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Qu’est-ce qui pourrait vous faire revenir en arrière ?

par Wallace Smith

Les Jours saints de Printemps nous conduisent souvent à méditer, à juste raison, au sujet de la sortie d’Égypte de l’ancien Israël.

Au cours du Dernier Jour des Pains sans Levain, les Israélites avaient traversé la mer Rouge et se trouvaient sur la rive opposée du pays où ils avaient souffert en esclavage. Dieu avait miraculeusement séparé les eaux et les avait fait passer au travers sous la direction de Moïse, de sorte qu’ils sortirent victorieux de l’Égypte. Alors qu’ils se tenaient au bord de la mer, sur la rive opposée à l’Égypte, chantant avec joie et louant leur Créateur, les corps inanimés de leurs oppresseurs s’échouaient derrière eux sur le rivage. Les affres de l’esclavage en Égypte, de la cruauté et de la mort appartenaient au passé, alors que la Terre promise, où « coulent le lait et le miel », les attendait. Il leur fallait juste continuer à marcher droit vers le but.

Cependant, au seuil de la Terre promise, Dieu rapporte dans Sa parole ce qu’ils se dirent entre eux : « Nommons un chef, et retournons en Égypte » (Nombres 14 :4).

Il semble inimaginable que même un seul d’entre eux ait voulu retourner en Égypte, dans le pays où ils n’avaient même pas la force d’empêcher leurs oppresseurs de jeter leurs nouveau-nés de sexe masculin dans le fleuve pour les faire périr.

Inimaginable, mais c’est ce qui se produisit. Et cela peut arriver à chacun d’entre nous. Tout comme l’Égypte, le péché est cruel à notre égard, mais comme la Pâque l’enseigne, Dieu le Père et Jésus-Christ étaient prêts à payer le prix ultime pour nous en libérer. Et « si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8 :36). Comme le peuple d’Israël, nous nous tenons sur la rive opposée au péché de notre propre mer Rouge, libres de marcher vers une « Terre promise » bien plus glorieuse que celle offerte à l’ancien Israël.

Mais combien d’individus ont-ils entamé ce parcours, libérés par le Christ, avant de décider de faire demi-tour afin de retourner à l’Égypte spirituelle ? Malheureusement, les attraits de l’Égypte sont puissants et beaucoup de ceux que Dieu appelle se retrouvent à nouveau empêtrés dans les modes de pensée charnels, les pratiques pécheresses et les enchevêtrements « selon le train de ce monde » (Éphésiens 2 :2).

Comment cela se produit-il ? C’est une question importante. En effet, puisque c’est arrivé aux autres, cela peut aussi nous arriver. Qu’est-ce qui pourrait bien nous faire revenir en arrière ? Quelles forces – quels attraits, quelles influences ou quelles circonstances – pourraient nous faire tourner le dos aux promesses divines, afin de contempler avec nostalgie les choses dont le Christ nous a libérés ?

Voyons trois grandes raisons pour lesquelles certains retournent en Égypte.

Le manque de vision

Afin de maintenir le cap vers notre « Terre promise », nous devons avoir une vision. C’est nécessaire pour distinguer l’intervention du Dieu invisible dans les affaires du monde, pour Le voir œuvrer dans Son Église, guider les responsables humains de cette Église et se rendre visible au travers de Ses lois et de Son mode de vie. Il faut posséder une vision pour garder en première place dans notre esprit le règne millénaire à venir du Christ et l’éternité qui lui succédera, tandis que le monde actuel essaie de capter toute notre attention. Nous devons avoir une vision claire pour voir l’état réel de ce monde et pour rester proches de Dieu, sans se laisser berner par l’apparence plaisante et attractive que la société place devant nos yeux.

Moïse est un bon exemple pour chacun d’entre nous. Aussi tentante et plaisante que fut sa vie en Égypte, il décida plutôt de souffrir avec son peuple – le peuple de Dieu. Ce faisant, « il quitta l’Égypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Hébreux 11 :27). La vision de Moïse lui permettait de voir le Dieu éternel au-delà du monde temporaire qui l’entourait. Mais pendant un court laps de temps, même la vision divine de Moïse fut compromise lorsqu’il se laissa irriter par les plaintes constantes des Israélites. C’est pourquoi lui aussi erra dans le désert et qu’il ne put entrer dans la Terre promise (Nombres 20 :10-12).

De la même manière, la force et la clarté de notre vision peuvent se détériorer et s’étioler en fonction des circonstances. Mais globalement nous devons nous efforcer de continuer à faire croître cette vision. Alors que nous mûrissons dans la foi, nous devons nous efforcer de laisser Dieu nous montrer davantage la vérité au sujet de ce monde, des merveilles du monde à venir et de Sa propre réalité. Pourquoi ? Car perdre la vision peut s’avérer catastrophique. Le chemin du retour vers l’Égypte commence par une vision déformée, corrompue ou perdue.

La perte de vision de Démas, un compagnon de Paul, le conduisit à retourner dans le monde et vers l’Égypte spirituelle. Démas avait assurément enduré de nombreuses difficultés lorsqu’il travailla avec Paul. Où qu’ils aillent, il y avait toujours des problèmes qui les attendaient ! Et bien que Paul parlât positivement de lui dans deux de ses épîtres, le qualifiant de « compagnon d’œuvre » (Colossiens 4 :14 ; Philémon 1 :24), il écrivit plus tard à Timothée que Démas l’avait « abandonné, par amour pour le siècle présent » (2 Timothée 4 :10). Démas échoua à reconnaître que lorsque nous focalisons notre attention sur « le siècle présent », en fermant les yeux sur sa corruption et sa nature temporaire, alors nous perdons de vue le monde à venir que Dieu apportera et la vie future qu’Il manifestera en nous.

Ce problème existait déjà à l’époque des Israélites. Après avoir traversé la mer Rouge, ils chantèrent le « cantique de Moïse ». Alors que, derrière eux, les cadavres de l’armée égyptienne s’échouaient sur le rivage, ils avaient les yeux tournés vers la Terre promise qui les attendait. Ils chantaient que « tous les habitants de Canaan [tomberaient] en défaillance » et que Dieu établirait Son peuple « sur la montagne de ton héritage, au lieu que tu as préparé pour ta demeure, ô Éternel ! » (Exode 15 :15-17). Pendant quelque temps, les Israélites eurent une vision claire de la capacité de Dieu à les protéger et à subvenir à leurs besoins dans un nouveau pays.

Malheureusement, alors qu’ils s’approchaient de ce territoire, leur vision déclina rapidement et fut obscurcie par leurs ventres affamés. Ils commencèrent à pleurer et dirent : « Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx » (Nombres 11 :4-5). En raison de la faim, ils avaient oublié les coups de leurs esclavagistes et le massacre de leurs enfants au profit des aliments disponibles en Égypte. Au lieu de remercier Dieu pour la manne, ils la maudirent car elle ne leur suffisait plus (verset 6), en oubliant qu’elle était seulement destinée à les nourrir pendant le voyage. Le pays vers lequel ils marchaient regorgeait de richesses comme du lait, du miel, des céréales, du vin, des troupeaux et de l’huile (Deutéronome 11 :9-15).

En perdant la vision que Dieu subvenait à leurs besoins, ils perdirent aussi de vue qu’Il était leur protecteur. Au seuil même de la Terre promise, les Israélites, qui chantaient auparavant que les habitants du pays allaient « tomber en défaillance » devant Dieu, étaient soudainement envahis par la peur :

« Que ne sommes-nous morts dans le pays d’Égypte, ou que ne sommes-nous morts dans ce désert ! Pourquoi l’Éternel nous fait-il aller dans ce pays, où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits enfants deviendront une proie ? Ne vaut-il pas mieux pour nous retourner en Égypte ? Et ils se dirent l’un à l’autre : Nommons un chef, et retournons en Égypte » (Nombres 14 :2-4).

Après avoir perdu de vue la Terre promise et corrompu la vision de leur vie passée en captivité, les enfants d’Israël aspiraient à retourner en Égypte.

Lorsque notre vision s’estompe, aspirons-nous également à revenir en arrière ? Lorsque nous marchons dans la voie que Dieu nous demande de suivre, les nouvelles épreuves nous font-elles oublier à quoi ressemblait notre vie passée sans Lui ? Notre vie trépidante est-elle encombrée au point d’entraver notre vision et de nous empêcher de voir le Royaume de Dieu à venir, ainsi que le but glorieux que Dieu accomplit dans notre vie ? Pis encore, avons-nous perdu la vision de Dieu Lui-même, sans nous rendre compte du travail qu’Il effectue en nous pour nous permettre de développer le caractère, la miséricorde et l’amour de Son Fils, incapables de voir comment Il crée dans notre cœur une gloire qu’Il révélera ultérieurement au grand jour ?

Si nous n’y prenons garde, les éléments de notre nature charnelle et de notre passé non-converti pourraient commencer à paraître plus attrayants et séduisants qu’auparavant, jusqu’à ce que nous nous trouvions en train de retourner vers l’Égypte – et cela peut arriver plus tôt que nous l’imaginons.

L’orgueil et l’ambition

Beaucoup de gens sont retournés à leur propre Égypte spirituelle à cause d’une autre influence puissante, la même qui poussa l’archange Lucifer à se tourner contre son Créateur : l’orgueil.

L’orgueil et l’ambition peuvent rendre très difficile notre cheminement dans la direction où Dieu cherche à nous guider. Le chemin tracé par Dieu peut nous mener à traverser des lieux très chaleureux et accueillants, mais aussi des endroits froids et impitoyables. Quel que soit le terrain, nous devons progresser dans ce chemin avec humilité. L’orgueil et les ambitions égoïstes peuvent détourner les gens plus rapidement et plus totalement que n’importe quelle autre épreuve de la foi.

Tout comme les forces physiques attirent dans une certaine direction, le péché de l’orgueil nous attire dans la direction opposée à celle souhaitée par Dieu. Son attrait est suffisamment important pour avoir réussi à corrompre un des anges les plus puissants, qui travaillait en présence même de Son Créateur. Paul nous a prévenus que l’orgueil peut nous faire tomber « sous la même condamnation que le diable » (1 Timothée 3 :6, Semeur) et que les ambitions personnelles sont à l’opposé de l’Esprit du Christ (Philippiens 2 :3-5).

Le peuple d’Israël ne manquait pas d’orgueilleux et d’ambitieux qui étaient prêts à détourner leurs concitoyens du chemin que Dieu leur avait montré. Pourtant, il est facile d’oublier combien ces individus nous auraient semblé « normaux » et combien d’estime nous aurions pu avoir pour eux si nous avions été là. Voyez ce qui arriva à Koré, Dathan et Abiram qui se soulevèrent contre Moïse, avec « deux cent cinquante hommes des enfants d’Israël, des principaux de l’assemblée, de ceux que l’on convoquait à l’assemblée, et qui étaient des gens de renom » (Nombres 16 :2). L’expression « gens de renom » est importante. Il s’agit d’hommes qui étaient respectés et tenus en haute estime par le peuple.

C’est peut-être cette estime et cette appréciation pour leurs qualités personnelles qui les ont corrompus et qui les ont éloignés de la voie, comme cela arriva à Satan (Ézéchiel 28 :17).

Ces hommes ne contestèrent pas le leadership de Moïse et Aaron en disant qu’ils se détournaient de Dieu, mais en affirmant qu’eux-mêmes avaient tout autant le droit de diriger le peuple de Dieu. Ils dirent : « C’en est assez ! car toute l’assemblée, tous sont saints, et l’Éternel est au milieu d’eux. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée de l’Éternel ? » (Nombres 16 :3).

Il est important de reconnaître cela, car la route pour retourner en Égypte ne ressemble pas toujours à la route ordinaire pour retourner en Égypte. Ces hommes parlaient de Dieu. Ils parlaient de la sainteté du peuple et de la présence de Dieu parmi eux. Puis, ils accusèrent Moïse et Aaron d’être des individus orgueilleux qui avaient eu l’audace de prendre une place qui, selon eux, avait été attribuée par Dieu à d’autres personnes. Mais l’avertissement de Moïse fut clair :

« Moïse dit à Koré : Écoutez donc, enfants de Lévi ! Est-ce trop peu pour vous que le Dieu d’Israël vous ait choisis dans l’assemblée d’Israël, en vous faisant approcher de lui, afin que vous soyez employés au service du tabernacle de l’Éternel, et que vous vous présentiez devant l’assemblée pour la servir ? Il vous a fait approcher de lui, toi, et tous tes frères, les enfants de Lévi, et vous voulez encore le sacerdoce ! » (versets 8-10).

Moïse reconnaissait que ces hommes avaient été appelés par Dieu pour être des dirigeants parmi le peuple et pour servir de façon spéciale. Mais il précisa aussi la nature de leur péché : à leurs yeux, ces postes d’autorité et de service étaient apparemment « quelque chose d’insignifiant » et ils convoitaient des postes plus importants, dont le sacerdoce. En apparence, leur requête pouvait laisser à penser qu’ils se préoccupaient des choses de Dieu, mais Celui-ci la vit pour ce qu’elle était vraiment : un péché d’orgueil et d’ambition personnelle.

Koré et ses acolytes étaient remplis d’ambition, aussi voyaient-ils Moïse et Aaron comme des obstacles pour atteindre leurs objectifs et leurs désirs personnels. Par conséquent, ils n’arrivaient plus à voir que c’était l’Éternel souverain qui avait nommé ces hommes et qui les soutenait. Les rebelles affirmèrent s’opposer à Moïse, en l’accusant de vouloir dominer sur eux, ou comme le traduit la Bible de Jérusalem de « s’ériger en prince » (verset 13). Mais comme Moïse l’expliqua à Koré : « Toi et toute ta troupe, vous vous assemblez contre l’Éternel ! » (verset 11).

L’esprit de ces hommes était tellement perverti par l’orgueil qu’ils commencèrent à décrire l’Égypte, et non la Terre promise, comme le pays où « coulent le lait et le miel » (verset 13). S’il leur avait été permis de conduire Israël comme ils le souhaitaient, combien de temps leur aurait-il fallu avant d’inscrire un retour en Égypte dans leurs projets ?

L’Église du Nouveau Testament comprenait aussi des individus orgueilleux. L’apôtre Jean mentionna Diotrèphe, qui aimait avoir une position dominante, mais qui tenait de « méchants propos » à l’égard de Jean et causait de la division (3 Jean 1 :9-10). Jean était déjà très âgé à cette époque-là. De nos jours, nous voyons encore de temps en temps des jeunes sans expérience qui placent leurs nouvelles idées et leurs ambitions au-dessus de la sagesse que peuvent détenir les membres de la « vieille garde ». Remplis du zèle de la jeunesse et d’autosatisfaction, l’orgueil les empêche de voir qu’il est possible d’être zélé et convaincu à 100%, tout en se trompant à 100% (voir Romains 10 :2).

Notre cœur « méchant et tortueux » (Jérémie 17 :9) cherchera à nous convaincre que nos objectifs sont nobles et désintéressés même s’ils ne le sont pas. En fait, les actions dirigées par l’orgueil et l’ambition conduisent toujours dans la même direction : vers l’Égypte spirituelle. À tous les échelons, grands et petits, nous devons faire attention de ne pas nous mettre en avant – qu’il s’agisse de grands postes d’autorité et d’influence ou de simples actes de service envers les autres êtres humains. Comme l’apôtre Pierre l’écrivit, l’humilité est un ingrédient nécessaire pour rester sur la voie de notre récompense. Il nous rappela de nous soumettre aux personnes âgées et plus généralement à tout le monde, en précisant que « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles » (1 Pierre 5 :5).

Les offenses et le ressentiment

Les offenses personnelles sont un des outils que le diable utilise, plus que tout autre, dans ses efforts pour influencer les membres de l’Église de Dieu à faire demi-tour et à retourner en Égypte. C’est d’ailleurs l’origine d’un des récits historiques les plus célèbres dans la Bible. La plupart d’entre nous connaissent bien le récit de l’adultère du roi David avec la femme d’Urie, un de ses vaillants hommes. L’affaire sordide entre David et Bath-Schéba conduisit le roi à organiser la mort d’Urie au champ de bataille, en espérant que cela passe pour un accident, afin qu’il puisse rapidement se marier avec sa veuve et que leur enfant ne devienne pas une preuve de son péché. Les Écritures nous disent de façon lapidaire : « Ce que David avait fait déplut à l’Éternel » (2 Samuel 11 :27). Le chapitre suivant décrit le dénouement de l’affaire, dont la mort tragique du bébé et la façon dont Dieu utilisa le prophète Nathan pour aider à mener David à la repentance.

Le mot « dénouement » est d’ailleurs trop fort, car les conséquences du péché de David se répercutèrent tout au long de sa vie et de l’histoire d’Israël. Nous voyons cela avec la rébellion d’Absalom, un des fils de David. La terrible histoire d’Absalom, de sa sœur Tamar et de son demi-frère Amnon, révèle suffisamment d’amertume nous laissant imaginer le rôle qu’elle joua plus tard dans le coup d’État qu’il mena.

Ce récit contient un autre détail subtil. Il est difficile de ne pas noter le niveau d’implication personnel d’Achitophel qui conseilla non seulement à Absalom de coucher avec toutes les concubines de son père pour marquer sa séparation totale d’avec David (2 Samuel 16 :21-22), mais aussi de diriger personnellement un groupe d’hommes pour aller tuer le roi David alors qu’il était « fatigué et affaibli » (2 Samuel 17 :1-3). Certains pensent que la trahison d’Achitophel a inspiré les paroles du Psaume 55, dans lequel David a le cœur brisé et se lamente de la trahison d’un de ceux qui « n’est pas un ennemi », mais un « compagnon » avec qui il s’entretenait et marchait parmi le peuple de Dieu (Psaume 55 :13-15, Ostervald).

Qu’est-ce qui aurait bien pu provoquer un des plus grands alliés de David à une telle volte-face, au point de vouloir détruire son nom parmi le peuple et de chercher sa mort ? Nous trouvons un indice dans un verset peut-être inattendu. Dans la liste des hommes vaillants de David, nous trouvons « Éliam, fils d’Achitophel, de Guilo » (2 Samuel 23 :34). Lorsque nous étudions la généalogie de Bath-Schéba, nous voyons qu’elle était la « fille d’Éliam » (2 Samuel 11 :3). Ce sont les seules fois dans la Bible que le nom d’Éliam est mentionné et cela implique qu’Achitophel était le grand-père de Bath-Schéba.

Est-il concevable que le fait de voir un homme, un ami proche, utiliser son poste et ses privilèges pour bouleverser la vie de votre petite-fille – en commettant l’adultère avec elle, en la mettant enceinte, en faisant tuer son mari pour masquer le péché et probablement en dégradant son image aux yeux des autres – puisse vous conduire à être amer, aigri et rancunier ? C’est ce qui s’est passé avec Achitophel. Un ressentiment incontrôlé peut ébranler les allégeances les plus solides et retourner le cœur des plus sages ou des plus perspicaces.

Une offense peut seulement prendre le dessus si nous lui permettons de le faire, mais lorsque cela se produit, sa puissance est immense. Avec ses impulsions graduelles mais constantes, elle peut même faire changer de voie ceux que nous pensions intouchables et inamovibles. Aaron et Marie, qui étaient si proches de Moïse et des témoins directs que Dieu travaillait avec leur frère, n’étaient pas à l’abri. Alors qu’ils étaient offensés que Moïse ait épousé une Éthiopienne – probablement au cours de sa vie passée à la cour égyptienne, selon l’historien Josèphe – ils rejetèrent l’autorité de Moïse, dont ils avaient été témoins, et ils dirent contre lui : « Est-ce seulement par Moïse que l’Éternel parle ? N’est-ce pas aussi par nous qu’il parle ? » (Nombres 12 :2). En réponse, l’Éternel leur envoya un puissant rappel de Sa relation spéciale avec Moïse – Il travailla avec Lui comme avec personne d’autre – et Il leur demanda : « Pourquoi donc n’avez-vous pas craint de parler contre mon serviteur, contre Moïse ? » (verset 8). Il frappa alors Marie d’une lèpre et Il promit, à la demande de Moïse, de l’en guérir après qu’elle eut passé une semaine à l’écart de l’assemblée (versets 13-15).

L’amertume et le ressentiment peuvent altérer notre vision des choses et, avant même de nous en rendre compte, ils dirigent nos pensées. Dieu inspira Paul à nous mettre en garde contre le fait de ne pas contrôler les sentiments de colère et de les laisser prendre de l’ampleur. Il nous avertit de ne pas laisser la colère s’installer, car elle nous conduira au péché et elle ouvrira la porte au diable (Éphésiens 4 :26-27). Il ajouta aux versets 31 et 32 : « Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. »

Se sentir offensé ou attaqué est un fardeau. Le Christ Lui-même a bien connu cette situation, mais Il ne céda pas à l’amertume ni au ressentiment. Il n’ouvrit pas la porte au diable et Il ne laissa pas celui-ci Le guider dans des directions où Il ne voulait pas aller. Au contraire, « lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2 :23). Savoir que le jugement de Dieu à Son égard était véritable Lui suffisait pour réussir à porter le fardeau des injustices qu’Il subissait, en comprenant que Dieu travaillerait avec eux au moment opportun et pour le plus grand bien qu’Ils recherchaient ensemble.

La solution est de ne pas laisser une « racine qui produise du poison » dans notre cœur, une racine que la Bible associe à celui « dont le cœur se détourne aujourd’hui de l’Éternel, notre Dieu » (Deutéronome 29 :18) et à la souillure spirituelle (Hébreux 12 :15).

Un cœur amer ne cherche pas le Royaume. Il veut prendre sa revanche et trouver les moyens de se faire justice. Humainement parlant, cette attitude peut sembler raisonnable, mais cela conduit inexorablement vers l’Égypte, où de tels objectifs sont permis, voire encouragés. Nous nous accrochons souvent à l’amertume et au ressentiment avec l’espoir charnel de « faire payer le prix » à ceux qui nous ont offensés. Mais, en fin de compte, nous sommes ceux qui payons le prix le plus élevé.

Dans quelle direction voulez-vous aller ?

Tout comme Israël, nous nous tenons sur la rive de notre propre mer Rouge. Dieu nous a permis d’aller de l’avant et Il nous a montré le formidable territoire qui nous attend à la fin de ce périple. Nous en avons eu un avant-goût et les Jours des Pains sans Levain nous encouragent à méditer sur ses bienfaits. Ces Jours nous rappellent que nous devons travailler avec Dieu afin que notre vie soit le vecteur d’attitudes positives et que celles-ci reflètent de plus en plus les caractéristiques du monde dans lequel nous désirons passer notre vie éternelle, pas le monde empreint de mort que nous avons laissé derrière nous.

Mais l’Égypte est toujours présente de l’autre côté de notre mer Rouge. Elle nous envoie des signaux, elle essaie de nous ramener dans ce que nous avons abandonné. Le diable est insistant. Que nous trempions juste un orteil dans l’eau, avant d’avancer très progressivement, ou que nous plongions dans l’eau de notre mer Rouge remplie de cadavres, le diable jubile. Le pharaon spirituel de ce pays d’esclavage se soucie peu de la méthode que nous adoptions. Pour lui, tout ce qui compte est de savoir que nous avons choisi sa direction.

Ne lui donnons pas cette satisfaction. Laissons l’Égypte spirituelle derrière nous, allons de l’avant, résistons et surmontons les forces qui veulent nous retenir. Notre Sauveur et la puissance de Son Saint-Esprit sont là pour nous donner l’aide dont nous avons besoin. Si nous persévérons jusqu’au bout, en mettant un pied devant l’autre, nous découvrirons bientôt que nous sommes non seulement de l’autre côté de la mer Rouge, mais aussi de l’autre côté du Jourdain.

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