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Amour et gouvernement

par Gerald Weston
Gerald Weston
Gerald Weston
Rédacteur en chef

Au fil des siècles, l’Église de Dieu a traversé de nombreuses épreuves et notre époque n’est guère différente. Nous voyons régulièrement, à quelques années d’intervalle, des individus ou des groupes provoquer une distraction, de la même manière que Koré. L’apôtre Paul nous mit en garde contre ce problème dans Actes 20 :29-31. L’excuse est généralement : « Vous vous arrogez trop de responsabilités » ou « Vous vous trompez sur certaines doctrines. » Quel que soit le problème, l’excuse sert à justifier le fait de séparer des membres du Corps du Christ, ainsi qu’à distraire et à ralentir temporairement l’Église dans sa mission de prêcher le véritable Évangile, de paître le troupeau et d’avertir à la fois les nations israélites et le monde de ce qui les attend.

Les choses étaient ainsi bien avant qu’aucun d’entre nous n’entende parler du vrai Corps du Christ. J’ai vécu personnellement de nombreuses périodes difficiles au cours de mes 56 années dans l’Église. Certaines distractions étaient relativement insignifiantes, tandis que d’autres représentaient des perturbations beaucoup plus importantes. Malheureusement, chers frères et sœurs, je doute qu’il n’y en ait plus d’autres à l’avenir, bien que j’aie toujours l’espoir que les gens arrêtent de se faire mal à eux-mêmes et aux autres à cause de l’obstination, de la propre justice ou de l’orgueil.

Le « gouvernement » est devenu un gros mot dans l’esprit de certains. Diverses organisations ont adopté différentes approches à ce sujet ; certaines qui prétendent être membres de l’Église de Dieu ne veulent même pas en entendre parler, car il leur semble que cela cause de la division et non de l’unité. Cependant, est-ce la bonne approche ? Un individu devrait-il laisser de côté une des doctrines les plus importantes et les plus faciles à expliquer car il a peut-être peur que la vérité biblique limpide ne corresponde pas à son opinion personnelle ou au point de vue de l’Église dont il fait partie ? La bonne forme de gouvernement, régulièrement décrite dans les pages de la Bible, est un moyen d’apporter la paix, l’unité et l’amour. Comment pourrions-nous négliger de parler du gouvernement alors que le Christ reviendra précisément pour régler ce problème ? Ce sujet est au cœur même du Royaume de Dieu !

Nous lisons que Jésus reviendra pour être Roi sur toute la Terre (Zacharie 14 :9). Sous Son autorité, David sera roi des douze tribus d’Israël (Jérémie 30 :9 ; Ézéchiel 37 :24). Sous David, les douze apôtres régneront chacun sur une des tribus d’Israël (Matthieu 19 :27-28). Et ceux qui sont fidèles, qui croissent dans la grâce et la connaissance, régneront sur des villes (Luc 19 :11-19). N’est-ce pas ce que Dieu a révélé à Daniel en rêve et en vision ? « Le règne, la souveraineté et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous le ciel seront attribués aux membres du peuple saint du Très-Haut. Le règne de ce peuple est éternel, et toutes les puissances du monde le serviront et lui obéiront » (Daniel 7 :27, Semeur). Comment pourrions-nous négliger l’importance de ce sujet, juste parce que certains ne veulent pas affronter la réalité ?

Et nous devons nous demander pourquoi il y a tant d’hostilité à ce sujet ? Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises, les gens croient naturellement au gouvernement tant que les décisions de celui-ci correspondent aux leurs. Mais pourquoi est-ce le cas ? Bien que peu de gens soient prêts à admettre que cela s’applique à eux, Paul nous donna la réponse : « Car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas » (Romains 8 :7). Certains se crispent au simple fait d’évoquer que cette possibilité puisse être la source du problème ! Mais n’est-ce pas quelque chose que nous sommes supposés apprendre lorsque nous nous repentons et que nous recevons le baptême – que notre nature est hostile à Dieu et que seule l’aide du Saint-Esprit en nous peut nous permettre de vaincre cette hostilité ? Nous souvenons-nous de Proverbes 14 :12 et de Jérémie 17 :9 ?

À la fois serviteurs et dirigeants

Nous sommes tous influencés par notre environnement et notre passé. La majorité du monde occidental est établie sur une sorte de fonctionnement démocratique – dirigé par le peuple – et cela altère la façon dont beaucoup de gens considèrent le rôle du gouvernement dans l’Église. Certains d’entre nous se souviennent encore comment la Deuxième Guerre mondiale et la guerre de Corée ont jadis influencé certains dirigeants à administrer le gouvernement de l’Église de façon stricte et militaire. Mais ni la démocratie ni l’approche militaire ne correspondent au modèle que le Christ nous a donné. Oui, la Bible révèle qu’il doit y avoir de l’ordre au sein du Corps du Christ, mais cet ordre est administré d’une façon bien différente de ce que nous voyons dans le monde.

La plupart d’entre nous se souviennent de l’accent que M. Meredith mettait sur l’attitude d’amour d’un dirigeant serviteur, comme le décrit Matthieu 20 :25-28. Cette sorte de leadership ne peut être comprise qu’au travers de la structure familiale selon Dieu, où se trouvent à la fois l’amour et la soumission (Éphésiens 5 :21-25), et cet état d’esprit doit prévaloir dans l’Église du Dieu Vivant. Parfois, les gens entendent le mot serviteur et oublient le mot dirigeant. Les deux sont nécessaires et l’action de diriger implique, entre autres choses, de prendre des décisions sur des sujets controversés.

Marteau et Bible

Les meilleures décisions sont prises suite à de bons conseils. C’est pourquoi l’Église du Dieu Vivant a un Conseil des Anciens. Nous prenons au sérieux les proverbes nous exhortant à rechercher les bons conseils (Proverbes 1 :5 ; 11 :14 ; 12 :15 ; 15 :22 ; 24 :6). Nous prenons aussi au sérieux l’avertissement présent dans Proverbes 18 :1-2 : « Celui qui se tient à l’écart cherche ce qui lui plaît, il s’irrite contre tout ce qui est sage. Ce n’est pas à l’intelligence que l’insensé prend plaisir, c’est à la manifestation de ses pensées. » Notez aussi que tous les conseils ne sont pas profitables. Roboam accepta les conseils de ses amis au lieu d’écouter les hommes qui avaient une plus grande expérience et qui avaient été nommés à des rôles de conseillers (1 Rois 12 :6-8).

Chers frères et sœurs, considérez ceci : quand avons-nous le plus besoin d’un gouvernement ? N’est-ce pas quand il y a des différences d’opinions, plutôt que lorsque tout le monde est d’accord ? Que nous enseigne la Bible sur la résolution des sujets controversés ? Frères et sœurs, nous devons comprendre cette connaissance essentielle. Un règne dictatorial n’est pas la réponse, pas plus qu’une situation où chacun fait ce qui est juste à ses propres yeux (Deutéronome 12 :8 ; Juges 21 :25 ; Proverbes 21 :2). Cela conduit à l’anarchie, comme nous le voyons bien trop dans notre société. Dieu parle très souvent contre cet état d’esprit ! La démocratie conduit à la politique et aux procès d’intention contre ceux qui ont une opinion différente, tout en faisant avancer son propre programme.

L’Église de Dieu du premier siècle ne résolvait les controverses ni par la démocratie ni par la dictature. Et résoudre les sujets controversés ne constitue-t-il pas une grande partie de l’action de diriger ? Frères et sœurs, laissons de côté nos parcours personnels et révisons brièvement ce que la plupart d’entre nous pensent comprendre.

Une autorité désignée

Lorsque Moïse était débordé en devant régler les litiges parmi le peuple, Dieu inspira Jéthro à lui conseiller d’enseigner les lois et les ordonnances à tout le monde. Lorsque le peuple connaît la loi de Dieu et comprend son objectif, au travers des jugements, beaucoup de problèmes sont évités. Malheureusement, tant que nous serons humains, la solution n’est pas toujours claire aux yeux de tous. C’est pourquoi des hommes capables doivent être désignés comme juges entre les individus lorsqu’un différend subsiste entre deux parties (Exode 18 :21-26 ; Deutéronome 1 :9-18). Une fois qu’un jugement est pris concernant un sujet controversé, il va sans dire qu’un côté est généralement satisfait de la décision et l’autre non. Que faire si la décision ne correspond pas à l’issue espérée ? Dieu nous montre Sa pensée à ce sujet et Il explique à quel point il est grave d’enfreindre un jugement venant de ceux qui ont été désignés dans ce but (Deutéronome 17 :8-13).

Nous voyons que Jésus désigna les apôtres et Il leur donna l’autorité de prendre des décisions qu’Il soutiendrait (Matthieu 18 :18-20). Nous ne parlons pas d’abandonner les vérités bibliques, mais plutôt de décisions administratives qui doivent être prises lorsque les circonstances changent. La loi ne change pas, mais la façon dont elle est appliquée à des époques différentes et dans d’autres circonstances peut changer. Par exemple, alors que la circoncision physique n’est plus requise, la circoncision spirituelle du cœur l’est toujours (Romains 2 :28-29) !

Comme je l’ai déjà évoqué, cette autorité du haut vers le bas se retrouve dans la famille (Éphésiens 5 :22-24). Le mari est-il parfait ? Je pense que nous savons qu’aucun mari ne prend des décisions parfaites en tout temps, mais si l’épouse et les enfants ne sont pas d’accord et n’en font qu’à leur tête, alors quelle utilité à ce que Dieu ait établi la structure familiale ? Bien entendu, si un mari abandonne la vérité et ordonne à son épouse d’en faire de même, elle doit obéir à Dieu plutôt qu’à un homme (Actes 5 :29). Mais elle ne doit pas invoquer un « cas de conscience » à chaque fois qu’elle est en désaccord avec lui sur des décisions domestiques. Beaucoup de ces décisions n’ont pas grand-chose à voir avec les ordres directs venant de Dieu. Mais le principe prépondérant chez le mari est de faire preuve d’amour – de bienveillance et de sollicitude – à l’égard de son épouse et de sa famille (Éphésiens 5 :25). Les maris ne doivent pas se focaliser sur leurs désirs personnels, mais plutôt prendre des décisions pour le bien de leur famille.

Dans le monde, les ministres choisissent souvent eux-mêmes leur « appel ». Les catholiques décident d’aller au séminaire, puis ils sont affectés dans une paroisse. Parmi les protestants, après avoir fait des études religieuses, ils cherchent à se faire employer dans une congrégation ou ils se « mettent à leur compte » en créant leur propre Église. Ce n’est pas le modèle biblique. Dans l’Ancien Testament, les sacrificateurs – et par extension, les ministres dans l’Israël spirituel de Dieu – n’avaient pas, et n’ont toujours pas, la prérogative de décider de s’arroger cette responsabilité (Hébreux 5 :1, 4). La décision de choisir les ministres vient d’en haut, par les serviteurs de Dieu qui ont été nommés avant eux. Cette autorité est décrite dans les instructions de Paul à Timothée et à Tite concernant les ordinations (1 Timothée 3 :1-13 ; Tite 1 :5-9). Cela se retrouve dans la désignation des diacres lorsqu’une controverse éclata pour un problème d’injustice (Actes 6 :1-6). Dans ce cas, les apôtres demandèrent aux frères et sœurs de leur présenter des individus qui étaient respectés et dont le comportement reflétait le travail de l’Esprit de Dieu en eux, mais ce sont les apôtres, et non les membres, qui prirent la décision finale et qui les ordonnèrent.

Nous voyons aussi une nomination venant du haut vers le bas dans le remplacement de Judas. Pierre énonça les qualifications nécessaires. Parmi les 120 individus présents, seulement deux remplissaient les critères. Puisqu’ils n’avaient pas encore reçu le Saint-Esprit, les apôtres tirèrent au sort pour connaître la décision de Dieu. C’est la dernière fois que nous entendons parler dans la Bible de tirage au sort pour prendre une décision (Actes 1 :26).

Certains individus pensent que ces tirages au sort étaient une forme de « vote », mais cela n’a pas de sens. Des objets tels que des pierres ou des bouts de bois, sur lesquels étaient inscrits les choix potentiels, étaient placés dans une amphore ou un sac et celui qui sortait en premier était choisi. Voyez l’exemple des deux boucs dans Lévitique 16 : il est évident que le souverain sacrificateur ne « votait » pas pour le bouc représentant le Seigneur et celui représentant Azazel ! Tous les érudits s’accordent à ce sujet, mais au cours des dernières décennies, certains ont essayé d’étendre le sens de cette action au vote, afin de justifier une autre forme de gouvernement. Nous sommes en droit de nous demander s’ils appliquent ce même principe au sein de la structure familiale !

Après des discussions passionnées au sujet de la circoncision, Pierre rendit clairement une décision publique et Jacques, le dirigeant de la congrégation de Jérusalem d’où émanait la controverse, déclara : « C’est pourquoi, je juge bon… » (Actes 15 :19, Colombe). La plupart des traductions bibliques ont adouci cette déclaration en faisant dire à Jacques « je suis d’avis » (Segond) ou « j’estime » (Ostervald). Mais la traduction d’Olivétan publiée en 1535 déclare sans ambages : « Pour cette chose, c’est mon jugement… »

Nous voyons également Paul faire usage de son autorité dans 1 Corinthiens 5 à propos d’un homme commettant un péché. Il exerça encore son autorité donnée par Dieu en parlant de la longueur des cheveux. Après avoir expliqué les principes bibliques concernant la masculinité et la féminité, il ajouta : « Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, pas plus que les Églises de Dieu » (1 Corinthiens 11 :16). Autrement dit, Paul déclara : Voici ce que nous enseignons, ici et ailleurs – affaire classée !

Quand les gens se montrent prêts

Nous voyons ce qui se produit lorsque l’autorité s’effondre et que beaucoup de gens, y compris des dirigeants, refusent de suivre les instructions de leurs supérieurs. Sous le mandat précédent, la Californie refusa de suivre la décision du gouvernement fédéral concernant les immigrés illégaux et se déclara un « État sanctuaire ». Mais des villes et des comtés californiens se tournèrent contre le gouvernement de cet État et le défièrent. Bien entendu, le gouvernement californien n’a pas apprécié ces actions. La situation pourrait être comique s’il ne s’agissait pas d’un sujet aussi sérieux, aux conséquences graves. Nous assistons à un effondrement des lois et de l’ordre car chacun veut décider pour soi-même.

La même situation existait à l’époque des juges, lorsqu’il n’y avait pas d’autorité centrale, et nous pouvons tirer les leçons de cette période. Le dernier verset de ce livre résume la situation : « En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël [pas d’autorité centrale]. Chacun faisait ce qui lui semblait bon » (Juges 21 :25). Le récit biblique montre que la vie à cette époque était terrible, en dehors de quelques exceptions, comme l’histoire rapportée dans le livre de Ruth.

Une autre période terrible eut lieu lorsque Débora dut juger la nation. À cette époque, Israël mit en déroute Jabin, roi de Canaan, et Sisera, le chef de son armée. Suite à cette bataille décisive, « Débora chanta ce cantique, avec Barak, fils d’Abinoam : Des chefs se sont mis à la tête du peuple en Israël, et le peuple s’est montré prêt à combattre : Bénissez-en l’Éternel ! » (Juges 5 :1-2). Non seulement les dirigeants doivent diriger, mais les autres doivent avoir la volonté de coopérer avec leurs dirigeants. Cela signifie-t-il que nous devrions suivre aveuglément le leadership ? Absolument pas ! Paul expliqua clairement que nous devons suivre les dirigeants, tant que ceux-ci suivent le Christ (1 Corinthiens 11 :1). Pierre et les autres apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5 :29). C’est un fait, mais nous ne devrions pas confondre l’obéissance à Dieu avec notre propre volonté lorsque nous sommes en face de décisions administratives controversées.

Un mari et son épouse doivent apprendre à établir un juste équilibre sur ces sujets s’ils désirent avoir un mariage harmonieux. Une épouse ne doit pas suivre son mari dans une rébellion contre Dieu, mais elle ne doit pas invoquer un « cas de conscience » uniquement parce qu’elle est en désaccord et qu’elle pense détenir une solution plus sage. Franchement, c’est peut-être le cas, mais le fait de respecter la décision du mari est ce qui fonctionnera le mieux pour la famille en fin de compte (Éphésiens 5 :22-24).

Dieu nous montre la façon de gérer les sujets controversés. Ensuite, c’est à nous de choisir si nous suivrons Sa voie ou notre propre voie. Suivre ou ne pas suivre est un choix – et c’est un choix crucial, car il est en lien direct avec notre récompense potentielle, voire notre entrée dans le Royaume. Comme Dieu l’a déclaré par l’intermédiaire de Moïse dans Deutéronome 30 :19 : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. »

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