Qu’ils soient préservés du mal
La nuit où Jésus fut trahi, voici comment Il pria pour Ses disciples : « C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi » (Jean 17 :9). Les véritables serviteurs de Dieu ne sont pas du monde, car ils ont été mis à part pour Son dessein particulier. Cela ne signifie pas que nous sommes appelés parce que nous sommes spéciaux. Au contraire, 1 Corinthiens 1 :26-29 réfute cette idée. Nous sommes les faibles du monde. Notre origine sociale, notre force et notre sagesse sont bien ordinaires.
Pourtant, nous appartenons au Christ et nous sommes de Dieu le Père, comme l’explique le verset suivant : « Et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux » (Jean 17 :10). Imaginez cela ! Dieu est glorifié en nous ! En d’autres termes, Il est glorifié dans ce qu’Il accomplit en nous et à travers nous. Bien que nous ne soyons pas spéciaux, nous sommes néanmoins appelés à quelque chose de très spécial. Notez comment l’apôtre Pierre expliqua ce point : « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, et qui maintenant êtes le peuple de Dieu, vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 Pierre 2 :9-10).
Il ajouta que cet appel s’accompagne d’une responsabilité : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera » (1 Pierre 2 :11-12).
Les prémices de Dieu
Dieu a désigné un Jour saint particulier nous rappelant chaque année notre vocation. À notre époque, nous l’appelons la Pentecôte, mais dans l’Ancien Testament, il était appelé le « jour des prémices » et la « fête des semaines ». Nous lisons ainsi que « le jour des prémices, où vous présenterez à l’Éternel une offrande, à votre fête des semaines, vous aurez une sainte convocation : vous ne ferez aucune œuvre servile » (Nombres 28 :26). Bien que nous soyons les prémices de Dieu (Jacques 1 :18), il est parfois difficile de comprendre tout ce que cela implique.
Nous comprenons que les Fêtes de Dieu s’articulent autour des saisons des récoltes en Terre promise. Le Christ représente les prémices de la récolte d’orge. Nous sommes les prémices de la récolte de blé. La Fête de la Pentecôte revêt une signification profonde à la fois pour ceux qui sont appelés avant le retour du Christ et pour ceux qui seront appelés plus tard.
Plusieurs significations accompagnent chacun des Jours saints de Dieu. La Pâque illustre non seulement les événements qui se déroulèrent en Égypte, mais aussi le rôle du Christ en tant qu’Agneau pascal. Les Jours des Pains sans Levain nous rappellent le périple d’Israël sortant de l’esclavage égyptien, nous révélant ainsi que le péché n’est pas la liberté. Au contraire, le péché est l’esclavage. Pendant sept jours, nous éliminons le levain de la malice et de la méchanceté, pour nous nourrir à la place du pain sans levain de la pureté et de la vérité (1 Corinthiens 5 :7-8). Lorsque nous répondons à l’appel de Dieu, nous nous engageons dans un périple qui dure toute la vie, hors de l’Égypte spirituelle, hors de l’esclavage du péché. Le Dernier Jour des Pains sans Levain correspondait au moment où les enfants d’Israël ont été « baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer » (1 Corinthiens 10 :1-2). Leur traversée de la mer Rouge symbolisait notre baptême et celui-ci comporte également de nombreuses dimensions. Il symbolise l’ensevelissement de l’ancien individu puis l’émergence vers un nouveau mode de vie, tout comme Israël laissa physiquement l’Égypte derrière lui et commença une nouvelle vie de l’autre côté de la mer. Cependant, le baptême représente bien plus encore.
Le baptême symbolise ce que le Christ a littéralement fait pour nous : au sens figuré, nous sommes donc ensevelis et ressuscités avec Lui dans une tombe liquide. Lorsque Saul, mieux connu sous le nom de Paul, fut terrassé sur le chemin de Damas, un homme prénommé Ananias reçut cet ordre du Seigneur : « Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom » (Actes 9 :15-16).
Après avoir imposé les mains à Saul qui recouvrit la vue, Ananias lui dit : « Et maintenant, pourquoi tardes-tu ? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur » (Actes 22 :16). D’après les instructions d’Ananias à Paul, nous voyons ici que le baptême symbolise le fait que nos péchés soient lavés. Cependant, notre purification spirituelle n’est pas aussi simple que la guérison de Naaman de la lèpre après s’être baigné sept fois dans le Jourdain (2 Rois 5 :10-14). Notre purification implique d’être immergés dans la parole de Dieu.
Nous lisons souvent les instructions de Paul concernant le mariage, sans nous concentrer sur le sens large de leur signification : le mariage de l’Église avec l’Agneau de Dieu. Pour participer à ces noces, nous devons être purifiés par la parole de Dieu. « Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. » Le sens plus général est clair : « Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église » (Éphésiens 5 :25-27, 32). Individuellement et collectivement, nous devons nous préparer pour ce grand jour :
« Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues, son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur ; car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. L’ange me dit : Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l’Agneau ! Puis il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu » (Apocalypse 19 :7-9).
Plusieurs niveaux de lecture
Nous voyons que les Fêtes et les Jours saints de Dieu recèlent plusieurs significations. C’est assurément le cas pour la Pentecôte. Ce jour mémorable fut tout d’abord une alliance entre Dieu et Israël au Sinaï. Il s’agissait d’une alliance matrimoniale, expliquant en partie pourquoi les juifs lisent le livre de Ruth pendant cette Fête. Bien entendu, il existe d’autres parallèles dont certains sont compris par les juifs et d’autres uniquement par ceux d’entre nous qui sont en Christ. Ruth quitta sa patrie pour une nouvelle vie en Israël. Elle arriva en Juda à l’époque de la moisson de l’orge et elle continua à glaner jusqu’à la fin de la moisson du blé. Boaz la racheta et l’épousa. Les parallèles avec notre appel devraient être évidents.
C’est au cours de la première Pentecôte que les Dix Commandements furent donnés sous une forme codifiée. Plus tard, ce jour devint également une célébration des prémices de la moisson. Le peuple d’Israël était le premier-né de Dieu (Exode 4 :22), il était Ses prémices (Jérémie 2 :3). Pourtant, l’alliance au Sinaï n’était qu’une préfiguration de la nouvelle alliance à venir.
La nation d’Israël avait le même problème que celui que nous observons dans le monde actuel. Les gens veulent être en règle avec Dieu, mais ils utilisent des raisonnements humains pour éviter de faire ce qui est juste aux yeux de Dieu. Quarante ans après l’alliance au Sinaï, Dieu rappela les Dix Commandements à la nation d’Israël et Il fut attristé de l’endurcissement de leur cœur : « Oh ! s’ils avaient toujours ce même cœur pour me craindre et pour observer tous mes commandements… » (Deutéronome 5 :29). Beaucoup considèrent les commandements de Dieu comme un fardeau – qu’il s’agisse d’une doctrine formelle ou d’un sentiment désagréable attisé par le prince de la puissance de l’air qui dirige le cours de ce monde. Satan a réussi à convaincre l’humanité que Dieu nous impose des exigences sévères et irréalistes, nous éloignant de ce qui est bon.
Malheureusement, les êtres humains ne comprennent pas le but des commandements que Dieu leur a donnés « afin qu’ils soient heureux à jamais, eux et leurs enfants » (Deutéronome 5 :29). Loin d’être un fardeau, Jean nous dit sans ambages que les commandements de Dieu « ne sont pas pénibles » (1 Jean 5 :3). Jacques ajouta qu’ils constituent « la loi parfaite, la loi de la liberté » (Jacques 1 :25). C’est la transgression de Sa loi qui nous place dans l’esclavage égyptien. Nous pouvons constater que les problèmes rencontrés par les gens impliquent souvent des péchés clairement définis. Des couples emménagent ensemble avant le mariage et finissent par se disputer pour savoir à qui appartient la télévision, qui n’a pas payé sa part du loyer ou qui s’occupe du chien. Les drogues créent tout un éventail de problèmes. L’adultère détruit les mariages et plonge les enfants dans la détresse et la confusion.
Deux esprits
Nous savons qu’il existe deux états d’esprit dans le monde. L’un est diffusé par le prince de la puissance de l’air qui encourage la désobéissance aux lois de Dieu. Cet esprit semble juste aux yeux des hommes et des femmes partout dans le monde, mais sa voie mène à une issue malheureuse. L’autre est l’Esprit de Dieu qui fut répandu pendant la première Pentecôte qui suivit la résurrection du Christ. Dieu donna cet Esprit aux serviteurs du Christ pour éliminer leur hostilité humaine envers la loi divine. Cela avait été annoncé des centaines d’années auparavant par le prophète Ézéchiel :
« Je leur donnerai un même cœur, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de leur corps le cœur de pierre, et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu’ils suivent mes ordonnances, et qu’ils observent et pratiquent mes lois ; et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. Mais pour ceux dont le cœur se plaît à leurs idoles et à leurs abominations, je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, dit le Seigneur, l’Éternel » (Ézéchiel 11 :19-21 ; cf. 36 :26-27).
Hébreux 8 :7-9 cite une prophétie donnée longtemps auparavant (dans Jérémie 31 :31-34), révélant que Dieu met Ses lois dans notre esprit et les inscrit dans notre cœur. Notre ancienne hostilité, qu’elle ait été manifeste ou passive, a été ôtée – bien que nous devions toujours rester sur nos gardes contre des attitudes qui pourraient refaire surface si nous nous relâchons. Après nous être repentis et avoir été baptisés avec engagement et sincérité, et après l’imposition des mains par un véritable serviteur de Dieu, nous recevons le merveilleux don du Saint-Esprit. Nous devenons « participants de la nature divine » (2 Pierre 1 :4). Comprenons-nous l’ampleur de ce que cela signifie ?
L’Esprit de Dieu s’unit à l’esprit de l’homme : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui » (Romains 8 :16-17).
Oui, nous sommes engendrés par la semence même de Dieu. Le mot grec gennao, généralement traduit par « naître », signifie engendrer ou naître selon le contexte. Les disciples du Christ sont engendrés par l’Esprit de Dieu le Père au cours de cette vie physique, puis ils naîtront de nouveau avec un corps spirituel au son de la septième trompette comme fils de la résurrection. Ainsi, dans le verset suivant, gennao ne devrait pas être traduit par « naître », mais par « engendré » : « Quiconque est né [engendré] de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence [du grec sperma] de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né [engendré] de Dieu » (1 Jean 3 :9). Le contexte décrit comment nous nous comportons en ce moment même. Comment concilier cela avec ce que Jean nous dit au début de son épître ? « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous » (1 Jean 1 :8-10).
Oui, lorsque nous naîtrons dans la famille de Dieu à la résurrection, nous ne pécherons plus jamais. Ce sera vraiment merveilleux ! Cependant, le contexte de ce passage ne parle pas de cette époque suivant la résurrection, mais bien du présent. Je me souviens comment M. Meredith avait souligné ce point lors d’une conférence ministérielle régionale à Big Sandy, au Texas, au début des années 1970. Que nous dit Jean ? Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous faisons de Dieu un menteur, mais dans 1 Jean 3, il ajouta que si nous avons été engendrés par Dieu, il serait incongru qu’un enfant engendré de Dieu pèche. L’accent est mis sur ce que nous choisissons de pratiquer aujourd’hui, sur le fait que nous pratiquons ou non la justice. Ce choix est ce qui sépare les enfants de Dieu et les enfants du diable.
« Petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste. Celui qui pratique le péché est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. Quiconque est né [engendré] de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher [c.-à-d. il ne peut pratiquer le péché], parce qu’il est né [engendré] de Dieu. C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, ni celui qui n’aime pas son frère » (1 Jean 3 :7-10).
Le contexte se réfère à la façon dont nous vivons actuellement, quel mode de vie nous pratiquons, quelle voie est notre norme. Cela implique de nous aimer les uns les autres, mais il s’agit ici d’un amour divin, très différent de celui que l’on voit dans le monde. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité » (1 Jean 3 :18). C’est ici l’essence même de « l’amour de Dieu [qui] est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5 :5).
Exercer le Saint-Esprit
À la fin de cette ère, quand « l’accusateur de nos frères » sera à nouveau précipité sur la Terre, sachant qu’il lui reste peu de temps (Apocalypse 12 :10-12), nous devrons mettre en pratique l’amour de Dieu afin de résister à tout ce que Satan lancera contre nous, mais aussi ne pas nous haïr ni nous trahir les uns les autres. Jésus a précisément mis en garde contre cela : « Alors ils vous livreront pour être tourmentés, et ils vous feront mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs se scandaliseront et se trahiront les uns les autres, et se haïront les uns les autres » (Matthieu 24 :9-10, Ostervald). Qui sont ceux qui seront scandalisés et se trahiront les uns les autres ? « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir » (Matthieu 10 :21). Oui, avant que tout cela ne soit terminé, les membres d’une même famille se retourneront parfois les uns contre les autres !
Ceux qui se laissent entraîner par ce monde (par sa politique guidée par des émotions et ses rivalités ethniques, raciales, culturelles et religieuses) ne pourront pas échapper, par leur seule volonté, à ce que Satan promeut. Il existe cependant un moyen d’échapper à ses ruses. L’amour divin, celui dont le Christ fit preuve en se sacrifiant pour nous, est le résultat de l’Esprit de Dieu qui travaille en nous. C’est un aspect du fruit de l’Esprit qui a été répandu lors de la Pentecôte et qui nous est accordé à notre baptême. Il s’accompagne de la patience, de la bonté, de la douceur et de la maîtrise de soi (Galates 5 :22-23).
Souvenez-vous des paroles que Jésus prononça à propos de Ses serviteurs, lorsqu’Il pria au cours de la nuit où Il fut trahi :
« Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17 :14-16).
Ravivons l’Esprit de Dieu en nous afin d’identifier et de rejeter la voie de ce monde mauvais par la prière, l’étude, la méditation et le jeûne. Nous ne pouvons pas y parvenir par nous-mêmes, mais cela devient possible lorsque le Christ vit Sa vie en nous. N’échouons pas !


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