Année 2022   Mai-Juin Afficher en grands caractères

Une leçon dans le décompte de la Pentecôte

par Gerald Weston

Déterminer la date correcte de la Pentecôte a souvent été l’objet d’une controverse dans l’histoire de l’Église de Dieu. Ce fut le cas pendant les décennies où celle-ci s’appelait l’Église de Dieu à la Radio, qui devint ensuite l’Église Universelle de Dieu, et, pour certaines personnes, c’est encore un sujet controversé de nos jours.

Dieu utilisa M. Herbert Armstrong pour restaurer l’observance des Fêtes et des Jours saints bibliques, que lui et son épouse Loma célébrèrent pendant sept années avant que d’autres ne les rejoignent. Il est important de noter qu’ils commencèrent par obéir – la compréhension profonde de ces jours arriva plus tard alors qu’ils les observaient et qu’ils étudiaient le sujet.

Contrairement à la Pentecôte, tous les autres Jours saints ont lieu à des dates spécifiques. Par exemple, la Fête des Trompettes a lieu le premier jour de tishri (qui est le septième mois). Le Premier Jour des Pains sans Levain tombe le 15 du mois d’abib. En revanche, pour connaître la date de la Pentecôte, il est nécessaire de compter à partir d’un jour bien précis, mais celui-ci ne tombe pas à la même date calendaire d’une année à l’autre : « Depuis le lendemain du sabbat, du jour où vous apporterez la gerbe qui sera agitée de côté et d’autre, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième sabbat ; et vous ferez à l’Éternel une offrande nouvelle » (Lévitique 23 :15-16).

En apparence, cela semble relativement simple. Quelle est donc la controverse à ce sujet ?

Deux questions cruciales

La première question à laquelle nous devons répondre pour calculer la bonne date est de savoir ce que signifie « depuis le lendemain du sabbat ». La deuxième question est de savoir de quel sabbat il s’agit.

Dans le verset 15, l’expression clé est « depuis le lendemain ». Comment devons-nous la comprendre ? Supposons que vous vouliez aller à la pêche dans une semaine (sept jours) depuis le dimanche. De quel jour s’agit-il ? La plupart d’entre nous seront d’accord pour dire qu’une semaine depuis le dimanche tombera le dimanche suivant, mais comment arrivons-nous à cette conclusion ? Faut-il commencer à compter sept jours à partir du dimanche inclus ou à partir du jour suivant, le lundi ? Faites vous-même le compte : pour arriver au dimanche suivant, le « jour 1 » tombe le lundi.

L’expression « depuis le lendemain » ne signifie pas la même chose que « à partir de ». Pour ne rien arranger, l’expression utilisée dans la traduction en anglais de la Bible porte davantage à confusion qu’en français, laissant planer le doute sur le fait que le décompte commence le dimanche ou le lundi. Aussi, M. Armstrong (qui était anglophone) commença-t-il à compter à partir du jour suivant le lendemain du samedi. Ainsi, en comptant sept semaines (49 jours) à partir du lundi, nous tombons sur un dimanche et le cinquantième jour tombera toujours le lendemain, un lundi. C’est pourquoi l’Église observa la Pentecôte le lundi pendant quatre décennies. Les plus anciens d’entre nous s’en souviennent encore.

Pendant toutes ces années, certains ont approché M. Armstrong en l’accusant d’avoir tort. Selon la connaissance limitée que je possède de cette époque de l’histoire de l’Église, ils essayèrent de le convaincre qu’il fallait compter à partir du lendemain et non à partir du surlendemain (le “jour suivant le lendemain”). Mais leur attitude joua beaucoup dans le fait que leur idée fut rejetée. Puis, pour autant que je m’en souvienne, M. Raymond McNair alla voir M. Armstrong en 1974 avec une attitude humble et il lui expliqua qu’il se trompait. Cette différence d’attitude me rappelle le contraste entre les deux premiers chefs militaires du roi d’Israël dans 2 Rois 1 :9-15, qui interpellèrent le prophète Élie de manière irrespectueuse et péremptoire, d’avec le troisième qui se présenta devant lui avec humilité. Il est remarquable de voir à quel point cela engendra un résultat différent.

M. Armstrong avait raison dans son interprétation des expressions et des mots utilisés en anglais, mais grâce aux explications présentées, il comprit que le texte n’était pas rédigé ainsi dans l’original en hébreu. Il contacta alors des érudits de la langue hébraïque, y compris un professeur en Israël, qui confirmèrent que l’expression originale en hébreu signifiait bien que le décompte commence le lendemain du sabbat. À partir de cette année-là, nous avons commencé à observer la Pentecôte le dimanche et non le lundi.

Pourquoi pas le 6 sivan ?

Chez les juifs qui observent la Fête des Semaines, le jour que nous appelons la Pentecôte, la date prédominante est le 6 sivan, peu importe le jour de la semaine. Pourquoi ne suivons-nous pas leur exemple ?

Comme nous l’avons déjà lu, le passage clé des Écritures expliquant à quel moment la Pentecôte doit être observée se trouve dans Lévitique 23 :15-16 : « Depuis le lendemain du sabbat, du jour où vous apporterez la gerbe qui sera agitée de côté et d’autre, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours jusqu’au lendemain du septième sabbat… » Mais de quel sabbat s’agit-il ? Ce n’est pas précisé dans ce passage. Et quel jour la gerbe était-elle agitée ? Les Écritures clarifient-elles cela ?

« Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au sacrificateur une gerbe, prémices de votre moisson. Il agitera de côté et d’autre la gerbe devant l’Éternel, afin qu’elle soit agréée : le sacrificateur l’agitera de côté et d’autre, le lendemain du sabbat » (Lévitique 23 :10-11). Encore une fois, de quel sabbat s’agit-il ?

Puisque tout le monde semble s’accorder à dire que ce sabbat est en lien avec l’époque des Pains sans Levain, cela nous laisse cinq options : le sabbat hebdomadaire juste avant les Jours des Pains sans Levain (PSL), le Premier Jour des PSL, le Dernier Jour des PSL, le sabbat hebdomadaire qui tombe pendant ces Jours et enfin le premier sabbat hebdomadaire juste après ces Jours.

Les juifs ont choisi le sabbat annuel du Premier Jour des Pains sans Levain. Puisque celui-ci tombe toujours le 15 du mois d’abib (ou nisan), ils croient que la Fête des Semaines tombe toujours le 6 sivan. Ils ont donc fait le calcul une fois pour toutes. Il est possible de se satisfaire de cette solution, mais alors pourquoi Dieu n’aurait pas dit tout simplement que la Fête des Semaines a lieu le 6 sivan – le sixième jour du troisième mois ?

Devrions-nous suivre la tradition juive ? Dans le cas contraire, pour quelle raison ? Bien que Lévitique 23 semble ambigu et ouvert à l’interprétation, ce passage contient un élément permettant de régler plusieurs questions, dont celle-ci. La clé pour déverrouiller ce mystère se trouve dans le début de la phrase : « Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne… » (verset 10). Oui, cela nous dirige vers une occasion spécifique pour trouver la réponse.

Israël erra 40 ans dans le désert. Pendant cette période, presque toute l’ancienne génération mourut, y compris Marie, Aaron et Moïse. C’est Josué qui allait conduire les enfants d’Israël en Terre promise. Nous lisons cela dans le livre éponyme. Le premier chapitre nous rappelle la mission donnée à Josué et comment il prit le commandement de la nation après la mort de Moïse. Nous lisons dans Josué 2 à propos des espions qu’il envoya, comment ils furent cachés et protégés par Rahab, avant de franchir à nouveau le Jourdain et de faire leur rapport. Les chapitres 3 et 4 décrivent la traversée du Jourdain par Israël et la marche vers la Terre promise. La chronologie de tout cela est très importante pour notre compréhension.

Nous lisons qu’ils traversèrent le Jourdain le dixième jour du premier mois (Josué 4 :19). Le chapitre 5 est crucial. Il nous dit non seulement que les hommes furent circoncis, mais il contient aussi deux versets très importants en lien avec notre compréhension de la date de la Pentecôte. Cependant, avant de les examiner, relisons une instruction importante donnée dans Lévitique 23 : « Vous ne mangerez ni pain, ni épis rôtis ou broyés, jusqu’au jour même où vous apporterez l’offrande à votre Dieu. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez » (Lévitique 23 :14).

Souvenez-vous que cette instruction s’appliquait particulièrement au moment où ils allaient entrer en Terre promise. « Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au sacrificateur une gerbe, prémices de votre moisson » (Lévitique 23 :10). Cette pratique devait continuer année après année, mais il est évident qu’elle devait être appliquée à partir du moment où ils allaient entrer dans la Terre promise. Résumons ce que nous savons à partir de tout ce que nous avons lu pour l’instant :

  • Une gerbe des prémices devait être agitée le lendemain du sabbat.
  • Cela devait être effectué une fois qu’ils seraient entrés en Terre promise.
  • Ils ne pourraient pas consommer des produits du pays tant que la gerbe agitée n’aurait pas été offerte.

En ayant tout cela en tête, lisons à présent deux versets en particulier :

« Pendant que les Israélites campaient à Guilgal, ils célébrèrent la Pâque le soir du quatorzième jour du mois, dans les plaines de Jéricho. Le lendemain, ils mangèrent des produits du pays : des pains sans levain et des épis grillés » (Josué 5 :10-11, Semeur).

Ce passage montre que la manne cessa le lendemain de la Pâque (verset 12), mais les versets 10 et 11 sont les plus pertinents car ils confirment quel sabbat précéda la cérémonie de la gerbe agitée. Le verset 10 nous dit, comme nous le lisons ailleurs dans les Écritures, que la Pâque eut lieu au début (au crépuscule) du quatorzième jour du premier mois. Puis, le verset 11 dit qu’ils mangèrent du produit du pays « le lendemain » de la Pâque. Cela nous conduit aux conclusions suivantes :

  • La Pâque a lieu le quatorzième jour et le jour suivant la Pâque est le quinzième jour du mois.
  • Le quinzième jour est un sabbat annuel, un jour de Fête (Lévitique 23 :6-7).

Israël mangea des « épis grillés » (du grain nouveau) le lendemain de la Pâque, le quinzième jour du mois.

  • Israël ne devait pas manger du produit du pays jusqu’à ce que la gerbe soit agitée.
  • Cela signifie que cette année-là, la gerbe fut agitée pendant le quinzième jour.
  • Puisque la cérémonie de la gerbe agitée devait suivre un sabbat, mais pas forcément tomber pendant un sabbat, le quinzième jour ne peut pas être le sabbat à partir duquel nous commençons à calculer la date de la Pentecôte.

Nous devons donc en conclure que le sabbat qui précède la cérémonie de la gerbe agitée et qui marque le début du décompte pour la Pentecôte doit être un sabbat hebdomadaire.

Ce n’est pas tout !

Les membres disent souvent que nous comptons la Pentecôte à partir du jour suivant le sabbat hebdomadaire qui tombe pendant les Jours des Pains sans Levain. Cependant, ce n’est que partiellement correct et cela peut engendrer une erreur. Certaines années, il arrive que La Pâque tombe pendant un sabbat hebdomadaire, comme ce fut le cas en 2021. Dans cette situation, les Jours des Pains sans Levain commencent le dimanche et se terminent pendant le sabbat hebdomadaire suivant. Si la gerbe était toujours agitée après le sabbat hebdomadaire tombant pendant les sept jours de la Fête, alors elle serait agitée en dehors des Jours des Pains sans Levain ces années-là. En apparence, il pourrait s’agir d’une possibilité, mais Josué 5 vient à notre secours.

Souvenez-vous que, dans ce chapitre, les enfants d’Israël mangèrent du produit du pays le lendemain de la Pâque (Josué 5 :11). Nous avons déjà vu qu’ils ne pouvaient pas en manger tant que la gerbe n’avait pas été agitée. Et nous avons vu que la gerbe devait être agitée le lendemain du sabbat hebdomadaire. Donc, Josué 5 :11 nous révèle quand la gerbe fut agitée lorsque la Pâque tombe pendant un sabbat hebdomadaire. Au cours de telles années, la gerbe agitée devait être offerte pendant le dimanche au cours duquel tombe le Premier Jour des Pains sans Levain. C’est donc l’offrande de la gerbe agitée, et non le sabbat hebdomadaire, qui doit tomber pendant les Jours des Pains sans Levain ! C’est pourquoi, l’année dernière, nous avons observé la Pentecôte le 16 mai 2021 et non une semaine plus tard.

Certains essaient de contourner ces faits évidents afin de promouvoir leurs propres idées, mais une lecture attentive de ces versets nous amène à des conclusions irréfutables. Dieu ne nous a pas laissés dans les ténèbres en nous laissant deviner quand la gerbe agitée devait être offerte, de quel sabbat Il parlait et de ce que nous devons faire lorsque la Pâque tombe pendant un sabbat hebdomadaire. Cela nous amène à une leçon supplémentaire à tirer de la controverse qui entoure la Pentecôte.

Une leçon sur les jugements

Dieu utilisa M. Armstrong pour enseigner à Son peuple, à l’époque de la fin des temps, le besoin d’observer les Fêtes et les Jours saints annuels tels qu’ils sont énoncés dans la Bible. Cependant, pendant quatre décennies, le décompte de M. Armstrong fut décalé d’une journée. Quelles conclusions en tirer ?

Pendant ces 40 années, certaines personnes ont compris que M. Armstrong se trompait. Certains se focalisèrent sur la vue d’ensemble – c’est-à-dire qu’il n’est pas de la responsabilité de chacun de déterminer pour soi-même les pratiques de l’Église sur ce sujet controversé – tandis que d’autres quittèrent l’Église ou cherchèrent à causer de la division. Jésus nous dit de juger les dirigeants à leurs fruits (Matthieu 7 :16-20). Lorsque nous considérons l’Œuvre que Dieu a accomplie au travers de M. Armstrong, nous voyons qu’elle fut immensément bénie, même pendant ces 40 années. De plus, que sont devenus ceux qui sont partis suite à une erreur sincère dans la compréhension de M. Armstrong ? Où sont-ils maintenant ? Quels sont les fruits de leur labeur ? Ont-ils prêché l’Évangile au monde entier ? Ont-ils averti le monde des choses à venir ? Je pense que nous connaissons la réponse : ils n’ont rien produit.

Dieu utilisa M. Armstrong pour nous montrer le besoin d’observer les Fêtes et les Jours saints annuels tels qu’ils sont expliqués dans la Bible. Dieu l’utilisa également pour expliquer clairement la signification de ces Jours – le plan divin de salut pour l’humanité. Si Dieu ne l’avait pas utilisé, ou quelqu’un d’autre, pour expliquer ces choses, aucun de ceux qui s’opposèrent à M. Armstrong n’aurait même commencé à célébrer ces jours !

M. Armstrong se trompa en ne comprenant pas la différence entre une expression traduite dans une langue moderne et dans l’original hébreu. Par conséquent, il fit une erreur de jugement. L’erreur ne concernait pas le fait d’observer la Pentecôte, mais la date de cette Fête. Une fois qu’il comprit son erreur, il n’organisa pas un vote, il prit une décision pour l’ensemble de l’Église afin qu’elle observe désormais la Pentecôte le dimanche. En se basant sur l’histoire et les fruits du labeur de M. Armstrong par rapport à ses détracteurs, il est clair que Dieu soutint le serviteur qu’Il avait choisi, en dépit de cette erreur sincère !

Jour après jour, chacun d’entre nous doit prendre des décisions personnelles. Certaines de ces décisions concernent la façon et le moment où nous adorons Dieu. Étudions-nous la Bible en la lisant dans l’ordre chronologique, par thématique à l’aide d’une concordance, ou en combinant ces deux approches ? Prions-nous le matin et le soir, ou trois fois par jour ? Nous devons prendre beaucoup de décisions dans notre propre vie. Paul nous instruisit en écrivant : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement » (Philippiens 2 :12, Ostervald).

Cela étant, il existe aussi des jugements qui doivent être prononcés par l’Église lorsqu’il s’agit du culte collectif. Nous lisons : « Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils étaient tous d’un accord dans un même lieu » (Actes 2 :1, Ostervald). Peut-être que Dieu fournit ici un exemple à ceux pour qui ce sujet ferait l’objet d’une controverse. Nous voyons que les disciples n’étaient pas abandonnés à eux-mêmes pour décider quand et observer la Pentecôte, car ce jour « étant arrivé, ils étaient tous d’un accord dans un même lieu ».

Observer la Pentecôte le mauvais jour, pendant quatre décennies, n’est pas la seule erreur commise par l’Église. Ce fut juste une des erreurs les plus marquantes. Ce fut une situation inhabituelle qui apparut alors que Dieu révélait tant de vérités perdues à Son Église de la fin des temps. Et cette situation renferme des leçons pour chacun d’entre nous, mais nous devons faire attention à ne pas justifier des erreurs délibérées, des idéologies personnelles ou des altérations des Écritures, comme ce fut le cas après la mort de M. Armstrong.

Réjouissons-nous plutôt que Dieu nous ait donné la clé qui nous permet de comprendre quand le Jour de la Pentecôte doit être observé – un jour si important pour ceux qu’Il appelle actuellement !

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