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Moqueur et tumultueux

par J. Davy Crockett
Bouteille brisée

L’ancien hôtel de la gare avait connu des jours meilleurs. Cela faisait 40 ans qu’il était abandonné et désormais dans un état de délabrement avancé, alors même qu’il se situait tout près de la gare principale de la ville. Mais des trains, il n’y en avait plus beaucoup, et ce quartier de l’agglomération était tombé en décrépitude.

Personne ne sait comment le feu démarra mais, par cette nuit froide et venteuse, les flammes dévorèrent bientôt le bâtiment tout entier. Les pompiers firent de leur mieux pour contenir l’incendie afin qu’il ne se propage pas aux immeubles voisins, sans se préoccuper de sauvegarder l’édifice en flammes. Au petit matin, l’ancien hôtel n’était plus qu’un tas de ruines brûlantes et fumantes, alors que les pompiers épuisés continuaient de répandre de l’eau sur les dernières braises.

C’est alors que les passants furent stupéfaits de voir un monticule de ruines noircies et de débris fumants se mettre à frémir, tandis qu’un homme se frayait un chemin à travers cet amas calciné. La progression était difficile, mais il finit par faire surface. Il s’agissait d’un sans domicile fixe bien connu dans le quartier. C’était un alcoolique notoire et il s’était réfugié dans les entrailles du vieux bâtiment afin de trouver un abri pour se protéger de la froideur de l’hiver. Étonnamment, il avait survécu à l’enfer qui s’était embrasé au-dessus de lui, ainsi qu’au déluge d’eau destiné à éteindre le feu.

Tous ceux qui observaient la scène étaient dans l’étonnement alors que cet homme faisait surface, avant de se diriger d’un pas hésitant vers la rue, couvert de suie de la tête aux pieds. Il fixa pendant quelque temps les gens autour de lui, puis il s’éloigna vers le bas de la rue en s’exclamant : « J’ai besoin de boire un coup ! »

Une sombre ironie

Avec sa part d’ironie, cette histoire est un sérieux rappel des ravages de l’alcool. Le nombre de gens qui en abusent est très élevé et il augmente rapidement – particulièrement lorsque les conditions économiques se détériorent et que beaucoup de gens cherchent à fuir la réalité en noyant leurs problèmes dans l’alcool. Les retombées de l’abus d’alcool touchent de trop nombreuses familles, provoquant un chaos qui détruit les conjoints et les enfants. Il semble que de nombreux problèmes impliquant des violences au travail, des soucis financiers et d’autres difficultés sérieuses aient un lien direct avec la consommation immodérée d’alcool. Cela provoque aussi de graves accidents sur la route et de nombreux pays ont drastiquement réduit le taux d’alcoolémie autorisé pour les conducteurs.

À cause de tous ces problèmes sérieux, beaucoup de gens, notamment ceux ayant des principes religieux, recommandent de s’abstenir totalement de boire de l’alcool, au lieu d’en consommer avec modération. En 1920, les États-Unis proclamèrent la prohibition – l’interdiction de consommer toute boisson alcoolisée, actée par le 18ème amendement de la Constitution. Cependant, le fait de rendre l’alcool illégal ne régla pas le problème. Au contraire, cela provoqua le chaos en encourageant la contrebande et le trafic d’alcool. Le crime organisé profita de la situation pour prospérer et la prohibition fut supprimée par le 21ème amendement en 1933.

De nos jours, la consommation d’alcool est à la hausse, alors que beaucoup de pays commencent à apprécier et à consommer davantage de vin. La bière est présente presque partout et les multinationales offrent une grande variété de produits locaux ou importés. De plus, le phénomène des « micro brasseries » et des cafés servant leur propre production devient très populaire. Les distilleries ne sont pas en reste et de nombreuses liqueurs fortes sont disponibles dans le commerce. Des sommes considérables sont investies dans la publicité pour promouvoir les boissons alcoolisées, avec des messages ingénieux donnant l’impression que la seule façon d’avoir du bon temps est de consommer votre boisson favorite.

Les événements sportifs, qui drainent des milliers de gens dans les stades et des millions d’autres devant leur poste de télévision, semblent fournir un immense réservoir de supporters assoiffés. Tant que l’alcool est consommé avec modération, il n’y a rien de mal à boire un verre devant une rencontre sportive. Mais la tendance est d’abuser des boissons alcoolisées pendant ces occasions. Ne voyons-nous pas très souvent des émeutes après les victoires ou les défaites au cours des grands événements sportifs ? Malheureusement, cela se produit beaucoup trop souvent.

Que déclare la Bible ?

La Bible parle beaucoup des aspects positifs et des pièges de l’alcool. Voyez par exemple cet avertissement direct rapporté dans les Écritures : « Le vin est moqueur, les boissons fortes sont tumultueuses ; quiconque en fait excès n’est pas sage » (Proverbes 20 :1). Voici également une description imagée décrivant les conséquences de l’abus d’alcool :

« Pour qui les ah ? pour qui les hélas ? pour qui les disputes ? pour qui les plaintes ? pour qui les blessures sans raison ? pour qui les yeux rouges ? Pour ceux qui s’attardent auprès du vin, pour ceux qui vont déguster du vin mêlé. Ne regarde pas le vin qui paraît d’un beau rouge, qui fait des perles dans la coupe, et qui coule aisément. Il finit par mordre comme un serpent, et par piquer comme un basilic. Tes yeux se porteront sur des étrangères, et ton cœur parlera d’une manière perverse. Tu seras comme un homme couché au milieu de la mer, comme un homme couché sur le sommet d’un mât : On m’a frappé,… je n’ai point de mal !… On m’a battu,… je ne sens rien !… Quand me réveillerai-je ?… J’en veux encore ! » (Proverbes 23 :29-35).

Cela ne vous rappelle-t-il pas les paroles du survivant de l’hôtel de la gare ? C’est un exemple extrême, mais qui illustre bien le fait que l’abus d’alcool peut provoquer des comportements aberrants et potentiellement destructeurs. Nous en voyons les résultats dans la société autour de nous.

Le livre des Proverbes adresse un avertissement particulier aux dirigeants et à ceux occupant un poste d’autorité : « Ce n’est point aux rois, Lemuel, ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux princes de rechercher des liqueurs fortes, de peur qu’en buvant ils n’oublient la loi, et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux » (Proverbes 31 :4-5).

Dans l’Ancien Testament, des instructions spécifiques avaient été données aux membres du sacerdoce lévitique concernant la consommation d’alcool : « L’Éternel parla à Aaron, et dit : Tu ne boiras ni vin, ni boisson enivrante, toi et tes fils avec toi, lorsque vous entrerez dans la tente d’assignation, de peur que vous ne mouriez : ce sera une loi perpétuelle parmi vos descendants, afin que vous puissiez distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ce qui est impur de ce qui est pur, et enseigner aux enfants d’Israël toutes les lois que l’Éternel leur a données par Moïse » (Lévitique 10 :8-11). Il est clair qu’il est conseillé de s’abstenir de boire de l’alcool lorsqu’il faut se pencher sur un sujet sérieux, effectuer des tâches spirituelles ou prendre des décisions importantes.

Dieu prend cet ordre au sérieux, comme nous le voyons dans le récit surprenant de l’imprudence des fils d’Aaron – et cela leur coûta la vie. « Les fils d’Aaron, Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu, et posèrent du parfum dessus ; ils apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant l’Éternel, et les consuma : ils moururent devant l’Éternel. Moïse dit à Aaron : C’est ce que l’Éternel a déclaré, lorsqu’il a dit : Je serai sanctifié par ceux qui s’approchent de moi, et je serai glorifié en présence de tout le peuple. Aaron garda le silence » (Lévitique 10 :1-3). Bien que l’alcool ne soit pas spécifiquement mentionné dans ce passage, il est tentant de penser que le jugement de Nadab et Abihu ait pu être altéré par la consommation de « boisson enivrante », car juste après cet incident Dieu commença à instruire le corps sacerdotal sur ce sujet précis (Lévitique 10 :8-11).

Le Nouveau Testament donne également des instructions très claires concernant la consommation d’alcool. En expliquant comment répondre à ceux qui pensaient qu’il ne fallait pas manger de viande, l’apôtre Paul conclut avec ces paroles : « Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, [de scandale ou de faiblesse] » (Romains 14 :21). Son point était que nous devons prendre en considération le niveau de compréhension des autres personnes, afin d’éviter de les offenser.

Dans sa lettre à l’Église de Dieu à Éphèse, Paul donna cette instruction très claire : « C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit ; entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur ; rendez continuellement grâces à Dieu le Père pour toutes choses, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ » (Éphésiens 5 :17-21). Les ministres et les diacres ne doivent « pas être adonnés au vin » (1 Timothée 3 :3, 8 ; Tite 1 :7).

Paul parla encore de l’abus d’alcool dans sa lettre à l’Église de Corinthe : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6 :9-10).

L’alcool n’est pas forcément mauvais

Après avoir lu ces instructions strictes et radicales, nous pourrions en conclure que la consommation d’alcool est mauvaise, mais il s’agirait là d’une mauvaise interprétation. En fait, il est intéressant de noter que le tout premier miracle de Jésus-Christ rapporté dans la Bible eut lieu pendant un grand mariage organisé à Cana, un village de Galilée situé à quelques kilomètres au nord de Nazareth, où – à la demande de Sa mère – Il transforma au moins 450 litres d’eau en bon vin. L’apôtre Jean rapporte ce miracle en détail :

« Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira. Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures [metretes – une mesure correspondant à environ 40 litres]. Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Puisez maintenant, leur dit-il, et apportez-en à l’ordonnateur du repas. Et ils lui en apportèrent. Quand l’ordonnateur du repas eut goûté l’eau changée en vin, ne sachant d’où venait ce vin, – tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, – il appela l’époux, et lui dit : Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui » (Jean 2 :1-11).

Jésus, notre exemple parfait, n’aurait pas transformé de l’eau en vin s’il y avait quelque chose de mal à boire du vin.

Encore plus important, pendant la nuit où le Christ fut trahi, du vin fut servi pendant le repas de la Pâque que Jésus partagea avec Ses disciples. Il utilisa ce vin comme un symbole poignant du sang qu’Il était sur le point de verser pour les péchés de l’humanité (Luc 22 :14-22).

Paul instruisit le jeune Timothée en l’encourageant à consommer du vin à bon escient : « Ne continue pas à ne boire que de l’eau ; mais fais usage d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions » (1 Timothée 5 :23). Jésus indiqua qu’Il anticipait de partager un verre de vin avec Ses disciples lorsque Son Royaume sera établi sur cette Terre. « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père » (Matthieu 26 :29).

Une question de maîtrise de soi et de modération

Comme tant de bénédictions données par Dieu, le bon usage du vin et des boissons fortes demande de la maîtrise de soi et un effort de notre part pour s’en servir comme Dieu l’a prévu, avec modération et dans un bon environnement. Par exemple, en expliquant à Son peuple comment utiliser la dîme de la Fête, l’Éternel mentionna la consommation d’alcool comme une bénédiction : « Là, tu achèteras avec l’argent tout ce que tu désireras, des bœufs, des brebis, du vin et des liqueurs fortes, tout ce qui te fera plaisir, tu mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille » (Deutéronome 14 :26).

Pour des raisons personnelles, certains choisissent de ne jamais boire d’alcool, à l’exception de la cérémonie de la Pâque. Ils sont parfaitement en droit d’agir ainsi, et cela ne devrait pas être un sujet d’inquiétude ou de critiques de la part des frères et sœurs.

Lors de réunions avec des amis, notre famille ou des membres de l’Église, l’alcool ne devrait pas être le centre de toutes les attentions ni devenir l’élément principal permettant de passer du bon temps. Au fil des ans, je me suis rendu compte que la consommation de vin ou de bière autour d’un repas causait rarement des problèmes. Si le vin, ou toute autre boisson alcoolisée, est considéré comme un élément du repas, il est rare que les gens en abusent. Par exemple, une flûte de champagne pour célébrer un événement particulier ajoute une touche festive et joyeuse à l’occasion. Cette approche semble être répandue dans les cultures qui considèrent le vin comme un aliment et un élément du repas. Les problèmes apparaissent souvent lorsqu’il s’agit de « boire pour s’amuser » et cela conduit généralement à l’ébriété.

Comme d’habitude, l’apôtre Paul a « tapé dans le mille » en donnant l’instruction suivante à l’Église de Philippes : « Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche » (Philippiens 4 :5, Jérusalem). Si nous voulons plaire à Dieu dans tout ce que nous faisons, alors le fait d’être modérés dans notre alimentation, dans notre consommation d’alcool et dans toutes nos activités est une clé de la réussite.

L’ordre donné à l’Église de Dieu est très clair : « Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux » (Apocalypse 18 :4). Cela inclut assurément l’abus ou la mauvaise utilisation de l’alcool, initialement créé par Dieu comme une bénédiction. En tant que chrétiens, notre exemple au sein de l’Église et en dehors est très important, car nous sommes appelés à être « une lumière dans le monde ».

Dans tout ce que nous faisons, y compris la consommation d’alcool, veillons à suivre les instructions et les directives bibliques, en réalisant que le vin peut être « moqueur » et les boissons fortes « tumultueuses », afin de ne jamais en « faire excès » lorsque nous les consommons. Ne laissons jamais l’alcool nous détourner du droit chemin.

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