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Le calendrier hébreu et l’Eglise de Dieu

par John Ogwyn
(1949-2005)

Au cours des dix dernières années, l’Eglise a vu monter une controverse au sujet du bien-fondé de l’usage du calendrier hébreu pour la célébration des Jours saints divins commandés. Au cours de l’Histoire, l’Eglise fit usage du calendrier conservé par la communauté juive. Certains ont objecté que, depuis l’époque de Jésus et des apôtres, les Juifs n’avaient pas préservé correctement le calendrier, et que la tradition humaine l’avait altéré. Est-ce vrai ? Disposons-nous d’un fondement biblique pour certifier que le calendrier sur lequel nous nous basons aujourd’hui est, en substance, le même qui était utilisé par Jésus et Ses apôtres ?

Confronté à ce sujet, M. Herbert Armstrong avait conclu, il y a longtemps, que Romains 3 :1-3 attestait que le calendrier, au même titre que les textes hébreux de l’Ancien Testament, faisait partie des oracles de Dieu. De ce fait, il concluait que l’Eglise était tenue d’employer le calendrier conservé par les Juifs, y compris ses « ajournements » – c’est-à-dire les quatre règles qui fixent le jour proclamé comme premier jour du mois de Tishri, date à partir de laquelle tous les autres jours de l’année sont déterminés. Récemment, cependant, quelques personnes critiques prétendirent que les « ajournements » n’étaient qu’une invention rabbinique du quatrième siècle, ignorée de l’Eglise apostolique.

Précédemment, l’Eglise a publié plusieurs articles expliquant les principes de base, ainsi que le mode de fonctionnement du calendrier. Ce bref article n’a pas la prétention de plagier ces publications, mais simplement de tenter de répondre à la question de savoir si, oui ou non, nous sommes capables de prouver que les règles actuelles de détermination du calendrier – y compris les « ajournements » – étaient en vigueur à l’époque du Christ. Effectivement, nous pouvons le prouver ! Voici comment !

Il est facile de prouver, par la Bible, que si Jésus avait dû rester dans la tombe pendant trois jours et trois nuits, comme Il l’avait dit, Sa crucifixion n’aurait pu avoir lieu qu’un mercredi. Ensuite, il est clair que la Pâque de cette année-là tombait un mercredi, et que le premier jour saint de la Fête des Pains sans levain (le grand jour de sabbat de Jean 19 :31) tombait un jeudi. Dans le choix d’une année susceptible de correspondre à l’année de la crucifixion, il n’y en a que deux dont la Pâque tombait un mercredi. L’une est l’année 30, avec la Pâque qui tombait normalement un mercredi. L’autre est l’année 31 dont la Pâque ne pouvait tomber un mercredi qu’à la condition d’appliquer effectivement les règles actuelles de calcul du calendrier juif (incluant les “ajournements”). Pouvons-nous savoir, à coup sûr, quand la crucifixion eut lieu ?

La réponse est un « oui » éclatant – et la clé se trouve dans les Ecritures. Dans Daniel 9, le prophète rapporte que 70 « sept » (sept au pluriel dans l’original hébreu) avaient été fixés sur le peuple de Dieu. Du décret de restauration et de reconstruction de Jérusalem jusqu’au Messie, il devait s’écouler 69 semaines prophétiques. Le Messie devait être retranché au milieu de la 70ème semaine. Cette prophétie concernant les trois ans et demi de ministère est confirmée par l’étude attentive du récit des Evangiles.

Le Christ fut crucifié au printemps ; Son ministère débuta donc trois ans et demi plus tôt, en automne. Si le Christ était crucifié en l’an 31, Il serait baptisé par Jean-Baptiste en automne 27. Mais s’Il était crucifié en l’an 30, Son baptême aurait eu lieu en automne 26. Qu’en est-il ?

Les 69 semaines prophétiques qui partaient du décret de reconstruction, pour aboutir à l’apparition du Messie correspondent à 483 ans. Le décret est celui qui est mentionné dans Esdras 7, rédigé par Artaxerxés dans la septième année de son règne et transmis à Jérusalem par Esdras, au cinquième mois de cette même année. Ainsi, la question est simple : Quelle est la date de la septième année d’Artaxerxés ?

Le livre intitulé Babylonian Chronology 626 B.C to A .D 75 (Parker and Dubberstein, Brown University Press) est une bonne source de renseignement pour la datation du règne d’Artaxerxés, car il repose sur la traduction d’anciennes inscriptions et d’anciens documents babyloniens. Ce livre date clairement l’accession au trône d’Artaxerxés à la mort de son prédécesseur Xerxès, à l’an 464 av. J.-C. Après avoir été intronisé en juillet / août de l’an 464 av. J.-C., Artaxerxés termina « l’année de son accession au trône » – qui était aussi la dernière année du règne de Xerxès – puis, en automne 464 av. J.-C., il entama la première année attribuée à son propre règne. Il est à noter, à ce stade, que la vaste majorité des érudits sérieux, en dehors de ceux qui le sont en matière biblique, sont d’accord avec cette date de 464 av. J.-C. Toute autre date présente des incohérences de datations historiques ; ainsi, nous pouvons commodément nous fier à l’an 464 av. J.-C., en accord avec les érudits dont la préoccupation n’est pas de s’intéresser aux controverses sur le calendrier ou sur les « ajournements ».

Pour trouver la date de la fin des 69 semaines prophétisées, nous devons savoir si le récit biblique tient compte de l’année d’Artaxerxés se comptant d’un printemps à l’autre, ou d’un automne à l’automne. Si nous comptons de printemps à printemps, la première année d’Artaxerxés commence en avril 464 et finit en avril 463. Sa septième année s’étendrait donc du printemps 458 au printemps 457. Cela signifierait qu’Esdras apporta le décret à Jérusalem à la fin de l’été 458. Les 69 « semaines » prophétiques se seraient donc achevées en 26 apr. J.-C.

Calculer d’un printemps à un autre printemps était une pratique conventionnelle à Babylone. Dans l’ancien temps, plusieurs nations commençaient l’année au printemps, tandis que d’autres le faisaient en automne. Ici, la façon de compter de printemps à printemps et d’automne à automne se réfère à la manière dont le règne d’un roi était calculé. Selon l’époque, Israël et Juda utilisèrent l’une ou l’autre méthode en ce qui concerne leurs rois. Ces méthodes différentes étaient également utilisées en d’autres occasions ; l’année religieuse commençait toujours au printemps, mais l’année sabbatique et celle du Jubilé partaient de l’automne (Lévitique 25 :8-9).

L’auteur d’Esdras-Néhémie, traditionnellement réunis en un seul livre dans les Ecritures hébraïques, utilisait-il la manière de compter de printemps à printemps, ou d’automne à automne ? Si le système d’automne à automne avait été adopté, l’arrivée d’Esdras aurait dû avoir lieu à la fin de l’été de l’an 457 av. J.-C., ce qui conduirait à l’apparition du Messie en l’an 27 apr. J.-C. et Sa crucifixion en l’an 31.

Pouvons-nous être certains de la méthode employée par l’auteur biblique ? Pouvons-nous déterminer si la crucifixion eut lieu en 30 ou en 31 de notre ère ?

Absolument !

Remarquez Néhémie 1 :1. Ici, sont mentionnées des nouvelles qui furent rapportées à Néhémie au mois de Kisleu (au neuvième mois, correspondant au mois de décembre) au cours de la vingtième année d’Artaxerxés. Puis, dans Néhémie 2 :1, nous lisons que le roi remarqua le visage triste de Néhémie ; c’était au mois de Nisan (le premier mois correspondant au mois d’avril) durant cette vingtième année d’Artaxerxés. Comprenez-vous la signification de tout cela ? Au printemps suivant, c’est-à-dire quatre mois après l’annonce de nouvelles faites dans Néhémie 1 :1, le roi était encore dans la vingtième année de son règne ! Cette preuve décisive prouve que l’auteur d’Esdras-Néhémie comptait l’année d’automne à automne ! Si la manière de compter partait d’un printemps à l’autre, le mois de Nisan mentionné dans ce passage aurait marqué le commencement de la 21ème année de règne du roi.

Ici, la preuve biblique définitive est que l’an 457 av. J.-C. correspond à la date du décret d’Artaxerxés. Cela veut dire que le Christ fut crucifié en 31 de notre ère. Cette année-là, il n’y avait qu’un seul moyen pour que la Pâque correspondît à un mercredi, comme le récit des Evangiles l’indique clairement : les règles de calcul du calendrier, incluant les « ajournements », étaient utilisées par le Sanhédrin à l’époque du Christ et de l’Eglise apostolique. En adoptant le calendrier juif actuel comme norme, nous suivons l’exemple de Jésus-Christ Lui-même et de l’Eglise primitive !

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