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Le vrai bonheur : mener une vie de service

par Gerald Weston

Cet été marquait la 65e année de la création par M. Herbert Armstrong d’un camp pour les jeunes de l’Église, une tradition que nous perpétuons au sein de l’Église du Dieu Vivant. Beaucoup de choses ont changé depuis 1962, lorsque des adolescents se réunirent pendant huit semaines d’affilée à Big Sandy, au Texas. Comme pour la plupart des nouvelles initiatives, les débuts furent passionnants mais rudimentaires par rapport aux camps actuels. Il s’agissait néanmoins du point de départ d’un programme durable et en pleine expansion.

Notre monde a radicalement changé au cours des six dernières décennies et nos programmes de camps ont évolué à bien des égards. La durée des camps a changé. Les moniteurs et le personnel ont changé. La façon de gérer les problèmes de discipline a évolué. Les noms des programmes ont changé également : depuis les programmes du YOU (ou Initiative jeunesse unie) jusqu’aux camps pour les jeunes de l’ÉDV. Les hauts et les bas ont été nombreux depuis ces débuts passionnants en 1962.

Il était donc important de rappeler notre héritage pendant la journée d’intégration pour le personnel du camp pour les jeunes au Texas afin de ne pas oublier les traditions et les valeurs transmises et développées au fil des ans. Après l’éclatement de l’Église Universelle de Dieu, ceux d’entre nous qui se joignirent à M. Roderick Meredith pour faire revivre l’Œuvre que Dieu avait initiée avec M. Armstrong durent tout recommencer à zéro. M. Meredith dut lancer une nouvelle revue, rédiger de nouvelles brochures et mettre en place un nouveau programme pour les jeunes.

Peu de gens comprennent pleinement ce qu’implique le fait de mettre en place un programme pour les jeunes à partir de zéro. Il faut du temps et du travail pour constituer une équipe soudée, composée de personnes partageant les mêmes idées, afin de mettre en œuvre des pratiques et des traditions. Heureusement, nous pouvions nous appuyer sur notre expérience personnelle.

Retrouver les vraies valeurs

En 1995, le premier camp pour les jeunes de l’Église Mondiale, au lac des Ozarks, dans le Missouri, connut véritablement des débuts modestes. Le principal enseignement tiré de cette année-là fut la nécessité de disposer d’une équipe qualifiée, ce qui prend des années à mettre en place et nécessite ensuite un processus continu pour la maintenir. Nous avons pris conscience qu’il fallait un statut intermédiaire entre les campeurs et les adultes : un programme de formation pour les futurs responsables.

Ainsi, l’année suivante, nous avons mis en place un groupe d’encadrants choisi parmi les adolescents les plus âgés et les jeunes adultes. Au fil du temps, l’expérience nous a amenés à conclure que les personnes à qui confier cette responsabilité devaient idéalement être âgées de 16 à 18 ans, bien que peu de jeunes de 16 ans possèdent la maturité nécessaire. Nous savions que c’était parmi ces adolescents que se formeraient les moniteurs et les responsables des années à venir.

D’autres changements nécessitèrent également notre attention, comme l’application d’un couvre-feu pour les membres d’encadrement. Aucun d’entre eux ne peut donner le meilleur de lui-même lorsqu’il souffre d’un manque de sommeil et de nombreux jeunes n’ont pas la discipline nécessaire pour se coucher à une heure raisonnable. Il fallait créer et peaufiner les formulaires de candidature, les emplois du temps et un manuel à l’intention des moniteurs.

Maintenir un programme de haute qualité, fondé sur des valeurs, exige de la diligence. Or, tout le monde ne partage pas cette vision. C’est pourquoi M. Jonathan McNair, moi-même et plusieurs autres avons « repris du service » à l’été 2021 pour remettre sur les rails notre programme de camp, en redonnant vie aux véritables valeurs qui étaient en train de se perdre. Il s’agissait de concepts tels que faire les choses avec bienséance et avec ordre, sans confusion et dans la paix, ne laisser personne de côté et ne pas mettre l’accent sur le côté « cool ». Nous avons mis en place des mécanismes pour décourager la formation de bandes et de clans fermés, et contre le fait de former des couples entre filles et garçons. Ces pratiques peuvent détruire un programme autrement conçu pour servir tous les campeurs. Nous encourageons plutôt une attention bienveillante envers tout le monde.

Cela étant, les mots ne servent à rien s’ils ne sont pas accompagnés d’efforts pour les mettre en pratique. Des traditions et des mécanismes délibérément conçus doivent être mis en place pour encourager un comportement conforme à la foi et décourager les comportements blessants. Nous avons rétabli la déclaration de mission rédigée il y a près de deux décennies : « Rassembler les adolescents dans un environnement d’apprentissage, dans le but de retrouver les vraies valeurs et de favoriser la création d’une culture de pureté, d’honneur et de respect parmi les jeunes au sein de l’Église du Dieu Vivant. » Il devrait clairement ressortir de cette déclaration que les camps de jeunes de l’Église du Dieu Vivant ne se résument pas à s’amuser. Vous aurez peut-être remarqué que ce mot n’y figure même pas !

Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il soit interdit de s’amuser pendant les camps. Bien au contraire ! Nous voulons que nos jeunes s’amusent, mais cela ne devrait jamais être l’objectif principal. En effet, même les comportements pécheurs sont souvent « amusants » (Hébreux 11 :23-26). En revanche, les divertissements selon Dieu n’entraînent pas de regrets le lendemain et ils s’inscrivent dans la pratique des valeurs ancrées dans la Bible.

Ce n’est qu’en apprenant la valeur de se soucier des autres que l’on parvient à atteindre une paix et un bonheur durables. Comme l’apôtre Paul l’a rapporté en citant Jésus-Christ : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20 :35). Ce principe s’applique aussi bien aux adolescents qu’aux adultes. Le véritable christianisme est un mode de vie, celui de l’attention portée aux autres (Philippiens 2 :3-8).

Un programme au service des autres

La mise en place d’un groupe d’encadrants âgés de 16-18 ans avait été interrompu pendant près d’une décennie et relancer ce programme implique davantage qu’en faire simplement l’annonce, cela nécessite un changement de mentalité. Au cours des années précédant la suppression du programme, nous devions refuser certains candidats et leur demander de rester campeurs une année de plus, car nous limitions ces postes à douze garçons et douze filles pour des raisons logistiques. Désormais, nous avons du mal à attirer ne serait-ce que la moitié de ce nombre. Pourquoi ?

Plusieurs campeurs nous ont confié qu’ils souhaitaient rester campeurs aussi longtemps que possible. Ils considèrent que faire partie de l’équipe d’encadrement exige du travail et des sacrifices. C’est vrai, mais les raisons sont multiples. La maturité consiste à reconnaître la valeur du travail et à accomplir quelque chose qui a du sens. Cela signifie se préparer aux responsabilités de l’âge adulte. Cela signifie rendre aux autres ce que l’on a reçu – un sentiment exprimé par la plupart des adolescents qui choisissent de servir au sein de l’équipe d’encadrement.

Nous constatons un changement sociétal dans le mode de pensée des parents comme des enfants. Je ne peux parler qu’en termes généraux, mais songez que le premier camp en 1962 durait huit semaines et il n’y avait pas de téléphones portables. Si vous discutez avec ceux qui y ont participé, ils ne se souviennent pas avoir appelé chez eux plus d’une ou deux fois, voire pas du tout. De nos jours, beaucoup de parents ont du mal à imaginer un tel scénario.

Les téléphones portables ont-ils rendu les parents et les enfants plus enclins à accepter un retard de maturité ? La question se pose. Bien sûr, toutes les avancées technologiques ne sont pas néfastes, mais nous devons prendre conscience de la manière dont elles nous transforment et nous ferions bien de prendre des décisions réfléchies quant à la façon dont nous nous laissons influencer. Les termes « adolescence tardive » et adulescence (adulte-adolescent) existent depuis des décennies, mais le passage à l’âge adulte semble avoir lieu de plus en plus tard.

L’enseignement à domicile, que je soutiens pleinement lorsqu’il est bien mené, a également rendu de nombreux enfants et adolescents (pas tous) beaucoup moins aventureux. Je ne veux pas remettre en cause les parents, car c’est le métier le plus difficile qui soit, mais ce n’est pas pour rien que nous entendons désormais parler de « parents hélicoptères ». Bien sûr, cela fait toujours référence à quelqu’un d’autre, jamais à soi-même !

Faire partie de l’équipe d’encadrement est un moyen d’encourager la maturité chez nos jeunes. Les adolescents de 17 ans qui ont pris plaisir à participer au camp depuis leur enfance devraient se poser la question suivante : n’est-il pas temps de rendre la pareille ? Ou, pour le dire plus crûment, n’est-il pas temps de grandir ? Si nous croyons sincèrement aux paroles de Jésus et que nous intériorisons le fait qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir, les parents seraient avisés d’encourager leurs enfants, pour leur propre bien, à adopter une attitude de maturité en menant une vie au service des autres. Le monde a changé et nos camps également, mais notre détermination à retrouver la véritable valeur de se soucier des autres ne doit pas faiblir, car il s’agit du véritable chemin vers le bonheur durable.