Année 2001   Archives Afficher en grands caractères

Le calendrier hébreu – première partie

Est-il encore valable pour l’Eglise d’aujourd’hui ?

par John Ogwyn
(1949-2005)

Depuis 1986, le calendrier est devenu un sujet constant de controverses doctrinales dans l’Eglise de Dieu. Beaucoup d’articles et de papiers ont porté le débat sur différents modes de calcul des dates des Fêtes annuelles, et une demi-douzaine de calendriers et de méthodes de calcul différents ont été proposés.

Cet état de choses a troublé plusieurs Frères sincères, qui ne demandent qu’à plaire à Dieu. A cause de cette controverse, ils se posent des questions. Mais Dieu S’attend-Il à ce que chaque membre de l’Eglise devienne, individuellement, un expert en matière de calendrier ?

Il est possible de comprendre le « sujet du calendrier » en se posant trois questions simples, et ensuite de les résoudre par la Bible. Les règles du calendrier hébreu actuel sont-elles conformes aux principes et aux directives bibliques ? Dieu S’attend-Il que chaque chrétien détermine un calendrier pour lui-même, ou a-t-Il confié à une certaine autorité la responsabilité de prendre les décisions en cette matière ? Finalement, peut-on réellement savoir quel était le calendrier que Jésus et Ses apôtres utilisaient ?

Le calendrier hébreu repose-t-il sur la Bible ?

La Bible donne-t-elle les principes qui déterminent le calendrier que nous devrions utiliser, pour l’observance des Fêtes divines ? Si tel est le cas, quels sont ces principes et où se trouvent-ils ? Premièrement, demandons-nous si le calendrier pourrait reposer sur des indications physiques de la nouvelle lune, ou s’il devrait être déterminé par calcul. Certains font valoir que la seule façon valable de déterminer le début d’un nouveau mois est de constater, visuellement, le mince croissant de la nouvelle lune correspondante. La Bible résout-elle le problème soulevé par cet argument ? Absolument !

Le mot hébreu chodesh est traduit par « mois » dans la plupart des versions de la Bible. Le sens de sa racine veut dire « remise à neuf » ou « réparation ». La lune tourne en orbite autour de la terre, en passant par différentes phases selon que sa position change par rapport au soleil et à la terre. Tous les 29 jours et demi, approximativement, la lune est en conjonction exacte entre la terre et le soleil, de sorte que ces trois corps célestes se retrouvent sur le même axe l’un par rapport aux autres (quoiqu’ils ne soient pas nécessairement sur le même plan). Dans cette conjonction, la lune est totalement sombre, ne réfléchissant aucun rayon qui parvienne du soleil. Selon l’endroit où se trouve l’observateur et la position de la terre au moment de la conjonction, la nouvelle lune ne sera généralement pas visible avant une ou deux journées.

Notez que le fait de baser le nouveau mois, d’après l’aspect visible de la nouvelle lune, implique qu’il faudrait observer la Fête des Trompettes pendant deux jours ! Un observateur ne peut pas savoir, à l’avance, quel sera le jour où il verra la nouvelle lune. En fonction du temps exact que durera la conjonction, il pourra voir le croissant soit le 30ème jour, soit le 31ème jour après avoir constaté le nouveau croissant précédent. Puisque les jours commencent au coucher du soleil, les observateurs qui voudraient célébrer comme période sainte le 30ème jour qui suit le nouveau croissant du mois de Elul (le 6ème mois), pourraient espérer voir le nouveau croissant ce même soir, mais ils auraient généralement plus de chance de le voir le soir suivant.

C’est pour cette raison que, même en Israël, des Juifs qui suivaient les traditions des pharisiens, observaient la Fête des Trompettes pendant deux jours consécutifs. Sans célébrer une Fête qui dure deux jours – pour être certain de tomber sur le bon jour – il est impossible de baser la célébration de la Fête des Trompettes sur le premier jour du septième mois en fonction de l’observation visuelle de la nouvelle lune. Néanmoins, l’examen de Lévitique 23 et Nombres 29 montre clairement que la Fête des Trompettes doit être observée sur un seul jour, et non sur deux. Cela nous permet de comprendre que le calendrier peut être déterminé par calcul, afin que le jour de la nouvelle lune puisse être prévu à l’avance.

Il y a encore un autre sujet plus significatif – l’année intercalaire – qui requiert également un calendrier calculé d’avance. Les années intercalaires sont celles qui comportent un treizième mois. Douze mois lunaires font juste 354 jours. Une année solaire fait, quant à elle, 365 jours. En utilisant un calendrier exclusivement basé sur 12 mois lunaires, cette différence de 11 jours causerait un décalage des Fêtes qui tomberaient environ un mois plus tôt, tous les trois ans, par rapport à l’année solaire et aux saisons. Cependant, Lévitique 23 :10-11 montre que les sacrificateurs devaient offrir une gerbe d’orge d’un omer comme offrande qu’il fallait agiter devant l’Eternel le dimanche, durant la Fête des Pains sans Levain, ce dimanche étant le jour où commençait le décompte des cinquante jours jusqu’à la Pentecôte. Il est clair que le premier mois d’Abbib, ou Nisan, ne pouvait pas tomber avant que l’orge fût mûr afin d’être disponible pour l’offrande. Il était donc nécessaire qu’un treizième mois soit intercalé tous les trois ans. Mais comment cette disposition était-elle décidée ?

Les partisans de l’observation visuelle disent que les sacrificateurs examinaient la production de grain chaque année avant la fin du 12ème mois, et s’ils constataient qu’ils ne seraient pas mûrs assez tôt, ils ajoutaient un treizième mois pour repousser le premier mois d’environ 30 jours. La seule alternative consistait à avoir un cycle régulier, calculé par les sacrificateurs, pour déterminer quelles seraient les années de douze mois et quelles seraient les années de treize mois. Y a-t-il des arguments bibliques qui nous renseignent sur ce que faisaient les sacrificateurs ? Sans nul doute !

Actes 2, par exemple, nous rappelle que les Juifs venaient à Jérusalem de toutes les contrées connues à cette époque. Si la détermination du treizième mois n’avait été décidée que quelques semaines avant la Pâque, comment les Juifs du monde entier auraient su quand venir à Jérusalem – ou quand célébrer la Pâque dans le pays où ils étaient ? Un nombre important de gens l’aurait célébrée soit trop tôt, soit trop tard ! N’oubliez pas qu’à cette époque, le téléphone n’existait pas et qu’il n’était pas possible de communiquer instantanément via Internet ! Or, ni dans un cas, ni dans l’autre, on ne constate de confusion en cette matière parmi les Juifs de la Diaspora.

Comment un calendrier déterminé par calcul aurait-il pu être élaboré dans l’antiquité ? Anciennement, l’homme avait deux possibilités de connaître le moment de la nouvelle lune. L’une consistait à guetter visuellement l’apparition du croissant ; l’autre consistait en un calcul basé sur le temps moyen entre les conjonctions.

Aujourd’hui, certains souhaitent offrir un calendrier de substitution basé non pas sur des moyennes ou des observations, mais sur des formules communiquées par la NASA ou par l’Observatoire de la Marine américaine. Ces formules ont été trouvées à partir d’observations faites par satellite, et sont supposément plus précises que les statistiques à partir desquelles le calendrier traditionnel hébreu était calculé.

Comprenez bien que, s’il y a un calendrier dont nous ne pouvons absolument pas prouver qu’il fût utilisé par le Christ et l’Eglise apostolique, c’est celui qui est basé sur les observations faites par satellite ! Le seul calendrier déterminé par calcul dont il était fait usage jusqu’en 1968, environ, était celui qui était basé sur la durée moyenne du temps entre les conjonctions.

Comment ces moyennes étaient-elles obtenues ? Les conjonctions du soleil, de la lune et de la terre ne sont pas visibles, sauf en cas d’éclipse solaire. Les éclipses solaires ne peuvent se produire qu’au moment d’une nouvelle lune. Puisque l’orbite lunaire est normalement de quelques degrés au-dessus, ou de quelques degrés en dessous du plan formé par l’orbite terre-soleil, la lune est habituellement invisible lorsqu’elle est dans l’alignement de l’axe formé entre la terre et le soleil – au moment d’une conjonction. Cependant, lorsque dans sa course la lune se tient dans le même plan que l’orbite terre-soleil, elle fera écran au soleil et provoquera une éclipse du soleil.

Une éclipse lunaire, qu’il est beaucoup plus fréquent de voir de la terre qu’une éclipse solaire, est l’exact opposé d’une éclipse solaire. Elle ne peut se produire qu’au moment de la pleine lune, exactement à mi-chemin entre les conjonctions, lorsque la lune est du côté opposé de la terre éclairé par le soleil. En enregistrant soigneusement les époques où avaient lieu ces éclipses, et en calculant la quantité de temps entre elles, les anciens étaient capables de quantifier un temps moyen entre les conjonctions. Nous parlons d’une « moyenne », car le temps réel peut varier de quelques heures d’un mois sur l’autre, principalement à cause de la forme elliptique de l’orbite terrestre autour du soleil, et des conséquences qui en résultent sur l’attraction gravitationnelle exercée sur la lune. Alors que les satellites peuvent enregistrer des conjonctions invisibles de la terre, les anciens ne pouvaient faire que des calculs basés sur des moyennes.

En utilisant les éclipses, le temps moyen entre les conjonctions du soleil, de la lune et de la terre peuvent être déterminés. Cette formule peut ensuite être utilisée au calcul des nouvelles lunes au cours des années – et des siècles – à l’avance. Tandis que la conjonction exacte (invisible de la terre sauf au cours d’une éclipse solaire) peut différer de quelques heures du molad (terme hébreu désignant la « naissance » de la lune) qui aura été calculé, le calcul des moyennes ne tient pas compte de ces quelques heures. D’ailleurs, ces dernières sont toujours très rapprochées ; et l’accumulation du temps perdu ou du temps gagné ne compte pas, même sur plusieurs siècles.

Le calendrier hébreu compte 29 jours, 12 heures et 793 parties (une heure contenant 1080 parties) pour la durée d’un mois lunaire. Cela se traduit sous la forme décimale de 29,53059 jours. Selon la 15ème édition de l’Encyclopædia Britannica, les astronomes modernes, qui utilisent des satellites et des ordinateurs, sont arrivés à un résultat de 29,530589 – soit un millionième de jour de différence !

Comment le calendrier hébreu fut-il établi pour calculer la durée moyenne d’un mois ? Certains objectent que les Hébreux prirent leurs chiffres des astronomes babyloniens ou grecs. Mais cette théorie achoppe sur un point. Le calcul utilisé par les Grecs, les Babyloniens et les Egyptiens n’étaient pas aussi précis que celui des Juifs ! Si nous acceptons que l’ancien Israël avait emprunté ses chiffres à l’un de ses anciens voisins, pourquoi, dans ces conditions, les modifièrent-ils ? Comment pouvaient-ils savoir qu’en les modifiant, ils tomberaient juste, les rendant plus précis que ceux qui étaient employés par n’importe qui d’autre ? Souvenez-vous que l’ancienne formule qui servait à calculer le calendrier hébreu, 29,53059 jours par mois, était la même que celle utilisée par la NASA jusqu’en 1968, juste avant que les satellites et les ordinateurs permettent d’ajouter une décimale supplémentaire. Comment les anciens mathématiciens israélites étaient-ils arrivés à la même formule que nos contemporains ? Exode 31 :1-11 montre que l’Esprit de Dieu avait inspiré deux hommes, Betzaleel et Oholiab, afin qu’ils aient une intelligence et un savoir spéciaux pour être habiles à réaliser les choses nécessaires au tabernacle. L’Esprit de Dieu n’était-il pas capable de couvrir un homme qui aurait eu une certaine intelligence pour faire des calculs astronomiques et fixer le calendrier ? Il est clair que quelqu’un fit un calcul qui fut conservé jusqu’à la décennie qui vit les Etats-Unis envoyer un homme sur la lune !

La Bible laisse-t-elle penser que les éclipses étaient une base de calcul du temps qui séparait une nouvelle lune d’une autre ? Oui, certainement ! Notez Genèse 1 :14. Dieu plaça le soleil et la lune comme signes pour marquer le temps. Le mot hébreu pour signe est « ot », un terme qui se réfère à des signes remarquables et spectaculaires. Par exemple, il est utilisé dans Exode 4 :8-9 pour décrire les prodiges spectaculaires que Dieu réalisa dans l’ancienne Egypte. Il n’y a pas de signes plus spectaculaires que des éclipses lunaires ou solaires, lorsque ces astres sont en correspondance. Ces signes constituent la base d’un calendrier déterminé par calcul.

En plus, les corps célestes étaient destinés à déterminer ce que la version Louis Segond nomme les « époques » et que la version d’André Chouraqui traduit par « les rendez-vous ». Le mot hébreu est mo’ed. Ce même terme est employé dans Psaume 104 :19 où nous apprenons que Dieu « a fait la lune pour marquer les temps [mo’ed] ». En d’autres termes, les phases de la lune déterminent la progression du mois. Les Fêtes annuelles de Dieu sont soit en correspondance avec la nouvelle lune au commencement d’un mois, soit avec la pleine lune au milieu du mois.

D’autres indications bibliques concernent le calage saisonnier de la Pâque et de la Fête des Tabernacles. Il nous est dit que la Fête des Pains sans Levain doit être célébrée au mois d’Abib, qui signifie « épis verts » (Exode 23 :15). Grâce à Lévitique 23, nous apprenons aussi que, lorsque Israël entra dans la Terre promise, il y eut une cérémonie célébrée par les sacrificateurs, comportant l’offrande d’une gerbe agitée, l’omer, le dimanche qui tombait pendant les jours des Pains sans Levain. La récolte de grain ne pouvait pas commencer avant cette cérémonie. Cette condition exigeait donc que la Pâque ait lieu au début du printemps.

Exode 34 :22 se réfère aussi à la Fête des Tabernacles qui vient à la « fin de l’année » (en hébreu tekufah). Ce terme signifie littéralement un « circuit » ou une « révolution » de temps – c’est-à-dire un cycle. Beaucoup plus tard, en hébreu rabbinique, tekufah devint un terme technique se référant à l’équinoxe, et par extension à la saison correspondante. Néanmoins, il faut faire attention de ne pas imputer à Moïse l’usage technique inventé par le rabbinisme médiéval. Le mot, utilisé seulement quatre fois dans l’Ancien Testament, avait un sens plus général. On le rencontre dans 1 Samuel 1 :20, où il se réfère au temps passé entre la conception d’Anne et la naissance de Samuel. Dans 2 Chroniques 24 :23, tekufah se réfère à la durée de l’année au cours de laquelle la Syrie attaqua Juda. Dans Psaume 19 :6, il se réfère au cycle journalier du soleil dans le ciel. Enfin, Exode 34 :22 donne à entendre que la Fête des Tabernacles devrait se célébrer lorsque le cycle de l’année agricole est complet, vers l’époque où l’été cède la place à l’automne. Ce dernier point est abordé d’une manière légèrement différente dans Exode 23 :16. La version Louis Segond traduit que la Fête des Tabernacles a lieu « à la fin de l’année », mais cette fois-ci, il s’agit de la traduction d’un mot complètement différent qui signifie littéralement « à la sortie » de l’année. C’est le même terme qui est utilisé dans Exode 13 :8, où il est dit qu’Israël est sorti d’Egypte. En d’autres termes, la Fête des Tabernacles arrive « à la sortie » de la saison de la moisson de l’année agricole, juste après que la récolte ait été engrangée (c’est pourquoi le terme « Fête de la Récolte » est utilisé), afin de la mettre à l’abri de la saison pluvieuse qui arrive. Cette saison de Fête du septième mois était célébrée lorsque l’été ouvre la porte à l’automne. Soutenir que tekufah ne se réfère pas à une certaine période de temps, avant l’équinoxe d’automne, revient à accréditer la définition du Talmud – et non pas celle de la Bible – et exige de mettre de côté des textes qui furent écrits seize siècles plus tôt.

Nous avons vu que, selon la Bible, il est nécessaire de recourir à un calendrier basé sur des calculs, afin que la Fête des Trompette puisse être célébrée sur un jour, et non sur deux. Cela démontre également que les positions du soleil, de la lune et de la terre entre elles devaient être factorisées, et que le décompte des jours du mois devait être déterminé selon les phases de la lune. Nous avons également vu que la célébration des Fêtes était liée à la fois au début de la moisson (de printemps) et au temps où les récoltes étaient mises à l’abri dans les greniers à la fin de l’été. Mais les autres aspects du calendrier, tels que les prétendus « ajournements », sont-ils également nécessaires et basés sur des indications bibliques ?

Il est à noter que, dans le calendrier hébreu, la nouvelle lune du septième mois (Tishri) est déterminée par calcul plutôt que celle du premier mois (Abib). C’est aussi la seule nouvelle lune qui soit une période sainte – et aussi la plus essentielle. Les autres jours saints sont déterminés par rapport à elle. Il y a aussi une raison astronomique à cela, car le temps qui s’écoule entre l’équinoxe vernale (du printemps) et l’équinoxe automnale est d’environ une semaine plus long que la période suivante entre l’équinoxe d’automne et celle du printemps, dans le cycle d’une année.

Les « ajournements » ne sont que des ajustements du calendrier qui sont pratiqués pour déterminer le premier jour de Tishri. Bien qu’on dise, généralement, qu’il y a quatre règles pour les ajournements, en fait deux sont primordiales. Les deux autres ne sont que l’extension logique des précédentes, et garantissent que l’année ne comportera ni trop, ni pas assez de jours.

La première règle dit en substance que si la conjonction basée sur le calcul, le molad de Tishri, tombe l’après-midi d’un jour donné, le premier jour du mois est « ajourné » au jour suivant. Cette règle résulte de la façon dont le temps est mesuré sur une terre ronde, et du temps qu’il faut à la lune pour sortir de la conjonction et dépasser l’arc du soleil. Après tout, le terme de « nouvelle lune », dans les Ecritures, se réfère à la « réparation » de la lune. Alors qu’un calendrier déterminé par calcul n’a pas besoin de constater un croissant visible, il serait néanmoins théoriquement possible de voir ce croissant. La conjonction dure au moins six heures avant que la lune ait suffisamment dépassé l’arc solaire pour recommencer à réfléchir la lumière – la « réparation » de la lune. Que la réflexion soit observée ou non, cela n’a pas vraiment d’incidence puisque le calendrier est basé sur des moyennes calculées d’avance. Il est donc clair que cette règle pour effectuer un ajournement n’est pas seulement le produit de la tradition pharisaïque, mais plutôt dictée par les Ecritures et par l’astronomie.

L’autre grande règle est que si le molad de Tishri déterminé par calcul tombe un dimanche, un mercredi ou un vendredi, le premier jour du mois (qui sera automatiquement le jour de la Fête des Trompettes) sera officialisé le jour suivant, c’est-à-dire soit respectivement un lundi, un jeudi ou un samedi. Y a-t-il une raison biblique à cela ? Dans Lévitique 23, où pour la première fois Dieu donne à Moïse la liste détaillée de Ses Fêtes, Il explique que ces jours spéciaux de sanctification sont classés dans deux catégories. Pour six d’entre eux – le premier et le dernier jour des Pains sans Levain, la Pentecôte, les Trompettes, le Premier jour de la Fête des Tabernacles et le Huitième Jour – Moïse devait rapporter à Israël qu’il n’était pas permis de faire « une œuvre servile ». Néanmoins, il en allait autrement du sabbat hebdomadaire et du jour des Expiations. Pour ces deux sortes de jours il ne fallait faire « aucun ouvrage ». Il est clair que Dieu avait mis ces deux dernières sortes de jours dans une catégorie différente. En outre, dans la description des Trompettes, du Premier jour des Tabernacles et du Dernier Grand Jour, le terme utilisé est shabbaton, traduit par « sabbat ». En ce qui concerne le sabbat hebdomadaire et le Jour des Expiations, un autre terme est utilisé – shabbat shabbaton – qui est traduit par « jour de repos ».

En comprenant que Dieu avait sanctifié ou mis à part le sabbat hebdomadaire et le Jour des Expiations, la prêtrise lévitique chercha à appliquer ces instructions dans la proclamation des Fêtes. Elle se rendit compte que le jour de préparation du sabbat hebdomadaire ne pouvait, en aucun cas, coïncider avec le Jour des Expiations qui est un shabbat shabbaton, au cours duquel on ne pouvait faire « aucun ouvrage » (ce qui ne manquerait pas de se produire si le premier Tishri tombait un mercredi). De plus, il ne fallait pas non plus que le sabbat hebdomadaire soit le jour de préparation du Jour des Expiations, ce qui se produirait si le premier Tishri tombait un vendredi.

Cette manière de procéder évite que des sabbats hebdomadaires, shabbat shabbaton, deviennent des jours de préparation pour les trois autres jours saints d’automne, qui ne sont que des shabbaton (ce qui se produirait si le premier Tishri tombait un dimanche). Remarquez que, selon Exode 12 :16, le premier et le septième jour des Pains sans Levain, au printemps, sont dans une catégorie différente ; Dieu avait spécifiquement approuvé le fait qu’on pouvait préparer la nourriture lors de ces jours. Bien sûr, la Pentecôte tombe toujours un dimanche car elle est le résultat d’un calcul ordonné par Dieu.

Les deux autres règles concernant les décalages sont en réalité l’extension logique des deux premières. Elles régulent le nombre de jours de l’année de telle sorte que le premier jour de chaque mois coïncide avec une nouvelle lune.

Les ajustements du calendrier concernant le premier Tishri sont basés sur les instructions que Dieu donna au sacerdoce lévitique, par l’intermédiaire de Moïse, dans Lévitique 23. Dieu montre clairement que deux jours – le sabbat et le Jour des Expiations – sont sur une échelle différente de sanctification, en fonction de quoi, la prêtrise lévitique a cherché à permettre leur célébration en conformité avec la volonté divine.


Deuxième partie de l’article « Le calendrier hébreu : Qui a la responsabilité du calendrier ? »

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