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Les trompettes passées et futures

par Gerald Weston
Gerald Weston
Gérald Weston
Rédacteur en chef

Nous devrions être très reconnaissants de savoir que Dieu existe et de connaître Son plan pour chacun d’entre nous. Son existence n’est pas une vérité que nous devrions prendre pour acquise, alors que beaucoup de personnes très intelligentes ne reconnaissent pas cette réalité. Il y a aussi de nombreux individus pieux et sincères qui croient que Dieu existe, mais qui ne comprennent pas qui Il est, ni ce qu’Il fait. Ils ne comprennent pas Ses sabbats, Ses Jours saints, Son formidable plan pour l’humanité et bien d’autres choses. Ces vérités sont inestimables et prouvables.

Croire à la vérité de l’existence de Dieu peut, et devrait, aller au-delà de la sphère personnelle, car il existe un grand nombre de preuves pour ceux qui veulent les examiner. Ces preuves se trouvent dans les fleurs et les arbres, dans les petites et les grandes créatures. Nous voyons les merveilles d’un monde pensé et conçu de façon intelligente tout autour de nous. La science moderne a révélé l’incroyable complexité de la vie – en réfutant même l’idée qu’une cellule soi-disant « simple » ait pu se former par chance, même si beaucoup refusent d’admettre cette évidence. Il n’existe pas de cellule « simple » et prétendre que la vie ait pu apparaître par hasard demande un acte de foi si grand qu’un « tel phénomène équivaudrait à un miracle », comme l’a écrit Michael Denton (Évolution : Une théorie en crise, éditions Flammarion, page 273, traduction Nicolas Balbo).

Nous sommes vraiment bénis par Dieu d’avoir accès à cette connaissance et cette compréhension. Voyez à quel point il est formidable de savoir que les membres de notre famille ou nos amis non convertis ne seront pas tourmentés pour l’éternité dans le feu de l’enfer. N’est-il pas formidable de savoir que notre destinée n’est pas de « regarder béatement le visage de Dieu » à longueur de journée, ou de recevoir une harpe et une paire d’ailes afin de passer l’éternité à flotter sur les nuages en jouant quelques mélodies ? Dieu a ouvert notre esprit à comprendre que nous pouvons devenir Ses fils et Ses filles – des enfants dans Sa famille divine. Voici quelques vérités parmi tant d’autres qu’Il nous a révélées. C’est notre héritage spécial dans l’Église de Dieu.

Mais il existe aussi des choses que nous ne comprenons pas encore et nous ne devrions pas avoir peur de le reconnaître et de l’admettre. Par exemple, l’Histoire de la Terre avant Genèse 1 est entourée de mystère. Nous comprenons qu’il s’est écoulé une certaine période de temps entre les actions décrites dans les deux premiers versets de Genèse 1 – et nous ne sommes pas les seuls à le reconnaître. Ceux qui cherchent à réfuter cette idée la qualifient de « théorie du décalage », mais cela représente bien plus qu’une « théorie » – c’est la seule explication plausible qui permet de situer correctement ce que nous savons à partir des Écritures.

Dieu a créé le monde angélique avant la Terre (cf. Job 38 :4-7) et, dans un passé lointain, un puissant chérubin s’est rebellé contre Lui (Ézéchiel 28 :12-16). Nous savons aussi qu’il emmena avec lui un tiers des anges (Apocalypse 12 :4) et que cet archange, Lucifer, avait un trône sur notre planète – un trône situé dans notre atmosphère, car la Bible dit clairement qu’il était situé en dessous des nuages (Ésaïe 14 :12-14). Il monta au-dessus des nuages (des nues), puis jusqu’au ciel, dans une vaine tentative de détrôner son Créateur.

Suite à cette rébellion, la Terre devint « informe et vide » (Genèse 1 :2). Les mots hébreux pour cette expression sont tohu et bohu, un état de destruction qui, dans les Écritures, résulte uniquement d’une rébellion (par ex. Ésaïe 34 :11 ; Jérémie 4 :23). Le mot hébreu tohu est utilisé 16 autres fois et « il se réfère à une étendue désertique […] à une ville détruite […] au vide moral et spirituel ou à la confusion […] au néant et à l’irréel […] Dans la plupart (voire la totalité) de ces cas, tōhû a une connotation négative ou péjorative… » (“tōhû”, n°2494a, Theological Wordbook of the Old Testament).

Le catastrophisme

L’uniformitarisme a longtemps prévalu en tant que théorie géologique, en supposant que tout ce que nous voyons à la surface de la Terre est le résultat d’anciennes forces qui fonctionnaient de la même manière que les forces actuelles. Par exemple, les montagnes se seraient formées graduellement, pendant d’immenses périodes de temps, sous l’action des volcans, des séismes et des lents déplacements de masses terrestres. Bien entendu, il aurait fallu des millions d’années pour former les Rocheuses, les Alpes ou l’Himalaya avec des processus aussi lents que ceux observés de nos jours.

Mais les scientifiques reconnaissent aussi que certaines choses ne peuvent s’expliquer que par des événements catastrophiques bien plus puissants que les processus normaux que nous voyons en œuvre dans le monde.

L’année dernière, mon épouse, sa sœur et moi-même avons visité le parc national de Yellowstone dans le Wyoming, le parc national du Glacier dans le Montana et les Scablands dans l’est de l’État de Washington. La plupart des gens ont entendu parler des deux premiers parcs, mais il semble que les Scablands soient assez peu connus.

Des découvertes assez récentes ont révélé que le Yellowstone était globalement la caldera (le cratère) d’un super-volcan. Cette caldera mesure environ 55 km par 72. Sans entrer dans les détails (vous les trouverez facilement sur Internet), dans l’éventualité où ce super-volcan entrerait en éruption, il détruirait les États-Unis et le Canada tels que nous les connaissons, et ses effets se feraient ressentir dans le monde entier pendant plusieurs années. C’est un exemple de la sorte de catastrophe qui aurait pu contribuer à l’Histoire de notre planète.

Scablands

Pour leur part, les Scablands ont été formés par une catastrophe qui n’a commencé à être largement reconnue que dans la seconde moitié du siècle dernier. Le géologue J. Harlen Bretz fut le premier à proposer cette explication en 1923, mais celle-ci ne fut acceptée que dans les années 1970. Il est désormais reconnu que ses formations étranges et ses immenses couloirs qui découpent le paysage de l’est de l’État de Washington sont le résultat de terribles inondations qui ont eu lieu pendant la dernière période glaciaire, qui aurait pris fin il y a 10.000 à 20.000 ans selon les estimations géologiques.

Selon l’Histoire telle qu’elle est comprise actuellement, la section d’un grand glacier bloquait la rivière Clark Fork dans le nord de l’Idaho, créant un immense lac dans l’ouest du Montana.

« Ce lac finit par s’étendre sur près de 7800 km², contenant plus d’eau que les lacs Érié et Ontario combinés. Puis le barrage de glace s’est effondré […] Plus de 2000 milliards de m³ d’eau se répandirent à travers le paysage dans un mur d’eau de plus de 100 m de hauteur et balayèrent tout sur leur passage en l’espace de quelques jours. Le débit d’eau de cette inondation colossale fut aussi élevé que le débit combiné de toutes les rivières du monde, multiplié par dix. Les géologues ont calculé que [les coulées d’eau de] l’inondation de Missoula ont provoqué des séismes alors qu’elles grondaient avec fracas dans le paysage […] Les géologues pensent que cela se produisit plus de 40 fois en l’espace de quelques milliers d’années » (“The Channeled Scablands”, SevenWondersOfWashingtonState.com, 2015. Note : Les mesures ont été converties en unités métriques).

Bien entendu, les évolutionnistes ont un intérêt personnel à étirer l’échelle du temps sur notre planète afin de supporter leur théorie du développement de la vie. Ces événements ont-ils eu lieu il y a 10.000 à 20.000 ans ? Y a-t-il vraiment eu 40 inondations de ce type ? Nous ne devrions pas accepter aveuglément de telles déclarations et de nouvelles découvertes pourraient amener à réviser ces conclusions. Dans le même temps, rien dans les Écritures ne contredit ce récit en soi et les preuves géologiques visibles montrent qu’une catastrophe extrêmement puissante a bien eu lieu.

Le créationnisme Jeune-Terre

Le déluge de la Genèse écrit par John Whitcomb et Henry Morris fut initialement publié en 1961. Ce livre tentait d’attribuer tous les phénomènes géologiques au déluge de Noé, en soutenant l’idée que la Terre et l’Univers étaient vieux de seulement 6000 ans. Selon ces auteurs, toutes les formations géologiques, depuis le Grand Canyon en Arizona jusqu’à la Grande Coulée à Washington, sont le résultat du déluge mondial qui eut lieu il y a environ 4000 ans. Beaucoup considèrent que ce livre marque le début du mouvement « Jeune-Terre ». Bien entendu, cela a de grandes implications. Par exemple, ceux qui ont visité « l’arche de Noé » grandeur nature près de Cincinnati, dans l’Ohio, ont vu des dinosaures parmi les animaux que Noé emmena dans l’arche. Une supposition qui manque à la fois de bon sens et d’appui biblique.

Lorsque j’étudiais à l’Ambassador College vers la fin des années 1960, nous utilisions la thèse de Whitcomb et Morris en tant que manuel, mais nous comprenions aussi que toutes les formations géologiques n’étaient pas le résultat du déluge. La rébellion pré-adamique de Satan a aussi contribué à former ces paysages. À une époque, la revue de la Pure Vérité avait tenté d’attribuer toutes les formations géologiques à ces deux destructions. Cependant, nous avons réalisé que cette idée était trop simpliste et que certaines preuves avancées par Whitcomb et Morris étaient erronées. Nous avons aussi réalisé que notre compréhension du monde pré-adamique était limitée et incomplète. Par conséquent, nous avons cessé de publier des articles à ce sujet.

Tous ceux qui portent leur regard sur les formations géologiques des Scablands se rendent compte qu’il s’est passé quelque chose d’inexplicable selon les idées traditionnelles de la « Jeune-Terre ». Une des raisons est que c’est un phénomène très localisé – même si cela représente la moitié de la surface d’un État américain de taille moyenne. Si ces formations avaient été provoquées par le déluge mondial à l’époque de Noé, pourquoi le reste de la planète ne présente-t-il pas de tels paysages étranges ? Pourquoi cette région serait-elle unique ?

Certains membres de l’Église soutiennent la théorie « Jeune-Terre », malgré les preuves indiscutables montrant le contraire. Je trouve cela intéressant car ceux qui défendent publiquement ces idées ont tort sur presque tout le reste dans les Écritures. Ces partisans ont rejeté à peu près toutes les vérités bibliques mentionnées au début de cet article, ainsi que d’autres vérités divines, y compris la preuve biblique que Genèse 1 décrit la refonte de la Terre après un désastre consécutif à la rébellion de Satan.

Le Lexique théologique de l’Ancien Testament apporte plus de clarté à ce sujet, en expliquant deux mots distincts que nous rencontrons dans le premier chapitre de la Genèse. Les verbes former (ou façonner) et créer ont un sens différent en français, mais c’est encore plus significatif dans l’original en hébreu.

« La racine bārā’ a le sens premier de “créer”. Elle diffère de yāsar, “façonner”, car elle met l’accent sur le fait de donner forme à un objet, tandis que bārā’ se focalise sur l’apparition même d’un objet […] Puisque le mot [bārā’] n’est jamais en lien avec les matériaux composant un objet et puisque ce mot met d’abord l’accent sur la nouveauté de l’objet créé, ce mot se prête bien au concept d’une création ex nihilo [à partir de rien], bien que ce concept ne soit pas nécessairement inhérent à la signification du mot » (bārā’, n°278a, Theological Wordbook of the Old Testament).

Pour sa part, la Bible nous apprend que Dieu n’a pas créé à partir de rien, mais à partir de ce que nous ne voyons pas (Hébreux 11 :3). Ce qui s’accorde avec la description suivante :

« L’emploi de bārā’ dans la déclaration d’introduction du récit de la création semble impliquer que les phénomènes physiques apparurent à ce moment-là et qu’ils n’avaient aucune existence matérielle passée sous la forme dans laquelle ils avaient été créés par décret divin. L’emploi du mot ‘āśâ peut simplement décrire l’acte de remodeler les objets impliqués dans l’ensemble du processus de création » (‘āśâ, n°1708a, Theological Wordbook of the Old Testament).

Les scientifiques nous disent que la Terre est vieille de 4,5 milliards d’années. Nous n’entérinons pas un nombre aussi grand, mais nous ne doutons pas non plus qu’il pourrait être correct. À travers les Écritures, nous savons que l’âge de la Terre est bien supérieur à 6000 ans – cela signifie qu’elle existait bien avant la « semaine de la création » dans Genèse 1 – et la science apporte aussi des preuves solides que l’Univers existe depuis très longtemps. En comprenant bien les versets d’introduction de la Genèse, en les comparant à d’autres passages des Écritures, et en admettant certains faits et certaines observations de la science, nous voyons clairement que les T-Rex et les autres dinosaures ne foulèrent pas la Terre en même temps qu’Adam et ses descendants avant le déluge, comme les créationnistes Jeune-Terre l’affirment à tort.

Pouvons-nous en dire davantage sur la période jurassique que les scientifiques qui passent leur vie à étudier le sujet ? Serait-il sage et raisonnable de le faire ? D’autre part, lorsque les scientifiques tentent d’expliquer le monde d’après le parti pris de l’évolution, devrions-nous accepter toutes leurs conclusions ? Ce ne serait pas davantage raisonnable. Comme MM. Herbert Armstrong et Roderick Meredith l’ont souvent expliqué, la véritable science et les Écritures ne se contredisent pas lorsqu’elles sont bien comprises.

Le passé révèle l’avenir

Ce qui est intéressant avec le Yellowstone et les Scablands est qu’ils nous forcent à reconnaître que des catastrophes inimaginables ont eu lieu sur notre planète dans le passé. Nous savons désormais que le Yellowstone est un super-volcan qui est entré plusieurs fois en éruption au cours de l’Histoire de la Terre. Et lorsque nous considérons l’avenir de notre planète, le livre de l’Apocalypse indique un niveau de destruction similaire à l’impact de l’éruption d’un super-volcan, au cours d’une des sept trompettes marquant le Jour du Seigneur. Cette catastrophe détruira un tiers de tous les navires et un tiers des créatures marines (Apocalypse 8 :8-9).

Une des principales théories concernant l’extinction soudaine des dinosaures est qu’un astéroïde de 10 km de diamètre aurait percuté notre planète près de la péninsule du Yucatán, au Mexique. C’est une théorie parmi d’autres, mais de nombreuses preuves montrent qu’un astéroïde a bien frappé cette région dans un passé lointain. Est-ce la cause de la disparition des dinosaures ? Nous le saurons un jour. Mais de telles découvertes devraient nous faire penser aux prophéties de l’Apocalypse qui semblent indiquer qu’un autre astéroïde de grande taille frappera la Terre pendant le Jour du Seigneur (Apocalypse 8 :10-11).

Il est important de comprendre que tout ce que nous voyons sur la Terre n’est pas le résultat d’un processus lent, uniforme et graduel au cours de milliards d’années – ce faisant, le passé contient des informations qui révèlent notre avenir. La parole de Dieu prédit que des désastres auront à nouveau lieu au cours de l’époque représentée par la Fête des Trompettes. Il est possible qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, mais leur échéance sera surnaturelle.

Pourquoi Dieu a-t-Il permis que des astéroïdes, des super-volcans et des inondations gigantesques frappent la Terre à une échelle bien plus grande que tout ce qui a eu lieu pendant l’existence humaine ? Il y a encore quelques décennies, des catastrophes de l’ampleur de celles décrites dans le livre de l’Apocalypse semblaient impossibles, à moins que Dieu n’intervienne directement. Et il ne fait aucun doute que leur échéance sera commandée directement par Dieu, mais les preuves qui nous entourent montrent que les forces capables d’accomplir la plupart des catastrophes des sept trompettes existent déjà dans la nature. Si Dieu décide de s’en servir, Il lui suffit simplement de libérer leur puissance pendant l’année du Jour du Seigneur.

Notre compréhension du monde pré-adamique est très limitée, mais cette période intrigante est fascinante pour ceux qui s’y intéressent. En étudiant l’Histoire de la Terre, nous pouvons comprendre davantage la destruction à venir qui s’abattra sur notre monde rebelle.

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