Année 2018   Mai-Juin Afficher en grands caractères

La génération grandiose ?

par Gerald Weston
Débarquement sur les plages de Normandie

Chaque génération a ses défis. L’historien Tom Brokaw qualifia de « génération grandiose » ceux qui traversèrent la Grande Dépression et qui combattirent pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il ne fait aucun doute que beaucoup d’entre eux ont connu des moments très difficiles en surmontant la brutalité d’une guerre qui a détruit les rêves et les espoirs de 70 millions de gens. Il est difficile d’imaginer ce qu’ont vécu les témoins directs de cette guerre, même avec la meilleure volonté du monde et les documentaires réalistes concernant cette époque. Si nous sommes ici aujourd’hui – les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de cette génération – c’est parce qu’une partie de ces gens a eu l’occasion d’en réchapper.

Serait-il trop cynique de se demander objectivement si cette génération fut réellement « grandiose » ? Ou est-ce simplement un bon titre de livre et un mantra que les gens ont répété sans se poser de questions ? Les gens de cette génération peuvent assurément garder la tête haute lorsqu’il s’agit de surmonter l’adversité. Les gens parlent souvent du « bon vieux temps », mais combien d’entre eux souhaiteraient vraiment revivre les difficultés de cette époque ? Personne ! Nous préférons le confort de l’eau courante, de la climatisation ou du chauffage central, ainsi qu’une voiture confortable avec les gadgets électroniques et surtout le siège chauffant quand il fait -10°C à l’extérieur !

Regardons de plus près

La plupart de ces progrès sont dus à cette génération de femmes et d’hommes intelligents et travailleurs. Ils nous ont donné la télévision, ils nous ont emmenés sur la Lune, et ils ont rendu la vie plus facile et plus sûre pour leurs descendants. Mais c’est peut-être sur ce dernier point que la génération grandiose a échoué. Dans leur volonté sincère d’offrir une vie meilleure à leurs enfants, ils ont créé une génération gâtée, ingrate et rebelle, tout au moins dans le monde occidental. Certes, tous les individus issus du baby-boom ne sont pas gâtés, ingrats et rebelles, mais beaucoup d’entre eux le sont. Au lieu d’être reconnaissants, ils blâment leurs parents des malheurs qu’ils ont rencontrés.

Les responsables de l’industrie musicale de la génération grandiose ont flairé la manne financière qu’ils pouvaient retirer du désir naturel de la jeunesse de tracer sa propre route. Ils nous ont donné le « rock and roll » et tout ce qui a suivi : le manque de respect envers l’autorité, la liberté sexuelle et la drogue. Les Beatles se sont exportés des clubs de Liverpool vers les États-Unis avec « I Want to Hold Your Hand » [Je veux tenir ta main], mais peu après le ton a changé. Leur chanson « I Am the Walrus » [Je suis le morse] véhiculait un message bien différent : « Fume de l’herbe, fume de l’herbe, tout le monde fume de l’herbe. » Personne ne peut nier l’impact de l’attitude libertaire des Beatles au sujet de la drogue sur la culture qu’ils ont si puissamment influencée. Bien entendu, ils n’étaient pas les seuls dans ce cas – autant pour leurs paroles suggestives que pour leur exemple dépravé.

L’héritage de la génération grandiose a été terni par un désir sincère, mais finalement malavisé, d’offrir une vie plus facile à leurs enfants. Toute la génération du baby-boom n’a pas suivi la mauvaise voie et ce n’est pas entièrement de leur faute si beaucoup se sont rebellés contre des événements qui les dépassaient.

Un changement d’idéologie

La plupart des choses qui sont apparues entre la Deuxième Guerre mondiale et notre époque proviennent de l’acceptation d’idées soi-disant scientifiques. Une grande partie de la génération grandiose adopta l’idée de Darwin d’une création sans Créateur, ainsi que les idées de théoriciens sociaux comme Karl Marx, encourageant la philosophie selon laquelle la fin justifie les moyens. Les théories de Sigmund Freud furent suivies par les travaux de Masters et Johnson, les pionniers de la sexologie, qui contribuèrent largement à la révolution sexuelle, puis John Dewey insuffla le libéralisme au sein de l’éducation aux États-Unis et ailleurs. Dr Benjamin Spock contribua à la promotion d’une approche encore plus permissive dans l’éducation des enfants, avec son livre Comment soigner et éduquer son enfant publié en 1946 (traduction française publiée en 1952 aux éditions Marabout). Tout ce que Spock a écrit n’est pas sans intérêt, mais il est allé trop loin et la génération du baby-boom a fini par devenir beaucoup moins responsable que ses aînés. Tout cela mis bout à bout a transformé le monde pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Malgré tous ses points positifs, la génération grandiose n’a pas su identifier ni vaincre ces mouvements aberrants.

Dans une bonne partie du monde occidental, c’est la première génération qui a toléré l’exclusion de la prière dans les écoles. L’autorité morale a été totalement perdue par une accumulation de mauvais choix faits au cours de ces 75 dernières années. Dieu a été mis à l’écart. La Bible a été remplacée par le « raisonnement » humain. La France, le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis et la plupart des nations occidentales ont adhéré à la doctrine de l’humanisme séculier – c’est-à-dire l’idée que vous pouvez avoir une société morale sans Dieu. Quels en sont les résultats ?

Ces peuples sont submergés par la corruption et l’ineptie des gouvernements, et ils se tournent désormais vers des dirigeants radicaux pour résoudre leurs problèmes. Nous observons aujourd’hui l’ascension d’individus autoritaires un peu partout dans le monde. Quand les gouvernements échouent à résoudre les problèmes du peuple, celui-ci est prêt à donner le pouvoir à un populiste. Parfois, un dirigeant fort prend les choses en main d’une façon positive. D’autres fois, des nations se retrouvent avec un Adolf Hitler ou un Benito Mussolini.

Peu de gens savent que le mot « dictateur » fut jadis employé dans un sens positif. À l’origine, la République romaine n’était pas gouvernée par un, mais par deux hommes. Lorsqu’une crise financière ou militaire éclatait, un des deux était alors désigné pour diriger le pays sur une courte période d’environ six mois. Les Romains comprenaient qu’il était nécessaire d’avoir un dirigeant fort pour prendre des mesures décisives dans les moments difficiles. Il portait le titre de dictateur. Une fois la crise terminée, la nation revenait à une gouvernance à deux têtes.

L’Angleterre fut ainsi dirigée par un chef puissant, en la personne de Winston Churchill, mais la nation n’était ni prête ni désireuse d’avoir un tel homme avant, ou après, la Deuxième Guerre mondiale. Cet homme, qualifié « d’homme du siècle » par le magazine Time, fut mis à l’écart dès la fin de la période de crise.

Depuis des décennies, l’Église de Dieu proclame l’ascension d’un puissant dirigeant – le monde commence seulement à reconnaître cette éventualité, comme en témoignent quelques grands titres récents. Le prophète Daniel prophétisa l’apparition d’un roi du Nord et d’un roi du Sud à la fin des temps (Daniel 11). Le livre de l’Apocalypse mentionne un puissant chef politique, appelé la bête (le roi du Nord), ainsi qu’un grand chef religieux, appelé le faux prophète (l’Antéchrist).

Comme le révèlent les Écritures, la bête et le faux prophète apporteront au monde un semblant d’ordre, de paix et de prospérité, mais cette euphorie sera temporaire et cessera soudainement (Apocalypse 17 :12 ; 18 :9-10).

Notre monde glisse vers une période de grande difficulté, car chaque nouvelle génération s’éloigne un peu plus de Dieu. Dieu nous avertit ainsi dans Romains 1 :18-19 : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. »

Des générations dans le déni

En explorant le fonctionnement interne des cellules vivantes, l’homme est confronté à un design, à une machinerie et à une ingénierie, que Charles Darwin était bien incapable d’imaginer. À l’intérieur de nos cellules, il existe comme des machines à protéines qui transportent les éléments d’un point à un autre le long d’autoroutes. Il y a des systèmes d’élimination des déchets, des usines de recyclage et des mécanismes de communication. Voyez cette citation tirée du livre de Michael Denton, Évolution : une théorie en crise :

« La biologie moléculaire a montré que même les plus simples des systèmes vivants, les cellules bactériennes, sont d’une extrême complexité. Malgré sa taille incroyablement minuscule […] la plus petite des bactéries est en effet une véritable usine miniature dotée d’une puissante machinerie moléculaire, riche de milliers de pièces magnifiquement conçues ; ce système – composé d’une centaine de milliards d’atomes – est beaucoup plus complexe que n’importe quelle machine fabriquée par l’homme et absolument sans équivalent dans le monde inorganique » (page 258, éditions Flammarion, traduction Nicolas Balbo).

Notez cette déclaration impressionnante : « … beaucoup plus complexe que n’importe quelle machine fabriquée par l’homme » ! Les scientifiques qui croient à l’évolution peuvent le vérifier ! Pensez à ce que cela implique. Même l’avion le plus moderne ne peut rivaliser avec la complexité des cellules vivantes ! Et nous devrions croire qu’elles sont apparues par hasard !

L’ADN n’est rien d’autre qu’un code écrit par une Intelligence hautement supérieure à la nôtre. L’apôtre Paul n’avait pas la moindre idée des découvertes actuelles, mais il écrivit dans Romains 1 :20 : « En effet, les perfections invisibles de Dieu […] se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. »

Seuls les individus les plus endurcis, les plus séduits par les préjugés ou par l’ignorance peuvent croire que la vie, dans toute sa beauté, sa conception et sa complexité, est le fruit du hasard ; mais l’humanité a décidé de croire à un mensonge plutôt qu’à Dieu (verset 25). Le résultat a été annoncé à l’avance : « Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes » (Romains 1 :28).

La situation actuelle est le résultat du rejet de Dieu. Un esprit dégradé est dépourvu de jugement. Le déclin moral dans notre monde est difficile à décrire. Cela n’a aucun sens ! Il n’y a pas de mots pour expliquer ce que nous voyons ! Ne soyons pas surpris de lire qu’un ange fera une marque sur le front de ceux qui seront épargnés, à la fin des temps : « Et il appela l’homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture […] Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent » (Ézéchiel 9 :3-4). Ces versets parlent de Jérusalem, mais n’oublions pas que Jérusalem symbolise la maison d’Israël à la fin des temps (Ézéchiel 4 :1-3).

Une génération honorable, mais trop charnelle

Chaque génération a ses moments de grandeur ou de honte. La génération grandiose a certainement connu des moments de gloire. Elle fut composée de rescapés et de battants, qui ne connaissaient pas la paresse ! Individuellement, beaucoup ont effectué un travail remarquable dans l’éducation de leurs enfants. Je suis d’ailleurs un de ces enfants et j’admire l’amour, la sagesse et l’équilibre dont mes parents ont fait preuve pour nous élever, ma sœur et moi. Ils n’étaient pas parfaits, mais ils étaient de bons parents. Malheureusement, nous ne pouvons pas dire que cette génération, dans son ensemble, s’en est bien sortie. Leurs enfants, ma génération, ont apporté d’innombrables problèmes dans la société. Ils ont accompli les paroles des Proverbes : « Il est une génération qui maudit son père et qui ne bénit pas sa mère, une génération pure à ses propres yeux et qui n’est pas lavée de son ordure, une génération – que ses yeux sont hautains, et ses paupières élevées ! – une génération dont les dents sont des épées et les molaires des couteaux, pour dévorer les affligés de dessus la terre, et les nécessiteux d’entre les hommes » (Proverbes 30 :11-14, Darby). Malheureusement, les générations suivantes ont fait pis encore.

La génération grandiose ? Peut-être pas aussi grandiose que nous aimerions nous en souvenir.

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