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Le mensonge que j’avais accepté

par Glory Talbott
Côté femmes

Imaginez que vous travailliez dans l’imprimerie. Vous exercez ce métier que vous aimez depuis de nombreuses années. Vous vous sentez épanouie et productive. Cette activité vous passionne et vous mettez un point d’honneur à vous approcher de la perfection en utilisant les meilleures encres et les meilleurs papiers. De plus, vous imprimez pour des entreprises dont vous pensez qu’elles aideront à améliorer le monde. Vous le faites car c’est important pour vous. Rien n’égale le sentiment d’être le meilleur imprimeur que vous puissiez être. Si vous deviez choisir une profession, vous choisiriez à nouveau le métier d’imprimeur, sans l’ombre d’un doute.

Mais que se passerait-il si 75% de la population méprisait le métier d’imprimeur en pensant que celui-ci cause du tort à ses clients, en « vidant » le monde de sa structure et de sa créativité ? Tout ce que vous aimez dans votre carrière, tout ce pour quoi vous avez dédié votre énergie est continuellement montré du doigt par les autres. La société a un préjugé contre les imprimeurs. Auriez-vous toujours autant d’affection et de passion pour votre profession ? Ressentiriez-vous toujours un fort sentiment de réussite pour le travail accompli ?

J’ai inventé ce scénario imaginaire en utilisant un ancien métier de mon mari – imprimeur – afin de mettre en lumière une profession importante, mais impopulaire : être une mère au foyer élevant ses enfants.

La désapprobation de la société

Je suis passionnée par le fait d’élever mes deux filles à devenir des êtres humains compatissants. Un élément de cette tâche consiste à leur faire suivre des cours par correspondance, au lieu de se rendre dans un établissement scolaire. Bien entendu, je ne dis pas que chaque famille devrait suivre notre exemple en cela. Pour ma part, c’est ma carrière depuis plus de 10 ans et c’est le métier le plus important que j’aie jamais effectué à ce jour. Nous vivons dans un monde qui ne reconnaît pas cette activité comme étant un travail productif et gratifiant. Notez par exemple ce qu’a écrit Sarah Le Marquand dans la rubrique « Rendez-vous » du Daily Telegraph australien paru le 20 mars 2017. Dans cette tribune, elle affirme haut et fort que « nous devrions rendre obligatoire le travail à temps plein pour les parents des enfants en âge d’aller à l’école ». Afin d’attirer l’attention des lecteurs, cet article était intitulé : « Être mère au foyer devrait être illégal. »

Mère avec ses enfants

J’ai appris à ne plus me décourager en fonction de ce que les autres pensent, mais ce point de vue affecte la perception des mères au foyer, y compris celles qui font l’école à la maison pour leurs enfants. Cela m’a affecté dans le passé.

Submergée par ce genre de pensées, j’avais commencé à croire à un mensonge que j’avais totalement accepté, avant de me rendre compte à quel point je m’étais trompée. J’avais commencé à associer le fait d’être « à la maison » avec quelque chose de négatif.

Parfois, j’étais accusée de rester trop longtemps « à la maison » – généralement par des personnes qui ne savaient rien de moi, en dehors du fait que mes enfants suivaient des cours à domicile. Je réagissais souvent en me défendant et en décrivant les nombreuses activités que notre famille faisait en dehors de la maison.

Comprendre les bénédictions du domicile

Que représente votre foyer, ou votre domicile, pour vous ? S’agit-il vraiment d’un lieu inapproprié pour y passer du temps ?

Satan déteste l’unité familiale et il veut détruire les familles. Dans la société, nous voyons son influence contribuant à séparer les membres des familles. Mais les familles fortes sont les composantes d’une société durable (cf. Exode 20 :12). Les problèmes apparaissent souvent au sein des familles brisées. Dès lors, il n’est pas étonnant que Satan ait déclaré la guerre aux familles heureuses et intactes, en essayant de les déchirer.

Le foyer peut jouer un rôle important pour résister à ces attaques. Un bon domicile est un lieu où une famille solide peut renforcer son attachement. Dieu tient tellement à cela qu’Il recommande aux épouses de « garder la maison » (Tite 2 :5, Ostervald) afin d’aider à maintenir la santé et la stabilité du foyer. Il ordonna même à l’ancien Israël qu’un homme nouvellement marié devait être « exempté de tout pour être à la maison pendant un an » (Deutéronome 24 :5, TOB) – cela comprenait notamment le fait de servir dans l’armée et d’autres charges dans la société – afin d’établir une solide relation d’amour et de créer un mariage fort.

La maison est un lieu de protection, de vie privée, de sécurité, de bonheur, de joie, d’acceptation et d’autres bénédictions – un lieu dans lequel un esprit vif peut s’imprégner de la connaissance et de l’instruction. Le domicile est un lieu où les familles peuvent se rapprocher, lire ensemble et parler réellement de ce que chacun pense. Dans les foyers sains, les familles lisent la parole de Dieu et elles en parlent. En fait, dans notre société en pleine évolution, cela devient le seul endroit pour parler et enseigner ouvertement les voies divines dans un environnement sûr et uni. Le domicile est le lieu où l’on prend soin de la famille en toute piété (cf. 1 Timothée 5 :4). Nous pouvons y partager les repas et édifier une harmonie entre tous ceux qui ont l’opportunité d’y vivre ensemble.

Notre domicile accueille de nombreux rires pendant une partie de cartes. Notre domicile (ou celui d’autres personnes) permet de rencontrer des amis et de partager des repas avec eux. Notre domicile permet de recevoir des invités et les membres de notre famille. C’est un sanctuaire où les familles peuvent se reposer, apprendre et croître. Le domicile est vraiment un endroit magnifique !

Le mensonge débute très tôt

Comme beaucoup d’autres gens, j’avais été séduite à penser que le domicile n’était pas l’endroit où devait se trouver une mère – et que le fait d’être à la maison était honteux. Je n’arriverais même pas à établir une liste de toutes les sources qui inculquent cette notion, tant elle semble ancrée profondément dans notre société.

Par exemple, lorsque j’étais à l’école secondaire, je me souviens que les gens regardaient de haut le concept de la « femme au foyer ». Des professeurs m’ont appris que la place d’une femme n’était pas à la maison, comme si cette situation était dégradante. Ce message a été semé au plus profond de notre société.

Cependant, le fait d’être « à la maison » – de m’occuper des tâches domestiques et de prendre soin de mes enfants – a été le travail le plus épanouissant de ma vie. Il n’y a rien de comparable – mais je ne dis pas que cela a été facile tous les jours ! Vivre sur un seul salaire peut devenir un véritable défi et, selon les circonstances, c’est impossible pour certaines familles. Certaines mères célibataires ont deux emplois afin de réussir à boucler les fins de mois. Ces mères n’ont pas d’autre choix que de travailler à l’extérieur et elles méritent tout notre respect. Même lorsque nous arrivons à vivre sur un seul salaire, nous nous inquiétons parfois du fait que nos enfants puissent « ne pas avoir assez » (et certaines personnes sont là pour vous le rappeler). Nous devons tous évaluer devant Dieu ce que notre famille est capable d’accomplir. Malheureusement, notre monde considère qu’une famille avec une seule source de revenu et une mère au foyer n’est pas une option viable ou souhaitable pour une jeune femme. C’est une tragédie.

Dans notre société, il faut regarder avec foi pour considérer le métier de femme au foyer comme un emploi épanouissant – une profession à laquelle Dieu accorde une valeur immense !

Transformer les accusations en louanges

La réalité est que notre foyer et notre famille sont des bénédictions ! Ce sont de bonnes choses. Et « garder la maison » (Tite 2 :5, Ostervald) est une formidable opportunité pour les épouses et les mères, qui peuvent utiliser leur enthousiasme afin de remplir un rôle très actif dans l’éducation de leurs enfants, l’édification de leur foyer et le renforcement des liens familiaux.

En me basant sur les Écritures, la prochaine fois que je serai accusée de « rester à la maison » avec mes filles, je remercierai la personne de l’avoir remarqué et je prendrai cela comme un compliment ! Ne croyez pas au mensonge consistant à jeter l’opprobre sur les femmes au foyer. Lorsque les gens remarquent que vous êtes à la maison la majeure partie du temps, dites « merci ». Après tout, vous y accomplissez beaucoup de choses ! Nous devrions apprendre à faire cela – dire simplement « merci » et nous sentir en confiance.

Je soutiens depuis longtemps la parole de Dieu, les voies divines, la vie (par opposition à l’avortement) et la famille. Désormais, je revendique également le fait d’être une femme au foyer.

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