du Royaume de Dieu. Il accentua, auprès de Ses disciples, l’importance de les pratiquer dans toutes leurs activités. Une question pleine de bon sens se pose : Comment pourrons-nous enseigner la voie de la paix aux autres, dans le Monde de Demain, si nous ne l’apprenons pas nous-mêmes ?

Il est nécessaire de mettre en pratique la voie de la paix dans notre vie, aujourd’hui, et d’anticiper ainsi le Monde de Demain. Examinons plus en détail comment la Bible définit la « voie de la paix ».

Les origines de la guerre

L’apôtre Jacques, le premier chef de l’Eglise de Jérusalem, expliqua l’une des principales causes de la guerre. Il déclara que les guerres viennent des passions et des convoitises (Jacques 4 :1-4). L’être humain a des désirs centrés sur lui-même, pour convoiter et posséder. Lorsqu’un individu se rend compte que quelqu’un d’autre possède ce que lui-même désire, il commence à raisonner sur la façon de l’obtenir pour lui-même. Dans Genèse 14, nous lisons qu’une alliance de plusieurs rois s’empara de l’ancien pays de Canaan et de ses richesses ; elle fit de nombreux captifs (dont Lot et sa famille) dans les villes de la plaine. Le désir ou la convoitise des richesses est à la base de nombreux conflits et de guerres à travers l’Histoire.

La vengeance a également été une grande source de conflits. D’anciennes disputes entretenues de génération en génération dégénèrent chaque fois que l’occasion se présente. Les Ecritures condamnent les descendants d’Edom pour le ressentiment qu’ils nourrissaient à l’égard des enfants d’Israël. Ces derniers sont connus pour leur désir de vengeance, et pour leur refus d’oublier d’anciennes querelles (Ezéchiel 35 :5).

Des mésententes sans solution furent également une cause de guerres et de conflits. Josué 22 donne un exemple de mésentente, qui risqua de mener à la guerre. Lorsque la conquête de Canaan fut terminée, six années après que les Israélites furent entrés dans le pays, les ressortissants des tribus de Ruben, de Gad et de la demi-tribu de Manassé furent autorisés à retourner à l’est du Jourdain, pour retrouver leurs fermes et leurs familles. Une rumeur se répandit parmi le reste des Israélites comme quoi ils construisaient un autel semblable à celui du tabernacle de Silo ! Persuadés que leurs frères avaient fondé leur propre lieu de culte concurrent, le reste des tribus israélites se préparèrent à partir en guerre pour les punir de la violation de l’alliance qu’ils avaient ainsi commise. Cependant, lorsqu’on demanda une explication aux Israélites situés à l’est du Jourdain, ils se rendirent compte que leur motivation était très différente. Ce qu’ils avaient construit n’était pas un centre de culte concurrent, mais était destiné à servir de mémorial afin d’établir un lien entre eux et leurs frères à l’ouest du Jourdain, ainsi qu’au tabernacle de Silo. De fausses suppositions sur les intentions des autres ont conduit à bien des conflits, à travers les âges.

Il existe une attitude particulière, inhérente à de nombreux conflits, qui provoque leur escalade et les empêche d’être résolus. Cette attitude, qui est à la base des conflits et des guerres, est l’orgueil ! Proverbe 13 :10 nous rappelle que « c’est seulement par orgueil qu’on excite des querelles ». L’apôtre Jacques nous dit aussi que Dieu résiste aux orgueilleux et procure Sa grâce en abondance – Son pardon non mérité – aux humbles (Jacques 4 :6).

Que cela nous plaise ou non, lorsque nous discutons des conflits majeurs entre nations, ou simplement des conflits entre membres de la famille ou avec des voisins, les causes fondamentales sont similaires – cupidité, mésentente et désir de vengeance. Le traitement de ces causes conduira à la fois les nations et les individus vers la voie de la paix.

La loi indique le chemin

Dieu inspira Moïse à exhorter le peuple pour qu’il soit saint, tout comme Lui-même est saint (voir Lévitique 19 :2). Le Créateur désire partager avec nous Sa gloire, et Il nous donne la possibilité d’acquérir Son caractère. Les versets 9 à 18 contiennent une série d’ordonnances, qui sont résumées par la déclaration suivante : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même. » Mais comment devons-nous pratiquer cet enseignement et comment nous conduit-il à la paix ?

Le premier point mentionné est la générosité envers ceux qui sont dans le besoin (versets 9 et 10). Lorsque les fermiers moissonnaient leurs récoltes, ils laissaient de côté les coins du champ et ne revenaient pas en arrière pour ramasser ce qui était tombé. Ils ne revenaient jamais en arrière pour récolter les derniers fruits. Tout cela était laissé au pauvre et à l’étranger. Dès le commencement, le peuple de Dieu apprit la voie contraire à l’égoïsme. L’égoïsme est motivé par le désir de prendre uniquement pour soi.

Le point suivant traite de l’importance de l’honnêteté dans toutes nos relations (voir versets 11-13). Les accords, ainsi que notre parole, doivent être tenus. D’une façon générale, les forts ne doivent pas prendre l’avantage sur les faibles. Les salaires doivent être payés complètement et en temps voulu. Agir autrement, c’est se rendre coupable de fraude envers notre prochain, et cela génère de l’hostilité.

Le verset 14 montre que nous devons respecter tout le monde, que cela nous plaise ou non. Une personne sourde ne peut pas se rendre compte si quelqu’un se moque d’elle. Un tel manque de respect est une marque de mépris envers un autre être humain. Un obstacle placé intentionnellement devant un aveugle, et qui risquerait de le faire chuter, est l’exemple d’une situation qui nous permet de comprendre une leçon : Nous devons vivre constamment en sachant que Dieu est présent. La question n’est pas de savoir si les gens peuvent se rendre compte de la façon dont nous traitons les autres. La question n’est même pas de savoir si les autres sont au courant du mépris que nous montrons à l’égard d’autrui. La vie doit être vécue devant Dieu, et non pas simplement devant les hommes.

Le verset 15 nous exhorte à être équitables envers tous. Nous ne devons pas avoir une double norme de justice, en favorisant le riche ou le pauvre. La personne avec qui nous sommes en contact est notre prochain, et sa position sociale ou son degré d’opulence ne doit pas influer sur notre façon de la traiter avec justice et équité. L’influence exercée sur les autres par des gens hauts placés nous a conduits à vivre dans une société injuste. Bien que cela se produise fréquemment dans le monde d’aujourd’hui, cela ne sera pas permis dans une société qui sera gouvernée par les lois divines.

Les versets 16 à 18 révèlent comment ceux qui aiment vraiment leur prochain comme eux-mêmes réagiront aux péchés d’autrui. Nous voyons aussi que les lois divines interdisent la plupart des comportements courants.

La loi nous rappelle que nous ne devons pas être des rapporteurs. Nous ne devons pas provoquer des scandales, mais nous devons parler à tous, et écouter tous ceux qui désirent faire la paix avec nous en cas de conflit. Tenter de faire des alliés pour simplement écraser les autres n’est pas la voie de la paix. Par la médisance, les péchés ne seront pas oubliés, et les conflits ne seront pas résolus en profondeur. Elle est souvent motivée par un désir de gain aux dépends d’une autre personne.

Nous n’avons pas le droit de garder rancune ou de chercher la revanche. Nourrir des ressentiments à propos de choses qui appartiennent au passé ne peut vraiment pas nous procurer du repos. Il y a des gens qui montrent leur ressentiment et leur hostilité, tandis que d’autres gardent de la haine dans leur cœur. Si nous pensons qu’il vaut mieux approuver les autres et faire semblant d’être d’accord avec eux pour en tirer profit, ou pour garder secrètement un ressentiment contre quelqu’un qui nous a fait du tort par le passé, nous sommes dans l’erreur ; ces façons d’agir sont condamnées par la loi divine.

Que faire alors ? Il faut aller trouver la personne et lui faire comprendre qu’elle est dans l’erreur. Il ne faut pas répandre des commérages à son sujet, pour lui faire du tort ou lui garder rancune. Il faut la confronter activement à son erreur et essayer de l’aider. Cela est, bien sûr, souvent plus difficile en pratique qu’en théorie. En fait, la plupart des gens redoutent la confrontation et cherchent à l’éviter. Il s’agit pourtant d’un commandement spécifique, contenu dans la « loi royale » d’amour envers notre prochain et envers nous-mêmes. Comment appliquer convenablement cette loi qui mène à la paix ?

La résolution des disputes

Dans Matthieu 18, le Christ aborda ce sujet avec Ses disciples. Comment traiter certaines erreurs afin que la paix, et non des conflits, puisse en résulter ? Il est important de comprendre ce point, car cela va au-delà de ce que nous avons besoin d’apprendre et de pratiquer dans l’Eglise de Dieu, aujourd’hui ; cela fait partie de notre préparation pour enseigner l’humanité dans le Monde de Demain.

Jésus-Christ mit l’accent sur l’aspect fondamental de l’humilité, ainsi que sur l’importance d’avoir l’esprit d’un petit enfant. Puisque les conflits et les différents viennent de l’orgueil, il est de la plus haute importance que les disciples du Christ se laissent conduire par l’humilité. Ce concept doit être préalablement bien compris, avant d’aborder les autres enseignements du Christ.

Le point suivant consiste à comprendre ce que signifie infliger ou recevoir une offense. Qu’est-ce que cela signifie dans ce contexte : être offensé ou offenser les autres ? Le mot grec skandalon est à l’origine des termes traduits par « offense » ou « offenser ». Dans son premier sens, il se réfère à quelque chose qui provoque une chute – en d’autres termes, une pierre d’achoppement ou un piège. Bien avant l’époque du Nouveau Testament, le mot désignait celui qui cause la chute de quelqu’un, ou qui constitue un piège dans sa vie – quelque chose qui contrarie la marche régulière du cours de son existence.

Jésus Lui-même fut considéré comme un skandalon (voir 1 Pierre 2 :7-8) par ceux qui désobéissaient à l’Evangile. C’était comme si leur désobéissance trébuchait sur la parole divine, parce que Jésus et Son message interrompirent leur cheminement dans la vie, provoquant ainsi un certain malaise chez eux. Plus simplement, skandalon est utilisé dans un sens négatif pour décrire un comportement qui heurte les autres sur le plan moral ou spirituel, provoquant leur chute ou leur éloignement du « chemin étroit ». Bien que le monde abonde d’occasions de chute pour influencer notre voie chrétienne, nous devons veiller à ce que notre comportement n’incite pas les autres à pécher, ou à trébucher dans leurs efforts de marcher avec le Christ. Nous devons extirper tout comportement qui pourrait entraîner les autres vers le péché.

Le Christ, notre Berger, insista sur l’importance qu’Il accordait à la brebis de Son troupeau qui a trébuché, ou qui s’est égarée (voir Matthieu 18 :11-14). Cela confirme la grande valeur que Dieu accorde à chaque membre de Son troupeau, et devrait dicter l’attitude à tenir envers celui qui a péché contre nous. Nous ne devons pas aller vers lui pour nous justifier nous-mêmes, ou pour lui demander de s’excuser d’avoir heurté notre sensibilité, quoique ces motivations soient humaines. Nous devons aller vers notre frère qui a péché avec un désir de l’aider à se détourner de son égarement !

Ce désir de « sauver » notre frère ne se limite pas, d’après les instructions du Christ, à tout simplement « laisser tomber l’affaire ». Si une conversation privée dans le but de l’aider, dans la bonne attitude, ne donne pas de bons résultats, vous devez revoir cette personne en prenant avec vous deux ou trois frères, afin qu’il n’y ait pas de malentendus. Si la seconde tentative échoue, l’affaire doit alors être soumise à l’Eglise.

Certains ont fait l’erreur de penser que remettre l’affaire « à l’Eglise », signifiait la rendre publique devant tout le monde. Ce n’est pas ce que la Bible enseigne. Signaler l’affaire « à l’Eglise » signifie la signaler à ceux qui détiennent l’autorité dans l’Eglise, comme nous pouvons le constater dans Actes 11 :29-30, quand une collecte fut organisée à Antioche pour les frères de Judée. Le verset 29 explique que cette collecte était pour les frères, et le verset 30 explique qu’elle était remise entre les mains des anciens, qui avaient la responsabilité de la distribuer aux frères. Les anciens qui avaient la charge ou la responsabilité de la congrégation (voir 1 Timothée 3 :4-5), agissaient au nom de l’Eglise. Le contexte de Matthieu 18 montre que le Christ parlait aux douze, et leur donnait l’autorité pour exercer des jugements. Cela doit être réalisé au nom du Christ, basé sur Son autorité – et non sur des idées ou des caprices d’hommes.

Matthieu 18 conclut en mettant l’accent sur l’importance d’être disposé à pardonner dans tous les domaines. L’apôtre Pierre pensa qu’il avait parfaitement compris cet enseignement du Christ, et se proposa de pardonner généreusement à quelqu’un qui aurait péché contre lui sept fois. Mais le Christ lui expliqua que ce n’était pas assez. Il conclut en donnant une parabole pour illustrer comment nous devons être disposés à pardonner à ceux qui ont péché contre nous, si nous voulons espérer que Dieu nous pardonne nos propres péchés. Le mot grec pour pardonner est aphiemi, et signifie littéralement « laisser aller » ou « laisser derrière ». Tel doit être notre comportement.

Un autre aspect fondamental de la voie de la paix est la manière dont nous allons vers un frère. Galates 6:1 insiste sur le fait que lorsque nous allons vers notre frère, notre motivation doit être la restauration d’une situation, et nous devons procéder dans une attitude de profonde humilité. Cela cadre exactement avec le contexte de Matthieu 18, où l’accent est le même : l’importance de l’humilité semblable à celle d’un enfant, et l’importance que Dieu donne au rétablissement de quelqu’un qui s’est égaré.

Notons cependant quelque chose de différent avec le point de vue que le Christ indiqua dans le sermon sur la montagne. Dans Matthieu 5 :23-24, Il mit l’accent sur le fait que si nous réalisons que quelqu’un a quelque chose contre nous, nous devons prendre l’initiative et rechercher la réconciliation en allant directement vers lui.

Pourquoi devons-nous aller vers notre frère ? Parce que nous sommes concernés pour lui ! Nous ne devons pas nous justifier auprès de lui, ou essayer de gagner une dispute. Lorsque nous reconnaissons qu’un différend s’est produit, nous devons rechercher la réconciliation. Quand quelqu’un a commis un péché contre nous, nous ne devons pas rechercher « la revanche », ou à le « mettre en difficulté ». Notre but est d’aider à rétablir notre frère dans la voie de la droiture.

Dans le monde d’aujourd’hui, les gens cherchent à promouvoir leurs propres intérêts. Ils ne recherchent pas vraiment la voie de la paix. Lorsqu’ils recherchent uniquement leur propre bonheur, ils agissent en tant qu’égoïstes vis-à-vis des autres, et ils génèrent ainsi des conflits individuels qui peuvent aller jusqu’à la guerre, lorsque les proportions atteignent un niveau national. La voie de la paix commence avec nous, individuellement, mais s’étend à toute la société – et finalement au monde entier.

Le Monde de Demain sera très différent de celui d’aujourd’hui. Tous apprendront la voie de la paix, qui est basée sur l’amour et l’appréciation des autres. Le Christ annonça à Ses disciples un message fondé sur le bon emploi de la loi de justice, qu’Il avait révélée par Moïse des siècles auparavant. La voie de Dieu a toujours été la voie de l’amour, et Sa parole nous enseigne comment mettre ce principe en pratique dans toutes nos relations avec autrui.

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